Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Sommet social : l’emploi une priorité, enfin

Publié le 31 Décembre 2011

Le sommet sur l’emploi, visant à mettre en œuvre des mesures rapides et efficaces contre le chômage, se tiendra le 18 janvier 2012, soit 4 mois avant la présidentielle de 2012, et 18 mois après le déclenchement de la crise.  Il faut bien entendu se réjouir qu’il se tienne enfin, mais aussi s’interroger sur son organisation si tardive.

Plus généralement, il convient de s’interroger sur l’utilité d’un tel sommet, au vu des causes profondes du chômage.  Avec ce sommet, tout se passe comme s’il était normal que le chômage en France s’établisse à 9% de la population active de manière pérenne.  En effet, une grande mobilisation est décrétée parce que le chômage commence à durablement s’installer au-delà de cette barre fatidique.

Mais la première situation inacceptable, ce n’est pas l’augmentation ponctuelle du chômage, aussi dramatique soit-elle socialement.  Ce qui est inacceptable, c’est que les gouvernements successifs ont renoncé et/ou échoué à faire baisser significativement le chômage structurel en France.  Etats-Unis, Royaume Uni, mais aussi Allemagne, Danemark, Suède : de nombreux pays développé, y compris avec une structure sociale comparable à la nôtre, ont su maintenir un chômage structurel entre 4 et 6%.  Le surcoût engendré par notre chômage à 9% (dépenses de prestations sociales plus recettes manquantes) est l’une des raisons fondamentales de l’érosion de notre compétitivité.  Rappelons que si la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé en 30 ans, cela s’est fait non pas au profit des actionnaires, mais des prélèvements sociaux !

Pour lutter efficacement contre le chômage, il faut d’abord admettre que l’Etat a peu de leviers pour influer sur la conjoncture.  Les mesures conjoncturelles sont en effet d’abord destinées à accompagner tant les personnes impactées (allocations, emplois temporaires publics, etc.) que les entreprises (chômage partiel, taxes allégées ou échelonnées, etc.).  Ces mesures à elles seules ne peuvent empêcher une récession ou permettre de résister au chômage.

Par contre, l’Etat a de nombreux leviers pour mettre le pays en condition de profiter pleinement de la croissance mondiale lorsqu’elle se présente, ou de résister au ralentissement économique global comme c’est le cas aujourd’hui.  C’est sur ce sujet que nos gouvernements successifs ont échoué.  Réforme après réforme, les mesures sociales d’accompagnement se sont succédées, rajoutant de nouvelles charges aux précédentes.  Focalisés sur les conséquences sociales du chômage, les gouvernements ont oublié qu’il s’agit d’abord d’un problème d’emploi.

La non-compétitivité de notre économie semble s’imposer comme un sujet majeur de notre campagne présidentielle.  Tant mieux.  Il est donc temps pour chaque parti de quitter les incantations (du type « Achetez français ») pour mettre sur la table ses propositions.

La Gauche Moderne milite depuis longtemps pour une flexisécurité à la française, pour le transfert des charges sociales de solidarité (assurance maladie) vers la TVA.  On pourrait aussi promouvoir un CDI unique et réformé qui remplacerait les interims supérieurs à 1 mois et les CDD.  La réussite de ces réformes requiert la légitimité démocratique d’une élection.  Ce n’est pas le sommet social qui le permettra.  C’est à notre personnel politique de s’en saisir pour en faire un enjeu de campagne.  En tous cas, ce sera un enjeu majeur du programme que défendra La Gauche Moderne dans les mois à venir.