Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Mali et diplomatie française, vus par Emmanuel Dupuy

Publié le 06 Avril 2013

Chronique d'Emmanuel Dupuy : Ainsi va le monde ! par Henri Weill

Mali et diplomatie française, vus par Emmanuel Dupuy

Laurent Fabius sera auditionné aujourd'hui à 17h, par la commission des affaires étrangères du Sénat. Il pourrait y être interrogé sur la série de mutations de diplomates (liés au dossier Afrique) enregistrée depuis l'automne dernier. Il y eut Elisabeth Barbier, responsable de la direction Afrique-Océan Indien puis, plus récemment, le numéro deux de cette direction Laurent Bizot qui « a été prié » de cesser ses fonctions. De même que l’ambassadeur Jean-Félix Paganon, représentant spécial du ministre des affaires étrangères pour le Sahel (nommé depuis ambassadeur au Sénégal). Que leur reproche-t-on ? Une trop grande liberté de ton ? Une incompatibilité d’humeur avec le ministre ? Auraient-ils commis des erreurs d’appréciation sur le dossier malien ?  Emmanuel Dupuy, qui préside l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), think tank spécialisé sur les questions géopolitiques revient sur ce « rififi » au quai d’Orsay et plus généralement sur le dossier malien.

Q : Quels enjeux cachent ce « remaniement ?
Emmanuel Dupuy : Ils sont multiples et s’inscrivent surtout dans une logique récurrente de luttes intestines au sein même du Quai d’Orsay, entre partisans d’une approche centrée sur l’aide au développement que je qualifierai de « passive » et ceux qui prônent une démarche plus « proactive » impliquant une ingérence plus forte vis-à-vis des Etats. Cela semble ainsi un manque de « pragmatisme » qui semble avoir coûté sa place à l’ambassadeur de France à Bamako, Christian Royer, démis de ces fonctions il y a quelques jours. On lui reprocherait de n’avoir pas suffisamment œuvré à la mise en place effective du processus électoral attendu d’ici le 31 juillet prochain, qui, comme l’a rappelé le Président François Hollande, demeure un objectif « non négociable ».
Ainsi, le ministère des Affaires étrangères se trouve sans doute à une période charnière, au cours de laquelle les pratiques héritées de la période des années 70 et 80 (quand la politique de la France vis-à-vis du continent africain se faisait via la diplomatie de la coopération technique bilatérale) cède désormais le pas à une diplomatie « économique » que ne cesse d’appeler de ses vœux Laurent Fabius. En brandissant ainsi l’épouvantail de l’aide structurelle aux Etats, on pourrait avoir le sentiment que c’est l’un des symboles de la « FrancAfrique » que l’on cherche à casser…
D’un autre côté, existe aussi une puissante rivalité quant au suivi du dossier malien entre le Quai d’Orsay et le ministère de la Défense, sur fond d’opérations secrètes et négociations discrètes quant à la sécurité des ressortissants français et le sort de nos otages, menées avant tout par des Forces spéciales et des agences de renseignement qui échappent elles aussi à une logique purement ministérielle pour rendre compte directement à l’Elysée.

Q : Justement, comment interprétez-vous la nomination d’un officier, Gilles Huberson, à Bamako ?

C’est, en effet, désormais un ancien militaire, passé dans le privé au sein d’une structure de sécurité, Gilles Huberson, qui a été nommé ambassadeur à Bamako (en remplacement de Christian Royer, démis de ses fonctions, jeudi 21 mars). Fin connaisseur des arcanes sécuritaires de Bamako, notre nouvel ambassadeur au Mali assure - pour l’instant - en même temps une mission de coordination interministérielle Mali-Sahel (MMS). Cette nouvelle « Task force »  semble néanmoins faire la part plus belle au volet sécuritaire et diplomatique, aux dépens de ceux liés au développement.

Ancien gendarme et saint-cyrien, Gilles Huberson, avait rejoint en septembre 2012 l’ambassade de France à Bamako pour opérer comme officier de liaison entre le quai d’Orsay et la défense. Sa principale mission étant bien évidemment la gestion des négociations autour des sept otages français détenus par AQMI. Selon certaines sources diplomatiques, il a fait partie, aux côtés de la DGSE, des discussions initiées à Kidal avec les responsables locaux et les chefs des grandes tribus touarègues, dont le très influent chef Ifoghas, Intalla ag Attaher, considéré comme l’autorité spirituelle des Touaregs. Il convient néanmoins de rappeler que le cas de Gilles Huberson n’est pas unique. A Ouagadougou, notre ambassadeur, Emmanuel Beth, est un officier général. Son dernier poste était directeur de la coopération de sécurité et de défense (DCSD, autrefois mieux connu sous le vocable de DCMD - Direction de la Coopération Militaire et de Défense, née aux lendemains des indépendances). Il convient de rappeler que la DCSD dépend du ministère des Affaires étrangères. Au-delà, la « diplomatie de défense » semble ainsi toujours un enjeu entre le quai d’Orsay et l’hôtel de Brienne, tout comme la « diplomatie économique » tend à devenir aussi une pierre d’achoppement entre Bercy et le ministère des Affaires étrangères…

Q : Rivalité entre les ministères disiez-vous, rivalité entre les ministres ?
Une certaine rivalité médiatique entre les deux ministres a pu, il est vrai, perturber une certaine lisibilité quant à l’action militaire et diplomatique française au Mali, à travers l’opération Serval. Il convient ainsi d’avoir à l’esprit qu’il s’agit d’une opération principalement centrée sur des objectifs cinétiques : détruire les cellules terroristes et annihiler les capacités des narco-djihadistes à obérer la sécurité des populations maliennes au Nord comme en-deçà du fleuve Niger que ces derniers menaçaient de traverser en janvier dernier. Néanmoins, la « légitimité » de cette action menée avec efficacité et célérité par les 4000 militaires français engagés depuis le 11 janvier dernier, ne saurait suffire. La « légalité » de l’Opération Serval dépend intrinsèquement de notre action diplomatique multilatérale et c’est à la fois à New-York - aux Nations Unies -, comme à Bruxelles - auprès de l’UE, quelque peu rétive à s’impliquer plus « ostensiblement » - que se joue en réalité la partition. C’est à travers cette apparente dualité qu’il conviendrait de lire cette quête de leadership entre Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian.

Q : Abou Zeïd est mort. Mokhtar Belmokhtar a peut-être été expédié ad patres. Que sait-on du chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly ?
Emmanuel Dupuy : Les dernières informations qui nous sont parvenues, font état de la fuite du chef d’Ansar Dine, vers le Sahara Occidental. Mais on le dit également au Mali, en l’occurrence dans les environs de la localité de Bougoumi, située à une soixantaine de km de Tombouctou. D’autres informations relayées par de nombreux médias occidentaux, ont même évoqué le fait que Iyad Ag Ghaly, sentant le vent tourner, ait demandé dès les premières heures de l’opération militaire française, son exil à la Mauritanie voisine. De fait, la question de la crédibilité et de la fermeté des pays voisins, en premier lieu desquels l’Algérie et la Mauritanie, vis-à-vis des djihadistes est essentielle. Alger et Nouakchott n’ont ainsi pas hésité à fermer respectivement les 1200 km et 800 km de leurs frontières et les rendre imperméables à d’éventuelles fuites des combattants d’Aqmi, du Mujao et d’Ansar Dine. Il faut également se poser la question du devenir d’autres chefs islamistes dont Abdelmalek Droukdel, ancien « émir » de l'organisation terroriste algérienne du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) et désormais le seul chef d’AQMI d’importance, encore en vie. Certains évoquent, comme pour Iyad Ag Ghaly, des liens plus ou moins distendus de ce dernier avec les services de renseignements algériens (département de renseignement et de sécurité – DRS) soucieux de garder un œil sur ces djihadistes, tout en le considérant comme le principal responsable de l’attentat qui coûta la vie à 62 personnes, dans l’explosion du siège de l’ONU à Alger en décembre 2007.

Q : La France s’appuie sur le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Celui-ci a-t-il un avenir politique ?
La mise en place de la Commission « Dialogue et Réconciliation » (CDR), dont la création a été officialisée par le Président Dioncounda Traoré, le 6 mars dernier et dont la composition devrait être connue prochainement, semble activer la volonté du MNLA de sortir de l’impasse « politique ». Les relations avec la France, sujettes à de constantes et vigilantes réclamations de la part du Mali, risquent de se compliquer d’avantage avec les récentes revendications émises par le mouvement rebelle touareg. Le MNLA se pose ainsi de jour en jour comme l’administrateur de la ville de Kidal. En demandant ainsi à la France, au Burkina-Faso, à la Mauritanie et à la Suisse - qui a été, du reste, un de leurs tous premiers soutiens internationaux -  et non au Mali, de pourvoir aux carences de l’aide humanitaire et sanitaire, à la réouverture des établissements scolaires, au rétablissement des réseaux de télécommunications, le MNLA pose davantage les jalons d’une administration de transition qui souhaite sans aucun doute se pérenniser, une fois la sécurité de l’ensemble de la région ré-établie.
Ce mouvement, désormais récusé par le gouvernement malien d’être un interlocuteur crédible pour d’éventuelles discussions avec les populations du Nord, a par ailleurs vu récemment 11 de ses cadres (dont plusieurs détenteurs d’un passeport français) visés par un mandat d’arrêt émis par le Bamako et pour lequel le Mali demande à la France de répondre, eu égard aux accords de réciprocité judiciaires.
Paris se retrouve donc prise en tenaille entre Bamako qui exige régulièrement  de rentrer dans Kidal libérée par le MNLA, et ce dernier qui menace de s’en prendre à l’armée malienne si cette dernière tentait de le faire. Par ailleurs, sur le terrain du dialogue entre la France et le MNLA, plusieurs signes laissent à penser que celui-ci cherche à élargir sa légitimité en ré-intégrant dans ses instances plusieurs cadres issus de la dissidence d’Ansar Dine, en l’occurrence le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) dirigé par Alghabass Ag Intalla.
Parallèlement, les exactions à l’encontre des Touaregs semblent se confirmer, si l’on en croit les constations récentes effectuées par Amnesty International. Les deux « parties » en appellent désormais à la justice internationale, par le truchement de la Cour Pénale Internationale (CPI). Pour rappel, Bamako a ainsi saisi la Cour de La Haye après la mort d’une centaine de soldats maliens à Aguelhok, dans le nord-est en janvier 2012.
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Q : Et dans l’embrouillamini politique malien, il y a le capitaine putschiste, Sanogo ?
Ce dernier, en quittant son bastion de Kati et ses bérets verts (commandos parachutistes) et en prenant la tête du « Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité », le 13 février dernier, accède à l’une des principales demandes de la communauté internationale, plus spécifiquement de la Communauté économique et des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à savoir le contrôle politique - à défaut d’être totalement parlementaire - des forces armées. On se souvient que de violents affrontements entre bérets rouges (réputés fidèles à l’ancien président déchu Amadou Toumani Touré) et bérets verts s’étaient soldés - aux abords du camp militaire de Djicoroni, en plein centre de Bamako - par plusieurs morts. Même si Amadou Haya Sanogo a tenu à préciser que son comité, n’avait aucune vocation politique, le président Dioncounda Traoré y voit là une occasion rêvée, en faisant symboliquement descendre sur Bamako, l’ancien chef de la junte militaire. Ce mouvement lui permet également de réduire l’influence de l’auteur du coup d’état du 22 mars 2012, sur les forces armées, dont 3000 hommes sur les 12 000 soldats qui les composent combattent au Nord, aux côtés de la MISMA, des 2500 Tchadiens et des militaires français. Ce n’est qu’une étape mais elle est importante à bien des égards. Il convient aussi de la replacer dans le contexte politique malien, encore tétanisé par la chute d’ATT, la « démission » du Premier ministre Cheik Modibo Diarra et le cadre transitoire et « fragile » du duo représenté par le président Dioncounda Traoré et le premier Ministre Diango Cissoko. Dans ce contexte, la tenue - de moins en moins probable des élections voulues par la Communauté internationale d'ici le 31 juillet prochain – demeure une des clés de lecture essentielle quant au rôle que pourrait jouer le Capitaine Sanogo.

les conséquences régionales de la guerre au Mali et le rôle "joué" par l'Algérie et les Etats-Unis.


"Les Etats clés - c’est-à-dire ceux qui développent une vraie stratégie dans le nouveau « Grand jeu » africain - sont sans doute ceux qui sont les moins en première ligne. Notre faiblesse (la France) consiste à ne pas vouloir profiter de la position acquise par notre implication militaire et par notre héritage historique. Peut-être qu’à l’image de la balance vers le Pacifique (Asia Pivot) évoquée par le Président Obama, l’Afrique de l’Ouest demeure notre profondeur stratégique… A force de ne pas le voir, nous laissons des espaces stratégiques vacants à d’autres : au premier lieu desquels, dans la bande sahélo-saharienne (notamment sa région occidentale) l’Algérie et les Etats-Unis.

Alger, on le sait est très actif dans cette crise, mais agit en sous-main. Elle n’appartient à aucune des organisations sous-régionales impliquées. L’Algérie, soucieuse de repousser hors de ses propres frontières, un terrorisme d’essence salafiste, influencé et composé d’anciens du GSPC, souffle ainsi le chaud et le froid. D’un côté, certains analystes dénoncent un soutien « logistique » déguisé - à travers la présence du Croissant rouge algérien à Gao - à certains mouvements fondamentalistes, dont Ansar Dine. Son fondateur, ex-rebelle touareg, Iyag Ag Ghaly est souvent décrit comme une « créature » du Département du Renseignement et de la Sécurité - DRS (services de renseignement algériens). On dit qu’il aurait trouvé refuge à Tamanraset (voir post du 6 avril 2013). A noter que les seuls actes de terrorisme avérés (hormis les prises d’otages dont sont victimes les ressortissants occidentaux, dont désormais 9 Français avec celui pris en otage par le groupe Ansaru au Nord du Nigéria) ont été commis sur son territoire ou contre ses intérêts. Les derniers en date, avant la prise d’otage spectaculaire d’In Aménas (600 ressortissants de plusieurs nations pris en otages, dont une centaine de tués dans l’assaut donné par le DRS et les Forces armées) qui remontent à janvier et novembre 2011 puis février 2012, ont touché « symboliquement » le Comité d’Etat-major opérationnel conjoint (CEMOC, crée en 2010 entre l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger) qui vise - certes péniblement et de manière quelque peu artificielle - à fédérer les efforts régionaux contre le terrorisme. Alger a, du reste depuis la prise d’otages de quatre de ses ressortissants, les mêmes préoccupations que Paris. La visite du président François Hollande à Alger, les 19 et 20 décembre derniers, avait été du reste l’occasion de confirmer ce rôle de médiateur discret.

Les Etats-Unis ne s’y sont pas trompés non plus. On sait aussi Washington très préoccupé par l’ampleur que prend la crise sécuritaire au Mali et au-delà dans la sous-région. Les Etats-Unis craignent par-dessus tout, une imbrication de plus en plus évidente entre narco-trafic et terrorisme djihadiste. Ils craignent ainsi que l’Ouest africain, où ils tentent d’y ancrer leurs investissements économiques, deviennent une zone de perturbations où ils aient à intervenir, comme en Somalie en 1992 avec l’Opération « Restore Hope ». La similitude avec la situation d’alors leur fait craindre une implication qu’ils ne cherchent évidemment pas mais préparent néanmoins activement sur le long terme (après l’opération Serval). Washington voit ainsi, de nouveau, les ingrédients d’une instabilité régionale globale et durable :

-          mal gouvernance ayant aboutie à la consolidation d’une « zone grise » de plusieurs dizaines de millions de Km2 ou se croisent narco-dollars et prolifération d’armes de petits calibres (8 millions aux derniers évaluations) et d’autres plus inquiétantes - à l’instar de missiles sols-air apparus à la chute du régime Khadafi .
-          Etats dit « faillis » qui plus est doublées de revendications d’indépendances micro-territoriales (Azawad) ; le tout, aggravée par une famine qui menace désormais près de 12 millions de personnes à travers l’ensemble de la bande sahélienne.

La crainte, du reste avérée, d’une convergence de mouvements terroristes, réunissant dans un même combat, AQMI, Ansar Dine, Mujao, les Shebaab somaliens, Boko Aram et Ansaru nigérian (auxquels il convient d’ajouter le mouvement Ansar-Al-Sharia, désormais solidement ancré dans le sud-libyen) contre des forces occidentales qui deviendraient, dès lors, des cibles d’opportunité, termine de préoccuper les nouveaux acteurs influents à Washington. Il semble que ce soient les militaires qui aient repris la main, du moins dans la sous-région de l’Ouest africain. Ces derniers, sont mieux identifiés au sein du Pentagone à travers le Commandement des Forces spéciales (Socom - notamment sa branche africaine - Socafrica) ; et aussi et surtout le dernier de ses commandements régionaux crées, en l’espèce le Commandement africain des forces armées (Africom, crée en 2007 à Stuttgart, à défaut d’avoir encore trouvé un port d’attache africain et qui serait forte de plus ou moins 5000 hommes).Ce dernier va considérablement se renforcer dans les premiers mois de 2013. Cette réalité va néanmoins de pair avec certaines lacunes - notamment liées aux baisses budgétaires actuellement discutées au sein du Congrès américain – comme est venu récemment se plaindre l’actuel commandant d’Africom, le général Carter Ham. Il va y dispatcher des troupes ainsi que renforcer son équipement en drones dans 35 Etats africains (Kenya, Ouganda, Somalie, Algérie, Soudan, Niger, Mali, Mauritanie, Nigéria, République centrafricaine, etc.) dans le but d’accompagner les efforts d’entrainement et d’équipement de la nouvelle architecture de sécurité sur le continent (décidée lors du Sommet UA, Durban en 2002) et afin de faciliter la mise en place effective des cinq brigades régionales des Forces Africaines en Attente (FFA). Les Américains pensent aussi - à travers les développements des opérations menées par les Français, dont ils n’hésitent pas vanter la parfaite maîtrise -  bien évidemment à la capacité « résiliente » d’intervention de leurs propres troupes en cas de crises, à l’image des forces pré-positionnés françaises jusqu’à leur réforme en 2009. Sont ainsi d’ores et déjà programmés, entre février et avril, près d’une centaine d’exercices conjoints entre les forces armées locales et les équipes américaines, au niveau d’une compagnie (200 hommes) pouvant aller jusqu’à celui d’un bataillon (approximativement 800 soldats).

Des articles récents ont récemment fait état des velléités d’Africom de renforcer leurs capacités en matière de surveillance aérienne sur le continent africain, notamment en élargissant les missions de drones, jusqu’ici activement présentes sur le Camp Lemonier à Djibouti et ce, notamment, en vue des opérations menées par le Joint Special Operations Command (JSOC) qui y disposerait de près de 300 forces spéciales dans le pays. On sait également que l’arrivée récente d’une centaine de militaires américains au Niger, suite à la demande formulée par Barak Obama au Sénat américain, le 22 février dernier, préfigure très certainement l’installation pérenne d’une base américaine sur l’aéroport Diori Hamani de Niamey.Or, au-delà de ces cas emblématiques de présence ostentatoire américaine, liée à leur stratégie du « Transsaharian Counter Terrorism Partnership », c’est une autre stratégie que les forces américaines semblent mettre en place sur le continent africain, celle de la stratégie du « collier de perles ». Ce sont ainsi six nouvelles installations - sur des aéroports situés à la lisière de la zone sahélo-saharienne, à proximité de la Corne de l’Afrique et de la région des Grands lacs - de drones MQ-9 et d’avions de reconnaissance Pilatus PC-12. Montée en puissance « cohérente » si l’on tient compte de la pré-existence des projets secrets de surveillance, à l’instar du projet « Sand Creek » au Burkina-Faso - sensé appuyer de manière contextuelle la mission Serval au Mali et plus généralement surveiller la bande occidentale du Sahara.
Le sénateur américain de l’Arizona, John McCain, ancien candidat républicain à la Maison blanche qui vient de mener une mission du Sénat américain au Mali, aux côtés du sénateur démocrate du Rhode-island, Sheldon Whitehouse, a d’ailleurs évoqué la nécessité pour les Etats-Unis de s’impliquer davantage au Mali et au Sahel, en y engageant, notamment, plus de conseillers militaires…".



Interview parue sur http://ainsi-va-le-monde.blogspot.fr/