VII. Relations internationales


VII.Relations internationales = La France dans le Monde

1. L'Europe, un chantier politique à finir *

2. La Méditerranée, solidarité et co-développement *

3. L'Afrique et la France, la fin de la Françafrique *

4. Un nouvel ordre mondial multipolaire à accompagner




VII - 4. Un nouvel ordre mondial multipolaire à accompagner


Relations internationales : Un nouvel ordre mondial multipolaire à accompagner en promouvant la place de la France dans le monde.



1) L'intégration européenne est un chantier politique à approfondir et à repenser :
a) Le nouveau traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire, signé le 2 mars dernier, doit être ratifié afin d’assurer dès le 1er janvier 2013, la nécessaire convergence budgétaire et fiscale avec nos principaux partenaires, au premier rang desquels l’Allemagne et garantir le principe de solidarité communautaire à travers la gouvernance économique de l’UE et le pilotage politique de l’Euro.

b) Le Service Européen d’Action Extérieure (SEAE), récemment crée, doit être renforcé afin de donner corps à une vraie diplomatie européenne, à la fois sur le terrain (création ou coordination régionale d’ambassades de l’UE) et au sein des organisations intergouvernementales (en premier lieu desquels l’ONU).

c) Le président de l’UE devrait être élu au suffrage universel, sur le modèle des élections européennes, sur une base politique et non pas technocratique.

d) Un dialogue approfondi doit être ouvert avec la Russie, notamment à travers l’OSCE, sur des chantiers communs (sécurité aux frontières communes, désarmement classique et nucléaire, interdépendance énergétique, lutte anti-terroriste…).

e) La rédaction d’un Livre blanc définissant les enjeux et moyens dévolus à la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC), volet de la Politique Etrangère et de Sécurité commune (PESC) devra être rédigé. Il devra tenir compte des défis communs posés aux 27 Etats membres, dans la spécificité de leur propres programmations stratégiques (Livre blancs, doctrines stratégiques nationales…).
2) La coopération euro-méditerranéenne et euro-africaine constituent des enjeux autant géopolitiques, géo-économiques, que sociaux et humains, à renforcer :
a) Les transitions démocratiques et les processus institutionnels nés du « Printemps arabe » constituent un appel à la relance de l’Union pour la Méditerranée, gage de solidarité, co-développement et de complémentarité entre les 280 millions de riverains du bassin méditerranéen, en prenant en compte la complémentarité d’intérêts entre les 500 millions d’Européens et le milliard d’Africain (à l’horizon 2025).

b) L’évolution de la coopération Nord-Sud (à travers l’UPM) et le dynamisme Sud-Sud (à travers la Ligue arabe) incite à la mise en place d’une nouvelle organisation intergouvernementale, la Coopération économique pour l’Euro-Atlantique-Méditerranée, sur le modèle de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC) visant à faciliter la croissance économique, la coopération, les échanges et l'investissement de la zone transatlantique et transméditerranéenne.

c) La France, qui demeure le 2ème donneur d'aide publique au développement (APD avec 10 milliards d'euros) doit rester moteur et ce malgré la crise, en maintenant son effort en la matière (depuis 2007, son APD a augmenté de 20%).


3) L'émergence de nouveaux acteurs et lieux de décisions dans les relations internationales doit faire évoluer le système international vers plus de représentativité, subsidiarité et efficacité :
a) La réforme de l’ONU doit être engagée, notamment à travers, d’une part, l’élargissement de son Conseil de sécurité aux pays émergents (Brésil, Inde…) et continents non représentés (Afrique, Amérique du Sud) et, de l’autre, la réglementation quant au droit de véto en conformité avec sa « responsabilité à protéger ».

b) Le G20, réunissant les économies les plus dynamiques, doit être pérennisé comme outil de coordination et de gouvernance économique.

c) La régulation de nouveaux espaces d’intérêts stratégiques (spatial, maritime, environnement, cybernétique) incite à la création de nouvelles organisations intergouvernementales, sur la base des agences dédiées des Nations Unies.

d) Le vote du paquet « énergie/climat » dans les négociations sur le climat pendant la présidence de l’Union Européenne à la conférence de Copenhague doit s’accompagner du vote d’un nouveau « paquet » sur l’eau et l’énergie à Rio, en juin prochain, à l’occasion du Sommet mondial sur la terre, en insistant sur la nécessité de prendre en compte l’aspect écologique des politiques à mener.

e) Afin de prendre en compte la pluralité des acteurs des relations internationales (ONG, société civile) la création de postes d’ambassadeurs itinérants (dont une chargée d’évaluer l’évolution de la condition des femmes en difficultés dans le monde) doit permettre à notre diplomatie de mieux comprendre la volatilité et la complexité du monde.

4) Le renforcement de l’impulsion décisionnelle et opérationnelle française au sein de l’OTAN est la garantie de notre sécurité et de notre indépendance stratégique :
a) Le Sommet de l’Alliance atlantique, qui se tiendra en mai 2012 à Chicago, devra mettre en exergue la fermeté européenne en matière d’autonomie stratégique dans le cadre d’un partenariat équilibré OTAN-UE comblant à la fois les lacunes capacitaires et respectant les intérêts européens et transatlantiques (Smart Defence).

b) Le retrait annoncé des troupes combattantes françaises en Afghanistan d’ici fin 2013, confirmant dix années de stabilisation et de rétablissement de l’Etat de droit, en lien avec l’agenda de la transition administrative à l’horizon 2014, doit permettre le l’établissement d’un véritable partenariat à long terme avec les autorités afghanes dans le domaine économique, comme l’y invite l’accord stratégique signé entre la France et l’Afghanistan, le 27 janvier dernier.

c) La complémentarité OTAN-UE, en matière de coopération industrielle doit être recherchée en tenant compte des concurrences nouvelles et réaffirmées sur ce marché, qui, en France, emploie plus de 300 000 personnes et génère un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros.

d) La relance du processus de maîtrise des armements (classiques et balistiques), de l’agenda de la défense anti-missile (DAMB) et la recherche de la sécurité collective impose de faire entendre les intérêts français au niveau des négociations au niveau multilatéral (notamment dans le cadre du traité de réduction des armes stratégiques, START et de l’application du traité de non-prolifération, TNP).

 

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