Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Redressement productif : l’Etat doit montrer l’exemple

Publié le 25 Septembre 2012

Chronique de Simon-Pierre Trezeguet :

Redressement productif : l’Etat doit montrer l’exemple

 

Les décideurs publics (Etat, collectivité, agences publiques au sens large) sont confrontés à un dilemme.  Au nom des restrictions budgétaires et d’une bonne gestion des deniers publics, ils sont amenés à privilégier des prestataires peu chers, parfois faisant appel à de la main d’œuvre étrangère, délocalisant de fait des tâches préalablement réalisées sur notre territoire.  Ainsi, le Syndicat des Transport d’Ile de France ou la SNCF ont choisi des centres d’appels ou de soutien informatique en Europe de l’Est ou au sud de la Méditerranée.  La Poste achète des mobylettes en Corée.  La police roule en Ford.  Et la Marine s’apprête à faire construire, dans le cadre d’un PPP, des navires rouliers en Allemagne (voir l’article de Mer et Marine pour plus de détails).

Qu’une entreprise privée prenne ce genre de décision est regrettable, mais compréhensible.  Que des représentants de l’Etat suppriment délibérément des emplois en France pour qu’ils soient délocalisés pose problème.  La responsabilité sociale de l'entreprise peut poser débat;  La responsabilité sociale de l'Etats et ses représentants est inhérente à sa fonction et sa mission.

Dans le cadre de l’achat d’un matériel ou bâtiment, on calcule le TCO (Total Cost of Ownership qui reprend non seulement les coûts d’achat, mais aussi l’ensemble des coûts de maintenance, d’entretien et impôts associés sur la période de durée de vie de l’équipement).  Si l’Etat et ses représentants avaient une telle approche, ils devraient prendre en compte les indemnités chômage des gens qui perdent leur travail suite à leur décision, les impôts qui ne rentreront plus dans les caisses de l’Etat, les cotisations qui ne parviendront plus à nos systèmes de solidarité etc.

On voit donc que l’intérêt général dépasse largement une économie ponctuelle sur un contrat.  Pourtant, il n’existe aucun moyen aujourd’hui pour inciter les acheteurs publics à calculer le Coût Total de leurs acquisitions.  Que M. Montebourg se saisisse de ce dossier, et il aura servi à quelque chose.


Simon-Pierre Trezeguet