Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Chronique de Gérard Delahaye : Pas de blues à Mulhouse

Publié le 21 Septembre 2010

Les rencontres de Mulhouse ont été marquées par un incontestable succès : près de 400 participants au sein des quels on pouvait compter pas moins de 120 délégués représentant 20 régions où LGM est désormais implantée. on peut compter sur nous, mais il faut aussi compter avec nous.
Dans le contexte de cette rentrée difficile, où les membres de notre mouvement pouvaient avoir quelques interrogations légitimes concernant lune conjoncture économique, sociale et politique assez tendue, convenons que l’ambiance était chaleureuse et que les participants étaient heureux de se retrouver qu’ils ne manquaient pas d’ardeur dans le débat et qu’ils se projetaient dans l’avenir avec pugnacité.
Certes la visibilité de Jean-Marie Bockel qui s’est vu confié par le Président de la République une importante mission sur le volet de la prévention de la délinquance, essentiel pour la mise en œuvre d’une politique de sécurité équilibrée ouvre à notre formation des perspectives intéressantes.
La Gauche Moderne est peut être une formation encore jeune et modeste, mais elle est bien ancrée dans le paysage politique comme une offre novatrice, un lieu où il fait bon vivre et où l’on peut respirer librement.
Les rencontres de Mulhouse ont donné le ton d’une structure collective en ordre de marche, capable de débattre sereinement des sujets de fond, sans se censurer, mais sans se  perdre dans une introspection démobilisatrice et démoralisante. ..
Les intervenants se sont succédés à la tribune lors du débat général du matin, témoignant de la diversité du mouvement mais aussi et surtout de sa cohésion quel que soit le sujet évoqué, sécurité, retraites, reconduite des Roms, politique sociale et économique, avenir de l’outre-mer, Europe. .
Des hommes et des femmes issus de cultures différentes de la gauche française, des élus, des responsables de fédérations, des jeunes et des moins jeunes, venus de tous les territoires de la République ont pu parvenir ensemble  à la même conclusion qu’il est une gauche moderne, sérieuse, républicaine  à reconstruire sur des bases nouvelles, loin des palinodies d’une gauche d’opposition sans boussole ni alternative.
Cette force là n’est pas imputable à des appétits de pouvoir ou d’egos circonstanciels, elle est une énergie collective, une force de conviction au service de la culture de gouvernement.
Car le positionnement de LGM va bien au-delà de la séquence politique dite d’ouverture.  LGM entend plus que jamais œuvrer à la construction d’une aile gauche au sein de la majorité présidentielle et peser sur ses orientations, tirant en cela les conséquences de l’épuisement d’une gauche d’opposition qui a perdu sa force propulsive.
La venue de Jean-Louis Borloo aux rencontres de LGM témoignait des convergences évidentes qu’il convient de cultiver pour construire un axe fort au sein de la majorité. Une gauche réformiste éprise de transformation mais soucieuse du réel, fidèle à ses valeurs mais désireuse de tirer les bilans d’échec des gauches du 20ème siècle a vocation naturelle à prendre langue avec cet éminent représentant de la planète radicale qu’est Jean-Louis Borloo. Et quand je dis planète je pèse soigneusement mes mots car c’est bien à cette échelle globale que le Ministre d’Etat a posé avec éloquence les enjeux stratégiques d’une croissance durable et maîtrisée, des emplois de demain, fixant ainsi un cap stratégique pour le redéploiement de la France dans un monde où rien ne pourra plus se passer comme avant le déclenchement de la crise.
Beaucoup des éléments inclus dans cette vaste fresque mériteraient d’être discutés de manière approfondie, je n’indiquerai qu’un seul thème  tout à fait central au regard de cette première crise de la mondialisation que nous continuons de traverser, qui est celui du juste échange, thème utilisé par Jean-Louis Borloo lors de la crise financière. Comment assurer le maintien d’une politique industrielle rénovée et préserver un niveau satisfaisant de protection sociale et de rémunération du facteur travail dans une économie ouverte, en butte à l’âpre concurrence des puissances émergentes ? C’est une question qui touche tant aux normes sociales qu’environnementales, décisive pour toutes celles et tous ceux qui veulent s’inscrire dans une vision stratégique et prospective. Il en va des puissances économiques du 21ème siècle comme des puissances européennes du 19ème siècle, elles doivent être régulées par un principe d’équilibre. C’est tout l’enjeu du prochain G20 qui sera présidé par la France.
L’énergie contagieuse de Jean-Louis Borloo reflétait un volontarisme partagé par les membres de LGM, loin des prophéties moroses des déclinologues comme des  utopies déprimantes et malthusiennes des tenants de la décroissance.
Le tempérament iconoclaste de Jean-Louis Borloo n’est pas pour déplaire aux mutants que sont les militants de LGM, d’autant que bien les valeurs qui puisent dans l’héritage républicain du 19ème siècle nous rapprochent à bien des égards, qu’il s’agisse du principe d’égalité, de la promotion des libertés de la personne ou de la laïcité notre idéal commun qui seul permettra d’enrayer la montée en puissance des communautarismes.
Quant au Président de la Gauche Moderne, un Jean-Marie Bockel manifestement très en forme, il est revenu sur la polémique estivale concernant les Roms à la lumière de son expérience d’élu local, pour se réjouir d’une plus forte implication de l’Etat face à l’instrumentalisation de cette population par les réseaux maffieux. Il a souligné à juste titre que seule une plus grande fermeté ay compris par les reconduites ainsi qu’un dialogue soutenu avec les autorités roumaines permettront de conduire une politique d’insertion de ces familles avec quelques chances de réussite.
Jean-Marie a affirmé haut et clair notre attachement indéfectible aux valeurs républicaines qu’il s’agisse de la lutte contre la délinquance comme de l’intégration des migrants et à plaidé pour une France rassemblée et non éclatée en une mosaïque de communautés.
S’il a réaffirmé la nécessité de mieux maîtriser la dépense publique afin de résorber les déficits il a tenu à la souligner la nécessité de ne pas mettre en œuvre une politique d’justement trop brutale qui pourrait compromettre une reprise fort ténue.
Sans état d’âme et plus déterminé que jamais à porter un nouvel espoir pour des électeurs de gauche lassés du magistère du verbe arboré par une opposition inconsistante,  il a appelé LGM à apporter au Président de la République un soutien loyal  mais aussi une contribution pour mettre la Réforme juste au cœur du logiciel de la majorité présidentielle.
L’après midi avant le Conseil national les commissions se sont réunies pour poser de nouveaux jalons, qu’il s’agisse du projet pour 2012, de la mission prévention de la délinquance, des cantonales. Il faut souligner la forte présence de l’équipe web qui a donné au site LGM une nouvelle ligne graphique et éditoriale. Preuve que sur le terrain des nouveaux réseaux sociaux, LGM entend mériter son épithète de moderne.
Enfin ces rencontres, ont été placées sous le signe de la convivialité, de la cuisine alsacienne, de ses vins et de sa bière. Toutes les conditions ont été ainsi réunies, pour que ce moment soit aussi celui de la gaité, des retrouvailles, des rencontres.
Carton plein.


Gérard Delahaye