Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Chronique de Gérard Delahaye : Pas d’hibernation pour la gauche Moderne

Publié le 03 Décembre 2010

Pas d’hibernation pour la gauche Moderne
1er Conseil National après le remaniement


Le premier Conseil National de La Gauche Moderne après le remaniement, ça ne fait pas encore la une des gazettes ; Je sais !
Faut dire qu’avec la déferlante hivernale et la fuite de 250 000 notes diplomatiques américaines distillées  par Wikileak nous avons eu notre ration de buzzs et nos promesses de blizzard.
Pourtant à sonder le moral des troupes réunies en ce samedi 27 novembre 2010 aucun signe de déstabilisation n’était décelable. Le climat général n’était pas davantage  annonciateur d’un nouveau cycle glaciaire, n’en déplaise aux spéculateurs cyniques et autres jeteurs de sorts.
La Gauche Moderne affichait en dépit des épreuves récentes un moral et une combativité cotés à la hausse, du genre triple A..Nous n’avons pas davantage eu besoin de recourir à un exorciste. 
Nous vécûmes une après-midi de retrouvailles chaleureuses, de questionnements politiques partagés dans un bel élan de rassemblement.
A preuve, beaucoup de membres du Conseil Politique National venus parfois de fort loin, n’avaient pas hésité à braver les frimas pour prendre la parole, bien décidés à poursuivre et amplifier notre aventure collective.
Le Président de La Gauche Moderne Jean-Marie Bockel en dépit des conditions météorologiques mulhousiennes un peu âpres, était bien là, détendu combatif bien décidé à user de son indépendance recouvrée, après un remaniement décevant pour notre formation qui a toujours fait montre de loyauté à l’égard du gouvernement.
Les colonnes du Parisien ont reconnu en Jean-Marie un homme émancipé. Soit ! Mais en  langage populaire, on pourrait tout aussi dire bien qu’il semblait bien décidé à l’ouvrir. Tout le monde s’en est réjoui. Et à l’évidence  il n’était pas le seul à porter ce désir. 
L’ensemble des membres du Conseil Politique National y sont allés –sans amertume mais sans complaisance- de leur analyse de la période politique faisant montre d’une détermination intacte et d’une volonté partagée par tous de construire l’aile gauche de la majorité pour continuer à faire prévaloir l’exigence de la réforme juste.
L’ensemble des participants se sont accordés à considérer que l’appartenance de La Gauche Moderne à la majorité présidentielle ne saurait être remise en cause. Pour autant, nombre d’entre eux ont affirmé la nécessité de renouer avec une liberté d’action politique  et de pensée critique salutaires à l’égard du gouvernement de François Fillon. Si les intervenants ont récusé la tentation d’une opposition stérile telle qu’elle est pratiquée si médiocrement par les socialistes et l’extrême gauche, ils ont indiqué que le soutien à la politique gouvernementale -ne pouvant être ni aveugle, ni absolu, ni intemporel - devait être subordonné aux orientations de La Gauche Moderne, à sa conception d’une gouvernance dédiée à la réforme juste.  Un certain nombre d’entre eux ont justifié la nécessité d’une expression critique de La Gauche Moderne notamment quand l’action gouvernementale semble inspirée par le retour aux conformismes d’avant la crise de 2008 et s’accompagne de crispations sectaires attestées par le recroquevillement sur l’appareil et les réseaux de l’ex-RPR.
Si une majorité des membres présents a souhaité que prévale une orientation équilibrée –soutien aux mesures allant dans le sens de l’intérêt général, critique des dispositions teintées de conservatisme, certains se sont inquiétés d’un risque de régression commune à l’UMP comme au PS vers les impasses de la pensée unique totalement à contretemps des développements de la crise irlandaise, annonciateurs de graves turbulences pour la zone euro dans son ensemble. Ainsi en va-t-il des politiques dites d’ajustement budgétaire qui pratiquées sans discernement peuvent entraîner nos économies dans la déflation et notre nation dans la désespérance. Ainsi en va-t-il des conditions imposées à la Grèce ou à l’Irlande sous la pression des marchés financiers pour la mise en œuvre des plans de soutien qui s’accompagne d’une régression sociale dévastatrice pour la cohésion sociale. Ainsi en va-t-il d’une conception des relations franco-allemandes où la France semble rechigner à exercer un rapport de forces pour faire prévaloir son intérêt national quand notre partenaire réussit si bien à imposer le sien à ses partenaires européens.

Pour autant, s’ils sont conscients des écueils qui guettent l’action gouvernementale, les hommes et les femmes de la Gauche Moderne réunis samedi à Paris ont réaffirmé leur confiance et leur fidélité en l’énergie réformatrice du Président de la République. Ils se sont engagés à soutenir, à épauler ce volontarisme non seulement contre les postures démagogiques d’un Parti Socialiste  désespérément vide de toute vision stratégique, de tout projet mais également contre les pesanteurs conservatrices au sein de la majorité qui fragilisent l’action de Nicolas Sarkozy.
Jean-Marie Bockel, lors de son intervention de clôture a souligné la convergence des analyses et la complémentarité des positions développées tout au long de l’après-midi, indiquant que notre formation franchissait ainsi assez sereinement un nouveau cap, de croissance et de maturité politique.
La Gauche Moderne entend se positionner résolument comme l’aile gauche marchante de la majorité, désireuse de poursuivre le dialogue avec l’ensemble des sensibilités se réclamant de la République sociale.
Mais elle entend aussi affiner sa réflexion programmatique, et donner un contenu propositionnel fort à sa devise de la Réforme juste. L’ensemble de cette réflexion alimentera autant les travaux de son second congrès national que l’action de ses candidats aux élections cantonales.
Pendant l’hiver, les travaux continuent.


Gérard DELAHAYE