Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Hollande ou Sarkozy : mon coeur ne balance plus - Simon-Pierre Trezeguet

Publié le 27 Avril 2012

Chronique de Simon-Pierre Trezeguet :


Voilà 17 ans que la droite est au pouvoir.  La vie normale d’une démocratie veut que l’alternance soit imminente.

Voilà 17 ans que la gauche gagne quasiment toutes les élections locales, renforçant progressivement son emprise sur le pays.  L’aboutissement logique de cette progression est la magistrature suprême.

Voilà 5 ans que Nicolas Sarkozy imprime son énergie à la France, la réforme, et crée des antagonismes, s’attire des inimitiés tenaces pour avoir voulu changer les lignes, pour avoir refusé le status quo, pour avoir préféré l’action et la confrontation au consensus et au confort, par goût de la provocation aussi, par la mise en cause de groupes ou de catégories.

Voilà 5 ans que Nicolas Sarkozy, par son caractère et ses actions, braque une partie de la population contre lui.

Tous les indicateurs sont donc au vert pour le candidat socialiste, dont la victoire semblait acquise d’avance.

Pourtant, la campagne n’a pas permis de dissiper les doutes autour de François Hollande.  Celui-ci parvient à fédérer le rejet de Nicolas Sarkozy, mais il n’arrive pas à fédérer sur son projet ; il n’arrive pas à incarner autre chose que l’alternance : l’espoir.

Tout le monde se souvient à quel point François Hollande a laissé le PS s’enliser dans les querelles de personnes, de consensus mous en synthèses fausses, d’évitement des vraies questions aux promesses faciles à sa clientèle électorale.  Tous les leaders socialistes, avant la primaire, étaient unanimes à estimer que François Hollande ne pouvait les incarner avec force et dignité : de ‘couilles molles’ (Aubry) à ‘capitaine de pédalo’ (Mélenchon), en passant par ‘Hollande président ? Soyons sérieux !’ (Fabius), Hollande, une fois encore, avait créé le consensus… contre lui.

De cette histoire récente, il reste un parfum de doute, une retenue dans le soutien, des questions sans réponse.

En réalité, on pourrait comparer les personnes (Sarkozy et Hollande) sans jamais trancher.  Pour schématiser, chacun a exactement les qualités que l’autre n’a pas, et les défauts.  Il faut donc se reporter au programme et aux intentions des candidats pour les départager.

Sur la dette et les déficits, l’un et l’autre sont d’accord pour les réduire.  Quand l’un met en avant la justice sociale qui a cruellement manqué ces 5 dernières années, l’autre met en avant un bilan pas si mauvais que cela au vu des circonstances économiques globales.

Sur l’Europe, l’un et l’autre sont d’accord pour réformer les aspects les plus dysfonctionnels, l’un privilégiant Schengen, l’autre privilégiant la BCE.

L’un et l’autre sont d’accord pour augmenter la construction de logements, en particulier par la mise à disposition préférentielle de terrains publics.  L’un et l’autre sont d’accord pour soutenir les PME par une banque publique spécialisée (qui existe déjà !).  On pourrait ainsi énumérer de nombreux sujets sur lesquels les 2 candidats se retrouvent sur le fond sinon sur la forme.

Il est pourtant un sujet où les deux candidats se démarquent : la compétitivité de notre économie.  Quand l’un (Hollande) voudrait augmenter le nombre de fonctionnaires au niveau national, continuer à en recruter au niveau local, et réduire les déficits par la hausse des impôts, l’autre (Sarkozy) voudrait réduire les dépenses sur la lancée de ce qui a déjà été accompli, augmenter certains impôts (TVA) et baisser le coût du travail pour restaurer la compétitivité-prix de notre économie.

Et c’est là la principale question.  Le meilleur moyen de réduire les déficits et la dette est la croissance.  Cette croissance ne se décrète pas.  Ce n’est pas non plus une réforme de la BCE qui la permettra.  Il faut, comme en Allemagne sous Schroeder, faire les efforts nécessaires pour que les emplois en France soient compétitifs.  C’est LE défi du prochain gouvernement.  Chômage, précarité, solidarité, rénovation urbaine, déficits, dette : tous ces points se résoudront grâce à la production industrielle, agricole et tertiaire chez nous.

C’est pourquoi le candidat Nicolas Sarkozy a notre soutien : il est le plus engagé sur cette réforme, il est le plus crédible sur ces efforts.

Ne nous trompons pas d’élection.  Nous n’élisons pas un animateur, un GO, mais le capitaine qui mènera la France, qui devra résister aux multiples contraintes auxquelles notre pays doit faire face.  Nous ne votons pas pour la personne la plus sympathique (la France a déjà donné dans ce genre de casting avec Jacques Chirac !), mais pour la personne la plus compétente pour décider et mettre en œuvre les réformes justes et nécessaires.  Nicolas Sarkozy n’est peut-être pas le plus sympathique, mais l’avenir de nos enfants n’a que faire de sympathie.  L’avenir de nos enfants demande du courage aujourd’hui et pour 5 ans.  C’est bien Nicolas Sarkozy qui nous semble le mieux armé pour ces combats.

Sans passion, mais avec résolution et conviction, soutenons Nicolas Sarkozy le 6 mai, et relayons ce message autour de nous !


Simon-Pierre Trezeguet