Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Le regroupement des centres est nécessaire - illustration par l'exemple

Publié le 11 Mai 2011

Chronique de Simon-Pierre TREZEGUET

La présence de représentants du Nouveau Centre et de La Gauche Moderne au sein du gouvernement a permis de faire pencher la balance, parfois, dans une direction plus sociale.  Mais le tempo, la tonalité générale des sujets, l’angle d’approche : tout cela portait la marque de l’UMP.  La droitisation progressive de ce parti conduit à devoir se prononcer systématiquement pour ou contre les mesures qu’ils proposent dans une formulation simplificatrice et trompeuse.

La dernière sortie de Laurent Wauquiez en est l’illustration.  Il préconise de sortir de l’assistanat, en plafonnant les prestations sociales.  D’une part la mise en œuvre de cette idée serait soit simple et donc profondément injuste et contre-productive, soit tellement complexe que l’éventuel bénéfice politique et financier serait nul.  D’autre part, cette idée semble imputer aux seuls bénéficiaires de minima sociaux la responsabilité du chômage.  En réalité, semble dire M. Wauquiez, il suffirait de réduire les prestations sociales pour que les gens reprennent un emploi.  Cette assertion est sans doute vrai, à la marge.  L’immense majorité des gens sans emploi ou en grande précarité par la cause d’un emploi partiel et insuffisant ne pourrait (re)trouver un emploi à temps plein par la simple grâce d’une baisse des allocations.  Avec un chômage de masse qui touche réellement plus de 2 millions de personnes, comment peut-on faire croire que la simple baisse des allocations va 'forcer' les gens à reprendre un travail, puisqu’il n’y a pas de travail ? S’il ya encore beaucoup à dire et à faire pour rendre plus performants nos systèmes d’aides sociales, il est malhonnête de faire croire que c’est le niveau des aides qui est responsable du chômage.  Mais un tel discours flatte une partie de l’électorat.  D’ailleurs, Laurent Wauquiez ne s’en cache pas, qui « cherche à répondre aux inquiétudes de ceux qui ont voté pour le Front National » (lundi matin sur Europe 1).  Comme le leader du FN avant lui, M. Wauquiez aborde un vrai sujet, mais apporte les mauvaises réponses.

Comment éviter cette dérive idéologique de la majorité ? En pesant non plus sur les réponses aux questions posées, mais sur les questions et leur formulation.  En arrêtant de se positionner par rapport aux sorties des uns et des autres, mais en occupant le champ politique par nos propositions, nos idées, nos valeurs.  Un tel changement demande du poids politique, des relais tant à l’assemblée que dans la presse et sur le terrain.  La confédération des partis représentant l'aile gauche de la majorité vise à créer cet acteur politique.  En regroupant nos forces, nous deviendrons audibles et crédibles.  Et nous aurons la capacité de mettre en œuvre nos préconisations.

Pour chacun des partis engagés dans cette aventure d'une confédération, les risques et difficultés ne peuvent être occultés.  Perdrons-nous notre indépendance ? L’un des acteurs joue-t-il une stratégie à 3 bandes qui vise à échanger notre aventure commune contre un bénéfice personnel ? Notre alliance résistera-t-elle aux aléas des sondages ? Toute aventure contient une part de risques.  C’est même la bonne mesure de ces risques, et les mesures prises pour les limiter, qui est une condition nécessaire (mais non suffisante) à toute entreprise.  Il est temps qu’une voix se lève, entre les provocations de l’UMP et l’archaïsme du PS, pour défendre une France qui donne vraiment à chacun la possibilité de s’épanouir au sein de la communauté nationale.  Il est temps que les bonnes volontés de gauche et de droite travaillent ensemble à la reconstruction d'une France ouverte, prospère et généreuse.

Cet espoir aujourd'hui s'incarne dans l'alliance républicaine et sociale à laquelle La Gauche Moderne doit contribuer.



SPT, le 9 mai 2011