I. Relancer l’ascenseur social par la formation

I. Relancer l’ascenseur social par la formation


1. Accueillir plus tôt les petits qui en ont le plus besoin

2. Primaire et Collège : autonomie et individualisation des parcours

3. L'apprentissage au cœur de la France qui produit

4. La formation continue pour maintenir l’employabilité

5. L’enseignement supérieur et la Recherche au service de l’innovation


I - 2. Primaire et Collège : autonomie et individualisation des parcours


L’instruction est la fois la meilleure arme qui puisse être fournie aux individus dans le monde changeant d’aujourd’hui, et la meilleure garantie pour la compétitivité de nos économies, c'est-à-dire aussi la meilleure garantie du maintien des avancées sociales dont bénéficient nos sociétés européennes et particulièrement la nôtre. Les deux notions sont liées et on ne gagnera pas le pari de l’efficacité sans gagner aussi celui de la justice et de l’équité.
Malgré la croissance permanente et rapide de son budget (la France consacre plus de moyens financiers à l’école que la plupart de nos voisins), au nom d’un « toujours plus » qui a marqué la plupart des politiques suivies, les résultats de notre enseignement ne correspondent pas à nos attentes d’efficacité et de solidarité.  Il est temps d’admettre que l’efficacité d’un système scolaire n’est pas proportionnelle aux moyens financiers déployés, mais à son organisation et son degré d’exigence.
Le privilège de la naissance existe plus que jamais et les facteurs socio-économiques et culturels pèsent toujours davantage sur les parcours et fixent, dès les premières années, les trajectoires. La part des jeunes d’origine « modeste » dans les grandes écoles qui était de plus de 20% dans les années 50 est tombée à moins de 10 % aujourd’hui. Les 80 000 élèves qui, à l’entrée au collège ont de grandes difficultés de lecture et d’écriture, les 50.000 jeunes qui sortent annuellement du système sans diplôme et qui vont, pour beaucoup d’entre eux, renforcer les rangs des chômeurs, viennent surtout des familles défavorisées.  Plus grave, après des décennies d’amélioration et de promotion au mérite, le milieu d’origine redevient un facteur déterminant dans le cursus scolaire
Cet échec de la formation initiale est frustrant et désespérant pour les individus, il pèse lourdement sur la réussite collective et la cohésion sociale.
Le système d’enseignement doit prendre conscience qu’il a un devoir de résultats plus que de moyens. L’échec scolaire marque aussi l’échec de l’école. Une rénovation du service public de l’éducation doit avoir ce double objectif complémentaire : le rendre plus performant et plus égalitaire.
Les valeurs de La Gauche Moderne, équité, responsabilité, justice sociale se traduisent dans notre projet pour l’école et pour l’éducation, comme s’y retrouve notre volonté de faire de l’école un tremplin pour tous, une possibilité donnée au plus grand nombre de jeunes de réussir sa vie citoyenne et professionnelle.
Sur chaque territoire, un Projet Éducatif Local, témoin d’une véritable éducation partagée devra être élaboré en clarifiant les rôles légitimes de chaque partenaire et en leur permettant d’agir en fonction de leurs missions premières. Dans ce cadre, des activités artistiques, culturelles ou sportives doivent être proposées à tous sur des temps péri ou extrascolaires, en général à l’intérieur de l’établissement.
C’est aux chefs d’établissements et aux enseignants constitués en équipes, qu’il appartiendra, dans le cadre d’orientations générales claires et d’objectifs fixés en concertation, de donner corps au projet pédagogique d'établissement, de diversifier les méthodes, de déterminer les itinéraires pédagogiques, de proposer les matières en option, de choisir le détail des rythmes.  Les recrutements et l’évaluation des enseignants se baseraient sur leur contribution à ce projet.
Cette seule réforme vers plus d’autonomie pourrait profondément changer le système, le rendre plus créatif, plus efficace, tant la liberté et la responsabilisation sont les moteurs de la motivation et donc du progrès. Cette liberté pédagogique aura une contrepartie : les chefs d’établissements et les enseignants deviennent comptables de l’évolution des établissements, des résultats des élèves, non pas bruts, mais mesurés sur la durée, mesurés sur l’amélioration ou non des performances d’une population.  L’évaluation doit répondre à l’autonomie.
Au terme des cinq années passées à l’école élémentaire, chaque enfant doit savoir lire, écrire, compter et avoir acquis les règles qui sont celles de toute intégration dans un groupe et dans la société. L’école doit se recentrer sur les fondamentaux. Il est essentiel que dans le primaire les enseignants portent principalement leurs interventions sur le français, les mathématiques, l’histoire, les sciences. Une langue qui sera le plus souvent l’Anglais, mais qui sera déterminée par chaque Plan Local d'Education, sera enseignée, oralement, dès le primaire par des praticiens reconnus de cette langue (de préférence des native speakers ).

On doit pouvoir répondre aux difficultés ou aux problèmes constatés chez certains enfants, dès le primaire et même avant, quand on sait que les élèves en difficulté en 3ème l’étaient pour la plupart déjà dans les petites classes. Tout au long de la scolarité les enfants manifestant des difficultés doivent bénéficier d’un suivi particulier, recevoir aides et soutiens adaptés de la part des enseignants et d’autres intervenants.
La nécessité d'apporter un soutien particulier aux élèves doit aussi permettre à chacun de passer d'un système à l'autre sans accroc.  Ainsi seront créées des classes de soutien sur les cycles clés (CE1-CE2 et 6ème – 5ème) qui, au lieu de se dérouler sur 2 ans, seront organisées sur 3 ans.  Par ce biais, on évitera les redoublements qui sont souvent inadaptés pour compenser les lacunes des enfants, et très mauvais pour l'estime de soi d'un enfant. 
La perspective d'intégrer à nouveau un cycle normal à l'issue d'une classe de soutien participe à la valorisation de l'effort de l'enfant, et à une dynamique progressive de progrès.  Le redoublement est une punition ; la classe de soutien est une chance.
Il faut sortir du dogmatisme qui veut voir tout le monde passer par les mêmes étapes au même moment. Il faut faire évoluer et ouvrir le collège unique par un collège diversifié.
Admettre cette diversité des élèves invite à autoriser les collèges à largement utiliser l’organisation en groupes de besoin. Une modulation doit permettre de passer d’un groupe à l’autre, à partir de tests et d’entretiens. On peut aussi introduire dès la 4ème, des classes professionnalisantes en alternance.

Dans le même temps, il est urgent de reconnaître que le baccalauréat n’est pas le seul aboutissement digne d’un parcours scolaire. Il est primordial de casser le monopole du lycée dans l’accès aux filières d’excellence, tout comme l’IUT concurrence de plus en plus les classes préparatoires pour l’accès aux grandes écoles. Valorisation des acquis de l’expérience, apprentissage, reprise des études au cours de la vie : de nouvelles voies doivent se matérialiser pour éviter que tout ne soit joué à 20 ans.

Dans notre pays, les journées et les semaines sont chargées et le rythme de l’année scolaire n’est pas adapté à de nombreuses familles, notamment celles qui ne peuvent offrir à leurs enfants des vacances ou des activités sportives, culturelles ou « studieuses ». Par conséquent, on pourrait imaginer une autre répartition des vacances sur l’année en instaurant des périodes de 7 semaines de classe, séparées par deux semaines de congés, y compris à la Toussaint. Les vacances d’été seraient alors raccourcies, portées à six semaines, et se déclineraient comme pour les petites vacances, selon trois zones (ce système n'étant pas préjudiciable au tourisme). Les heures de classe étant réparties sur un nombre plus important de semaines, on pourrait réduire le nombre d’heures de cours par semaine.
On pourrait par ailleurs proposer une organisation sur 9 demi-journées. En effet, l'efficience intellectuelle de l'élève est la plus élevée le matin, incitant à raccourcir les après-midi au bénéfice d'une cinquième matinée située le mercredi, là où un consensus se fait entre les acteurs concernés (enseignants, parents, collectivités locales, associations sportives ou culturelles, etc.).
L’organisation hebdomadaire ne doit pas forcément être la même partout et la pertinence d’une semaine scolaire sur quatre jours peut trouver différentes réponses selon les endroits. Horaires et rythmes scolaires pourront être déterminés, au niveau de la commune ou à un niveau pertinent qui sera souvent plus large (intercommunalité etc.) dans le cadre d’un Plan Local d’Éducation avec dérogations possibles par établissement.

Enfin, pour assurer une bonne formation de nos enseignants, à budget constant, nous proposons que la formation des enseignants se déroule sous contrat d’apprentissage en Master 1, suivant un rythme 2 jours en classes, 2 jours en formation, le tout sur 2 ans.

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I - 3. L’apprentissage au cœur de la France qui produit


On ne peut aujourd’hui traiter la question de l’apprentissage sans parler de celle de l’alternance. En effet, depuis nos dernières réflexions au sein de LGM sur la question de l’apprentissage, a été créée la réforme de la voie professionnelle en 2009 (le BEP disparait au profit d’un cursus en 3 ans qui permet d’obtenir un Bac Prof.), seuls 4 BEP restent par la voie de l’apprentissage (sanitaires et sociales, restauration, hôtellerie…), puis celle de l’alternance en juillet 2011 sur le développement de l’alternance.
Aujourd’hui en France, plusieurs diplômes peuvent être préparés et obtenus par la voie de l’alternance, à tous les niveaux du 1 au 5, soit du CAP au Master en passant par la Licence ou le BTS, autant dire des mondes séparés ! D’où la nécessité de savoir de quoi l’on parle et à quel public on s’adresse et de bien définir toutes les appellations. Quand on parle de Formation Professionnelle il s’agit bien de tous les dispositifs confondus.

QUELQUES CHIFFRES :
La question chiffrée de la situation des jeunes en France est toujours plus que complexe (cf. entre autres nos indicateurs de calcul et de comptage, taux d’inactifs, taux de chômeurs) : Près de 8 000 000 jeunes de 16 à 25 ans en France (source Insee). On en dénombre plus de 500 000 dans plusieurs situations dites précaires (cf. fiche Apprentissage 2009). 400 000 jeunes étaient en situation de chômage en 2003, ils représentent aujourd’hui plus de 24 % du taux des chômeurs et 43 % d’entre eux habitent dans des quartiers sensibles (certes depuis la crise est passée par là, mais n’oublions que depuis cette date là, les dispositifs existants et concernant les jeunes se sont modifiés et complexifiés !).  

Et on estime aujourd’hui que 140 000 jeunes sortent du système éducatif sans qualification. Parmi eux près de 20 000 par an seraient « non éligibles », c'est-à-dire ne rentrant dans aucun des dispositifs existants. 

La question chiffrée de l’alternance : Les contrats en alternance concernent le Contrat d’Apprentissage et le Contrat de Professionnalisation. Chaque année, le nombre de contrats d’apprentissage signés est supérieur à 240 000, mais près de 30% d’entre eux sont rompus avant leur terme. N’oublions pas de dire que le cas d’un contrat d’apprentissage l’interruption ne peut intervenir de la part de l’employeur. 140 000 contrats de professionnalisation sont signés avec à peu près le même pourcentage de rupture de contrats. Pour les 2 cas 80% de ces contrats sont signés par des PME et 50% par des TPE (source DARES : Direction de l’Animation de la Recherche des Etudes et des Statistiques). Autant dire que les sources d’emploi les plus importantes aujourd’hui sont les PME et les TPE : 80% des sortis d’un contrat d’apprentissage trouvent un emploi contre 78 et 83% pour les contrats de professionnalisation. L’apprentissage est toujours financé par la taxe d’apprentissage et le contrat de professionnalisation par les organismes patronaux.

CONSTAT et ETAT DES LIEUX :

Comme démontré dans la fiche antérieure sur l’apprentissage et constaté plus haut, il est d’une évidence que l’apprentissage a muté et a perdu de son origine, d’une part quant au public visé, d’autre part quant au diplôme souhaité (tout en restant dans un pourcentage supérieur pour les niveaux V et IV), et sans oublié qu’aujourd’hui il peut constituer une voie « concurrente » à celle de la formation initiale. Reste cependant le public pour lequel le contrat d’apprentissage avait été créé en 1971, c'est-à-dire les jeunes qui ne souhaitaient ni suivre un enseignement professionnel et encore moins un enseignement long, ce qui a engendré un système « pervers » de ce dispositif (cf. fiche Apprentissage). Donc quid de ce public là qui aujourd’hui peut poser un réel problème dans le premier cycle long ? Quid du public qui sort du système scolaire avant l’heure et démunis, et qui ne rentrent dans aucun des dispositifs ? Sans oublier les disparités territoriales.
Le Contrat de Professionnalisation a été créé en remplacement du Contrat de Qualification dans le cadre du Plan de Cohésion Sociale en 2004. A l’époque 270 000 contrats de qualification étaient signés par an et 86% de ces jeunes trouvaient un emploi. Aujourd’hui 140 000 contrats de professionnalisation sont signés. Si on retient la différence entre les deux dispositifs en les multipliant par le nombre d’années de 2004 à ce jour, on comble aisément l’augmentation du nombre de jeunes au chômage entre 2004 et 2010 !
Un des plus grands problèmes soulevés par ces dispositifs reste celui du coût de ces contrats pour les entreprises. Un contrat de qualification coûtait de 30 à 80% moins cher que le contrat de professionnalisation pour l’entreprise. Et le contrat de professionnalisation coûte très cher à l’entreprise par rapport au contrat d’apprentissage. Pour un CA l’entreprise est totalement exonérée des charges sociales, elle perçoit un crédit d’impôt de 1600 euros par an et par apprenti, plus une indemnité versée par les régions, ex. en PACA 1000 euros par an et par apprenti. En revanche beaucoup moins d’aides pour le CP. En résumé, un jeune en CP gagne plus et l’entreprise paye plus. Un jeune en CA gagne moins mais l’entreprise paye moins et a plus d’aides. Et cette situation existe depuis qu’on a mis en place les accords de branches. Un CA c’est 2 fois moins cher qu’un CP. Un CP a coûté 2 fois plus cher qu’un CQ !
Les pouvoirs publics ont préféré aller dans le sens des intérêts des partenaires sociaux et des branches professionnels. A ces grandes difficultés financières, il faut ajouter l’énorme complexité dans le montage d’une part des dossiers et d’autre part dans la compréhension pour les entreprises de tous ces dispositifs. Ceci pourrait expliquer une grande diminution du nombre de jeunes en formation en alternance aujourd’hui en France et par ricochet l’augmentation du nombre de jeunes au chômage.

PROPOSITIONS :

En rappelant que 30 Milliards d’euros sont consacrés à la formation professionnelle et que seuls 10% vont à destination des chômeurs, il est urgent de creuser sur ces financements afin d’en clarifier la ou les destinations réelles.
Augmenter d’urgence les contrats en alternance qui ont fait leur preuve en matière d’insertion dans le monde du travail avec comme objectif à l’horizon 2015, + 200 000 par an.  
Alléger les charges trop lourdes pour les entreprises, mais la question du financement, à savoir où le prendre va se poser !
Simplifier les démarches beaucoup trop compliquées pour les entreprises !
Afficher une plus grande clarté et compréhension de tous les dispositifs d’alternance pour tous les acteurs concernés afin de proposer aux différents publics les mieux adaptés.
Prendre en charge ce public « non éligible » à tous les dispositifs existants par le dispositif « Impulsion diplôme » (> Lire la fiche PAD).

Garder l’âge limite de 16 ans car il est important pour les jeunes d’acquérir le socle de culture générale.
Créer un Comité National de l’Alternance avec des Forums Régionaux  comme il existe ceux de l’emploi qui permettront de relever les spécificités territoriales.
Installer une structure spécialement réservée aux entreprises pour leur démontrer tous les intérêts à signer ces contrats, les accompagner et leur apporter une aide de proximité et personnalisée aux différents montages.
Développer et intensifier les dispositifs d’alternance dans la fonction publique d’Etat, hospitalière et territoriale, mais il faut lever les freins budgétaires et financiers (cf. rapport Laurent Hénart).
Pourquoi ne pas imaginer un contrat unique pouvant s’intituler le Contrat par Alternance (CPA) qui serait sur le qualifiant ou le diplômant, avec une grille de salaires quasi communes quelque soit les branches et quelque soit les cursus des jeunes avec une redéfinition du cadre des aides voire exonération.

CONCLUSION :

Les politiques de formation et d’emploi des jeunes doivent s’inscrire dans une démarche volontariste et globale mettant en œuvre une réelle politique de suivi et d’accompagnement , s’appuyant sur les configuration et les spécificités territoriales et mettant en synergie et en réseau un système de différents acteurs mieux coordonné donc in fine plus efficace.

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I - 4. La formation continue pour maintenir l’employabilité

 

Pour une formation professionnelle continue efficace et équitable


Dans un monde ouvert aux échanges; la compétitivité des pays repose en grande partie sur la qualification de leur population. La stratégie des états européens lors du conseil de Lisbonne de 2000, a fait de ce titre du « développement de la formation tout au long de la vie », un objectif pour faire de l’Europe «  une économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». En 2008, la Cour des comptes et des chambres régionales des comptes dénoncent pourtant les disfonctionnements de ce secteur sur l’ensemble du territoire français. La réforme tant attendue de 2009, n’a rien changé et apporte en 2011 globalement les mêmes critiques.
Des financements considérables mais cloisonnés
Une offre de formation inadaptée
Des stratégies absentes

ETAT DES LIEUX
La formation continue mobilise des milliards d’euros. Malgré cet effort consenti par la nation et en dépit de nombreuses réformes engagées, notre système peine à répondre à l’efficacité attendue en terme d’accès à la qualification des demandeurs d’emploi jeunes et adultes quel que soit leur niveau - de développement des connaissances - des capacités et des compétences de la population active - d’accompagnement de la gestion prévisionnelles des emplois et de la mobilité.
Le cloisonnement des différents types de formations professionnelles initiales, de demandeurs d’emploi et d’actifs occupés favorise une concurrence inutile, rend impossible la définition d’une stratégie partagée et compromet l’ensemble des actions menées.
L’orientation scolaire se pose pour les jeunes alors qu’ils sont en pleine adolescence, au moment où le dialogue avec les adultes est délicat. Le conseiller en orientation-psychologue, intervient alors pour aider le jeune à se positionner, à partir de ses intérêts, du ou des métier(s) envisagé(s), de ses aptitudes avec la formation requise. Pour effectuer le bon choix, le jeune n’a d’autres possibilités que de se connaître suffisamment et disposer d’assez d’informations sur le ou les métier(s) envisagés. Une orientation catastrophique, surtout pour élèves en difficulté scolaire qui font l’objet d’une orientation « subie » qui les conduit de fait vers des filières éloignées des besoins de l’emploi.
L’enjeu économique se double de fait d’un enjeu social déterminant. La formation professionnelle ne conditionne pas seulement aujourd’hui l’accès à l’emploi des chômeurs, elle détermine également pour les actifs de maintenir leur employabilité. Cet enjeu doit être un axe déterminant pour les acteurs politiques et économique dès l’entrée en formation initiale.
PROPOSITIONS
1 / Une coordination partagée de tous les acteurs de la formation doit permettre d’engager une réelle réforme professionnelle continue, basée sur une vision commune et réaliste de ce secteur. Plus de cohérence, de rigueur, de contrôle à tous les échelons. Décloisonnement des différents niveaux d’apprentissage. Intégration de représentants d’entreprise dans la mise en place et l’évaluation des programmes de formation professionnelle pour un meilleur retour sur investissement.

2/ Une éducation et une responsabilité partagée avec un ensemble d’acteurs pour les mineurs désocialisés (à différencier avec les champs d’intervention de l’ASE), et pour lesquels, les parents se retrouvent en difficulté d’autorité et d’incapacité à éduquer leur enfant. Une directive nationale doit permettre d’encadrer ce qui se fait aujourd’hui dans le cadre d’initiatives locales

3 / Accès et retour à l’emploi par une meilleure action des services publics en améliorant les conditions d’accueil, d’orientation, de suivi et d’accompagnement dans l’emploi des demandeurs d’emploi - en concentrant les moyens sur la formation des agents pour une meilleure connaissance du bassin économique et sociale et  une approche qualitative Et différenciée des usagers.

4 / Le développement d’une orientation basée sur une meilleures représentation des métiers et de l’entreprise Les conseillers en orientation psychologues doit permettre doivent  combler le décalage entre leur formation universitaire et avec la réalité pour éviter le désenchantement que connaissent les jeunes à la sortie de leur formation initiale. C’est favoriser le recrutement de conseillers d’orientation certes, formés à la psychologie mais aussi bénéficiant d’expériences de travail dans le secteur privé et d’une parfaite connaissance du milieu économique de son territoire. Une approche permettant également d’éviter une orientation sexiste  vers les formations et les métiers.

5 / La formation par l’alternance a prouvé son efficacité dans l’apprentissage et dans d’autres pays européens. Véritable levier d’accès à l’emploi elle doit être envisagée comme une stratégie prioritaire d’intégration dans l’emploi notamment pour les plus fragiles (jeunes et adultes de bas niveaux de qualifications). L’alternance peut être un véritable passeport pour l’emploi pour des publics déçus et las d’aller de stages inutiles à des stages échecs avec inéluctablement une perte de confiance en eux et aux valeurs de la formation. Des incitations destinées aux entreprises fédérations professionnelles doivent permettre de concrétiser cet objectif. Par leur travail d’accompagnement professionnel auprès des jeunes, les tuteurs développent des compétences nouvelles. Il est important que ces compétences soient reconnues et valorisées dans leur évolution de carrière au sein de l’entreprise ;

6 / Meilleure information et développement des formations qualifiantes des actifs occupés et  reconnaissance des compétences dans l’emploi. La VAE (validation des acquis de l’expérience) est un moyen efficace de certifier les compétences acquises dans une carrière. Cette possibilité reste toutefois sous utilisée par les salariés. Engager une meilleure analyse des besoins des entreprises et favoriser la création d’un service unique et indépendant dédié à l’information et l’accompagnement des salariés (les salariés des PME sont peu nombreux à accéder aux formations continues car peu ou mal informés sur leurs droits en matière de formation).

Pour une réforme en profondeur de notre système de formation continue et en finir avec les échecs successifs des réformes précédentes : MISE EN PLACE URGENTE DES ETATS GENERAUX DE LA FORMATION CONTINUE regroupant : Etat, Europe, collectivités régionales, départementales et locales, organismes publics de l’emploi, les OPCA, chambres consulaires et fédérations d’employeurs, éducation nationale, fédérations des organismes de formation.

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Impulsion Diplôme (= IDJ)

La sortie des Jeunes du système éducatif sans qualification



ETAT DES LIEUX :

Il existe en France différents dispositifs divers et variés, adaptés à certains types de publics, concernant des jeunes sortis du système éducatif sans qualification. On dénombra aujourd’hui près de 125 000 jeunes dans cette situation. Je pense que l’on ne se trouve pas en phase avec la réalité, ce chiffre est sûrement supérieur.
Tous ces dispositifs cohabitent, vraisemblablement bien ensemble, sont complémentaires les uns aux autres, voire même assez performants pour certains.
Ils sont essentiellement pensés par des spécialistes de la formation initiale et sont ensuite appliqués par des acteurs et partenaires de terrain.
En revanche, la dimension géographique des territoires ne sont à mon sens pas assez pris en compte, on ne sort pas du système éducatif pour les mêmes raisons que l’on soit à Paris, en banlieue, dans le sud…et pour cause tous les facteurs socio-économiques et humains que nous connaissons.
A cela, il faut rajouter les différences de publics que nous devons aider. Et c’est là que nous faisons le constat, que tous ces dispositifs existants ne s’adressent pas à tous. Notamment, le public relevant du « milieu carcéral » à un moment donné et à un passage donné.
Sans compter que la consultation des professionnels du monde économique (chefs d’entreprise, responsables de formation professionnelle…) n’est pas suffisamment faite.
Reste le plus gros problème de ces dispositifs : la Validation !
Nous savons que plus les jeunes détiennent une formation, un niveau qualifiant, plus leur insertion dans le monde du travail est favorisée. Or, à l’issue de ces dispositifs se posent cette question fondamentale. Et c’est à ce moment là que nous nous retrouvons confrontés à ce problème de la qualification ! Soit ces jeunes repassent un diplôme quel que soit le niveau, et on les remet dans une situation qu’ils ont rejetée, soit ils de retrouvent en situation d’échec car les examens restent les mêmes !

PROPOSITION :

Donc, un dispositif, et oui, un autre, a été pensé par des représentants du monde du travail en collaboration avec des professionnels de l’Education Nationale en essayant de prendre en compte ce constat en imaginant un système innovant qui pourrait si on le réalise bouleverser les mentalités, les pratiques et les modalités d’obtention des diplômes en France, à savoir instaurer un système d’Unités de Valeur ou d’Unités Capitalisables, comme cela se fait d’ailleurs en milieu universitaire. Ce qui aurait le grand intérêt de placer ces jeunes en situation de réussite !
Ce dispositif sera expérimental et testé dans des 5 villes de France répondant à des critères détaillés ci-dessus (Nice, Drancy, Suresnes, Lille et Mulhouse).
Ce dispositif se nomme « IMPULSION DIPLÔME », les professionnels du monde du travail sont issus d’une association (CERF) regroupant des chefs d’entreprise de TPE françaises et est synthétisé ci-dessous.



IMPULSION DIPÔME (ID)
DES JEUNES ADULTES SANS QUALIFICATION
PROJET EXPÉRIMENTAL


Le dispositif doit conduire chaque bénéficiaire au changement,
dans le cadre d'une démarche volontaire et personnalisée.

Il s'agit de créer les conditions qui permettront de passer
- d'une SITUATION D'ECHEC, caractérisée par
la rupture scolaire
l'absence de qualification
l'inactivité, le chômage
- à une SITUATION DE RÉUSSITE, caractérisée par
la revalorisation personnelle
l'obtention d'un diplôme professionnel
l'accès à un emploi
ou à une formation de niveau supérieur

Pour être efficace, l'action menée avec chaque jeune doit s'inscrire dans une durée raisonnable, clairement définie dans le cadre d'un engagement contractuel, formulé en référence à un statut du qualifiant* approprié à chacune des deux étapes de son parcours.

ID implique que puissent être introduites d'importantes innovations dans les modalités de délivrance de certains diplômes professionnels* (CAP et BEP, Bac pro), en particulier sur la validation de la partie générale du dispositif expérimental qui correspond au programme transversal de ces diplômes.

Le dispositif implique 2 ETAPES, chacune étant conçue pour favoriser l'individualisation des parcours, dans une logique d'entrées et sorties permanentes des bénéficiaires.

- La 1ère étape (ID 1) doit permettre au jeune d'élaborer le projet professionnel qui lui convient, et d'accéder à son premier niveau de qualification.
Elle est réalisée en SAS D'ORIENTATION et de PREMIÈRE QUALIFICATION*.
Elle nécessite la mise en œuvre de procédures nouvelles et de moyens spécifiques.
Totalité : 600 heures (formation + observation en entreprises)
Groupes : 12-14 qualifiants
450 heures de cours (communication écrite et orale – FLE - et comportementale, économie du ménage et de l'entreprise…)
5 fois 1 semaine en entreprises
Evaluation finale
Choix de l'orientation

- La 2ème étape (ID 2) accompagne le jeune jusqu'à l'obtention de son diplôme professionnel, puis jusqu'à l'emploi, selon des modalités adaptées.
Elle est réalisée dans le cadre du DISPOSITIF D'ACCOMPAGNEMENT RENFORCE*.

Formation en alternance (apprentissage ou professionnalisation) : à la signature du contrat, un avenant est également signé pour 30 heures de pilotage individualisé (coaching), par an, jusqu'à l'obtention du diplôme.

Cette structure de coordination est fondée sur des pratiques éprouvées, et ne justifie pas d'investissements lourds.
* Ces éléments font l'objet de fiches de synthèse détaillées

 

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