Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Chronique de Marc d'Héré : La Gauche Moderne, la réforme juste

Publié le 14 Septembre 2010

L'intervention que j'avais faite lors de la journée nationale de La Gauche Moderne du 29 juin 2008...Deux ans plus tard, j'aurais bien peu de choses à y changer...

Avec La Gauche Moderne, nous avons fait, il y a un an, le choix de nous engager dans la majorité présidentielle, et, malgré les difficultés du temps, malgré les « couacs », les maladresses ou les erreurs commises, nous le confirmons, clairement.

Si nous avons fait ce choix, pas forcément évident pour des citoyens à la sensibilité de gauche, c’est parce que l’on pensait (et on le pense toujours) que Nicolas Sarkozy serait capable, plus capable certainement que la gauche et les socialistes, de faire aboutir les réformes dont la France et les Français avaient besoin, de mener les politiques qui nous paraissaient nécessaires.

C’était :

La réforme d’un Etat, qui doit se centrer sur ses missions essentielles, limiter ses dépenses pour nous permettre de retrouver des marges de manœuvre, notamment sociales,

la réforme des services publics comme l’éducation ou la santé que nous voulons tout à la fois, plus autonomes, moins coûteux et plus efficaces,

la réforme des retraites, dont nous savions qu’elle était difficile mais inéluctable,

le développement économique, condition de la solidarité, en favorisant l’initiative et la responsabilité, en jouant le jeu d’une concurrence égale et loyale, en facilitant les partenariats public/privé,

une politique sociale capable de cibler ses priorités, et qui loin d’une assistance démobilisatrice permette une égalité des chances ou mieux une « égalité des possibles ».Une politique sociale qui soit un tremplin avant d’être si nécessaire un filet de sécurité,

une politique pour l’emploi qui réponde aux exigences de la flexisécurité, action emblématique du social-libéralisme, en permettant la liberté des entreprises et la sécurité des salariés (et vice versa…),

une relance de l’Europe….

Il nous est apparu que ces changements, la gauche était dans l’incapacité de les réaliser, et que seul Nicolas Sarkozy pouvait y parvenir.

Nous en avons clairement pris conscience, la réforme a changé de camp.

La gauche ne peut pas faire les réformes que nous envisageons et elle ne le pourra pas. Non pas parce que ses leaders seraient moins intelligents ou moins imaginatifs que les autres, mais parce que la situation politique dans laquelle elle se place le lui interdit.

D’abord parce que la majorité de ses militants, comme sa clientèle politique (fonctionnaires et employés) craignant d’être les principales victimes du changement, s’accrochent à leurs statuts ou à leurs droits acquis. La gauche, qui n’a jamais fait vis-à-vis d’eux la pédagogie nécessaire et a toujours choisi la défense de ces situations acquises ne prendra certainement pas le risque de les inquiéter et de perdre leur vote. C’est la première raison.
Ensuite parce que la gauche socialiste a impérativement besoin au 2ème tour, des voix du PC, des verts extrémistes, et même de celles l’Extrême Gauche…Or ces électeurs n’accorderont JAMAIS leur soutien à un parti qui se prononcerait pour des réformes économiques et sociales telles qu’indiquées ci-dessus. En aucun cas. Soyons- en persuadés, malgré ses gesticulations, la gauche ne choisira pas, ne pourra pas choisir la réforme.

Alors, oui, la réforme a changé de camp. Non pas qu’elle soit passée à droite ; la droite traditionnelle, la vieille droite réac ou Gaullo- Chiraco-Villepiniste, n’en veut pas non plus (et on voit les difficultés que rencontre le gouvernement avec une partie de l’UMP), mais la réforme est représentée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy, soutenu par les réformateurs, les modernistes, les sociaux libéraux.

Nous le soutiendrons d’autant mieux (et d’autant plus facilement) que les réformes répondront à la définition qu’a toujours donnée Jean-Marie Bockel de ce qui est au cœur de nos choix et de notre action: LA REFORME JUSTE, c'est-à-dire à la fois efficace, équitable, solidaire.

Défendant cette conception de la réforme et du changement nous faisons non seulement un choix éthique, un choix militant de gauche, nous faisons aussi celui de l’efficacité.

On le sait, les réformes ne sont acceptées, et ne produisent vraiment leurs effets que quand elles sont justes, ou, ce qui revient au même, quand elles sont ressenties comme telles.

Or, disons-le, ce n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui où existe et se répand dans l’opinion le sentiment que les riches ne contribuent pas assez. Plus ou moins vrai, plus ou moins faux, en tous cas le sentiment que seules les classes moyennes ou les défavorisés sont mis à contribution et que les plus aisés sont épargnés, se répand.

Il faut changer cela, il faut donner un signe fort et visible.

Il faut faire admettre par le Président, le gouvernement, la majorité, (et Jean-Marie Bockel, avec l’appui de La Gauche Moderne, est, avec d’autres, bien placé pour cela),… de prendre des mesures financières et fiscales, qui touchent les plus aisés, qui fassent clairement contribuer les plus riches à l’effort commun. On peut proposer deux types de mesures: la taxation des stock options, et la limitation des niches fiscales.

L’action de La Gauche Moderne en faveur de la Réforme juste se déploiera alors de deux manières :

Pour le court terme en obtenant que soit décidée cette nécessaire contribution financière et visible des plus aisés aux efforts de tous.

Pour le moyen terme en travaillant sur les réformes à venir, en faisant des suggestions, des propositions afin d’obtenir qu’elles soient les plus justes et les plus solidaires possibles.


Agissant dans ce sens, nous serons fidèles à notre idéal de gauche mais nous serons aussi les meilleurs soutiens de Nicolas Sarkozy et de ses réformes, qui sont aussi les nôtres, parce qu’on leur aura permis d’être acceptées.

Oui, La Gauche Moderne soutient l’action du Président de la République et elle la soutient d’autant mieux qu’elle veut, en la rendant plus juste, plus équitable, plus solidaire lui donner toutes les chances d’être acceptée et donc de réussir.

Marc d’Héré