Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Chronique de Jean-Loup Dujardin : Sécurité cessons les surenchères

Publié le 09 Septembre 2010

SECURITE : Cessons les surenchères et œuvrons pour l’intérêt de tous et chacun.

Durant plusieurs semaines, nous avons assisté à une surenchère politique qui ne serait que peu ou prou dérangeante, si elle n’avait pas abordé, un sujet aussi complexe que peut être la Sécurité des personnes, des biens et des espaces publics.
Sujet, d’autant plus important, que :
la sécurité est le socle nécessaire à toute vie en société et à l’exercice de toute liberté individuelle ou collective, liberté d’aller et de venir en toute sécurité, liberté d’exprimer ses idées, liberté du commerce et de l’industrie ;
la sécurité des personnes et des biens doit être assurée pour tous et partout ;
la sécurité est le premier droit du citoyen et la première mission de l’Etat,
la sécurité est un droit fondamental pour chacun d’entre nous,
la sécurité est une condition de l’exercice de nos libertés et des prérogatives de notre citoyenneté,
la sécurité est un facteur essentiel de cohésion sociale et de la qualité de vie de chacun et de tous.

Et s’il est vrai qu’au cours des dernières décennies les manifestations de la délinquance se sont particulièrement aggravées, se traduisant entre autre par des actes répréhensibles et délictueux commis de plus en plus précocement, des violences urbaines redynamisant les phénomènes de bandes.
Il est tout aussi exact que cette aggravation peu s’expliquer notamment par l’apparition de nouveaux facteurs des causes de la délinquance (crise d’intégration, phénomènes de désagrégations familiales et/ou de relégations sociales) venant se coupler avec les causes « plus traditionnelles » (précarité économique et/ou sociale) ont fait que ces manifestations ont émergées et se sont invitées sur le territoire de la sécurité.
C’est sans nul doute, pour permettre la prise en compte de l’ensemble de ces aspects que la sécurité est devenue un nouveau champ d’action pour les collectivités territoriales. L’ensemble des collectivités tentant, autant que faire ce peu, de mettre en œuvre une politique de sécurité adaptée à leurs territoires qui présentent une grande diversité et nécessitant des réponses en adéquation avec les besoins enregistrés sur le terrain.
Et, on ne peut être que d’accord avec Jacques Pélissard (Président de l’Association des maires de France) lorsqu’il explique qu’en matière de sécurité, « vouloir plaquer une politique générale, impersonnelle, qui serait la même partout, est irréaliste. »

En matière de sécurité, il nous faut éviter les amalgames dangereux entre actes délictueux et comportements asociaux. Dangereux, car il risque de stigmatiser encore plus les populations en difficultés, et, de fait massifier le sentiment d’exclusion tout en permettant à certains d’exacerber celui-ci.
En matière de sécurité, il nous faut, également, éviter les écueils du tout sécuritaire ou de l’angélisme reposant sur l’idéal généreux de la toute prévention. La sécurité est faite pour l’homme et non l’homme pour la sécurité.

En matière de sécurité, il nous faut travailler sur le triptyque :
Prévention - Dissuasion – Répression
Triptyque qui permet le constat des situations, l’analyse des faits, l’évaluation des actions engagées, l’adaptation des réponses à mettre en œuvre.

Ce n’est certainement pas dans le tohubohu, le brouhaha, la polémique stérile voire la surenchère politique, que nous réfléchirons aux nécessaires réponses (demandées par l’ensemble des Français) à mettre en œuvre en matière de Sécurité. Nous devons engager un véritable débat, au cours duquel tous les acteurs concernés apporteront (comme ce fût le cas en 1997 lors des rencontres de VILLEPINTE) leurs réflexions, leurs propositions.
Il nous faut savoir ne pas occulter les difficultés, il nous faut éviter de nous renvoyer la balle systématiquement. Il nous faut rejeter les prophètes ou les démagogues qui ne savent insuffler que « des rêves ».
Il nous faut agir ensemble pour que tous et chacun puissent vivre en sécurité.
Pour y parvenir, nous devons mener une politique de sécurité adaptée aux besoins de notre société.
Pour ce faire, la politique doit retrouver ses droits et devoirs, en même temps que ses enjeux. La politique doit être modeste, La politique n’est pas là pour changer la vie ; elle est là pour maintenir ou améliorer ce qui la rend possible. La politique n’est pas là pour rendre heureux ; elle est là pour combattre ce qui nous empêche de le devenir ou de le rester : la misère, l’oppression, l’injustice, le chômage, l’insécurité.


En guise de conclusion, je rappellerai l’article XII de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

Sagesse laïque !!! Sagesse de notre temps !!!

Jean-Loup DUJARDIN