Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

La Gauche Moderne à l'orée de la Présidentielle

Publié le 05 Décembre 2011

Chronique de Simon-Pierre Trezeguet

La Gauche Moderne a tenu ce samedi son Conseil Politique National à Paris.  Ce fut une vraie réunion politique avec à la fois des sujets de fond abordés et débattus (en particulier le problème du déficit et de la dette, mais aussi la compétitivié de notre économie), et des sujets plus partisans (concernant le parti) comme notre approche pour les législatives, la présidentielle, etc.

Ce fut aussi l'occasion de retrouver des amis venus de la France entière dans une atmosphère décontractée et studieuse.

J'ai souhaité prendre la parole lors de ce Conseil, pour appeler le Parti à travailler et se positionner sur 3 axes (dont 2 présentés en séance!):

* La réduction du déficit des comptes publics;
* La lutte contre l'illetrisme (15% des jeunes de 15 ans ne savent ni lire ni écrire ni compter correctement, source PISA);
* La compétitivité de notre économie.

Sur les déficits et la dette, il faut défendre l'idée selon laquelle la réduction de la dette devra attendre une période de croissance marquée pour être accomplie efficacement.  Mais la réduction des déficits ne doit plus attendre.  Les recettes de l'Etat se montent à 230 Mdsd'€, quand les dépenses atteignent les 370Mds d'€ !  On ne peut continuer ainsi à creuser la dette.  Il est par ailleurs évident qu'une augmentation des impôts, même significative, ne permettrait de réduire le déficit, car il faudrait alors prélever 7% de PIB supplémentaire, quand l'ensemble des prélèvements obligatoires représente déjà 45% du PIB (il faudrait donc passer à 52%!).

Si des hausses d'impôts sont nécessaires, et en premier lieu la suppression des niches fiscales, une réduction drastique des dépenses doit être préparée.  La droite, en particulier la Droite Populaire (et aussi la Droite Sociale) ont déjà trouvé leur solution : la lutte contre l'assistanat, et donc la suppression des allocations sociales.  Cette destruction de notre modèle social, qui a montré ses qualités d'amortisseur quand la crise est arrivée, doit nous motiver, nous gens de gauche responsables, à trouver des solutions de gauche à la nécessaire réduction des déficits.

L'échec flagrant de notre organisation de l'instruction publique, telle que révelée par PISA, montre aussi la nécessisté de défendre notre idée, notre vision d'une école publique qui donne à chacun les moyens de devenir un citoyen averti.  La Gauche Moderne a publié dès 2009 des propositions concrètes pour relancer l'Education Nationale.  Ces propositions d'alors doivent être reprises, complétées et défendues avec vigueur dans la perspective de l'élection présidentielle.

Enfin, qui ne voit le déclin de notre compétitivité ? PSA et Renault ferment des usines en France quand VW augmente sa production en Allemagne et déclare vouloir rester à 70% de voitures vendues dans le monde fabriquées en Allemagne.  Le lait produit en Allemagne coûte moins cher que le lait produit en France.  Notre déficit commercial se creuse chaque année.  L'excédent de l'Allemagne progresse (anéantissant le mythe d'un euro trop cher).  Nos parts de marché, partout, reculent.  L'Italie résiste mieux que nous.  Pourtant, notre main d'oeuvre est compétente, travailleuse aussi.  Nos infrastructures sont bonnes.  Notre principal problème vient du coût global de la main d'oeuvre, c'est à dire le coût comprenant l'ensemble des contraintes sociales.  Pour ma part, je pense que la complexité du droit du travail (et son coût), l'accent mis en permanence sur la protection des salariés plutôt que sur la préservation de l'emploi, les rigidités du marché du travail contribuent à freiner le développement de nos entreprises.  De plus, la centralisation excessive de notre économie, comme de notre formation supérieure, tend à couper les PME des ingénieurs et autres personnels formés, qui privilégient les grands groupes.

Il y a donc une grande réforme à envisager pour restaurer notre compétitivité, réforme complexe, systémique, mais ô combien nécessaire si l'on veut rembourser la dette autrement qu'en s'appauvrissant tous.

Simon-Pierre Trezeguet