Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Programmes pour la présidentielle : La Gauche Moderne garde une longueur d'avance

Publié le 30 Janvier 2012

Le dévoilement progressif des projets pour la présidentielle permet de se faire une idée de la position du Modem et du PS sur les sujets qui concernent immédiatement la France, à savoir :

 

·         Comment équilibrer le budget de l’Etat

·         Comment favoriser la croissance en France

·         Comment préparer un avenir plus dynamique

Concernant l’équilibre des dépenses, M. Hollande a le mérite de la clarté : il faudra augmenter les impôts, par la suppression des niches fiscales, mais aussi par la hausse des cotisations sociales, et une convergence entre l’impôt sur le revenu et la CSG.  M. Hollande par contre ne mentionne aucune économie à réaliser ; au contraire, il a déjà listé certaines dépenses supplémentaires impérieuses pour 20Mds €.

M. Bayrou a aussi le mérite de la clarté : le retour à l’équilibre passera par une double approche : hausse des impôts (similaire à ce que M. Hollande préconise) et baisse des dépenses.  L’ennui est que M. Bayrou ne met en avant aucune mesure concrète qui viserait à baisser les dépenses de l’Etat.  On en reste au vœu pieux.

Deuxième sujet : la croissance.  Les deux candidats sont d’accord pour relancer le ‘made in France’.  S’il suffisait d’être d’accord pour que cela se fasse, notre balance commerciale serait excédentaire depuis longtemps.  Malheureusement, nos deux candidats n’ont aujourd’hui aucune idée concrète pour promouvoir la production française.  Plus grave même, M. Hollande, en voulant financer la retraite à 60 ans par des cotisations retraites supplémentaires, semble plutôt prendre un autre chemin.

En réalité, La Gauche Moderne et M. Hollande ont un point commun.  La réforme fiscale permettra de répartir la charge contributive des seuls salaires à l’ensemble des revenus grâce à une CSG augmentée (les revenus du capital sont soumis à CSG).  Mais, là où La Gauche Moderne assume pleinement sa position, et revendique même que les charges sur le travail doivent baisser au profit de taxes sur l’activité (TVA) et les revenus en général (CSG), M. Hollande manie l’équivoque, et ne va pas au bout de la réforme nécessaire.  M. Bayrou, lui, ne s’inquiète même pas de ce genre de détails.  L’incantation du ‘made in France’ peut-elle suffire pour s’auto-réaliser ?

Enfin, sur le thème de la préparation d’un meilleur avenir, M. Hollande a pris l’avantage, qui a placé la jeunesse au cœur de son programme.  Mais, à y regarder de plus près, son programme est en trompe l’œil.  D’une part, les mesures évoquées ci-dessus vont nuire à la compétitivité de la France, et donc à l’emploi des jeunes.  D’autre part, les mesures comme les contrats de génération et autres gadgets n’ont comme seul objectif de faire arbitrer les embauches en faveur des jeunes et non pas de créer les conditions pour des embauches supplémentaires.  Ces mesures ne peuvent créer des emplois, mais vont créer des catégories avantagées par rapport à d’autres.

Ce dont notre jeunesse a besoin, ce sont des emplois, et la compétitivité structurelle de notre pays ne le permet pas.  C’est là le vrai chantier du prochain quinquennat.  Les deux François (Bayrou et Hollande) le sentent bien, mais aucun ne va jusqu’à proposer les mesures courageuses qui le permettraient.

La Gauche Moderne, en proposant de basculer largement les charges sociales sur un impôt type CSG revu à la hausse, en proposant une réforme du marché du travail qui privilégie l’emploi et la formation des salariés par la flexisécurité, en proposant de lutter contre la précarité par la création d’un CDI universel rénové, garde donc sa spécificité et sa pertinence.

Simon-Pierre Trezeguet
le 27 janvier 2012