Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Chronique d'Emmanuel Dupuy : Réalisme et volontarisme - Le geste joint à la parole

Publié le 18 Septembre 2011

Réalisme et volontarisme : Le geste joint à la parole : le retour de la France sur le devant de la scène internationale
En prenant un bain de foule dans les rues de Benghazi, aux côtés du premier ministre britannique, David Cameron et du président du CNT libyen, Moustapha Abdeljalil, le président de la République Nicolas Sarkozy vient rappeler qu’en matière de politique étrangère, le verbe et le geste vont de pair…
Il le rappellera sans doute aussi le 7 octobre prochain à Tbilissi, rappelant quel fut le rôle essentiel joué par la diplomatie française, assumant alors sa présidence de semestrielle du conseil européen, dans le conflit de l’été 2008 opposant la Géorgie à la Russie à propos de l’Ossétie et de l’Abkhazie.
Il y a quelques semaines déjà, en rappelant les succès récents de la diplomatie française et l'action efficace de nos forces armées dans le cadre de ses Opex (opérations extérieures, sous mandat ONU, OTAN et UE) - à l'aune du règlement de la situation libyenne - devant la Conférence des ambassadeurs français réunis à Paris, Nicolas Sarkozy confirme que la Realpolitik menée par Paris porte ses fruits.
Présidence du G-8/ G-20 aux tonalités volontiers réformistes - notamment en ce qui concerne la moralisation de la finance internationale et des bailleurs de fond internationaux dans la crise liée à la dette des Etats ; relance de l'Union pour la Méditerranée - dans le contexte des révolutions maghrébines et de la création ardemment soutenue d'un état palestinien; leadership aux cotes de l'Allemagne pour faire émerger une indispensable gouvernance économique de l'euro ; ambitions en terme de planification et de capacités renouvelées en matière d'Europe de la défense et affirmation du renforcement du poids de l'Europe au sein de l'Otan que la France a rejoint en parole lors du Sommet de Strasbourg-Kiehl d’avril 2009 et en actes à travers son engagement en Afghanistan...
Toutes ces réalisations viennent rappeler que l'esprit de réalisme, de réforme et de rupture, demeure la condition sine quae non de la crédibilité de l'action extérieure de la France et de son aspiration universaliste.
Cette Realpolitik, clairement affichée, alliée à un retour en grâce de la « Hard policy », mise au service des plus faibles, dans l’esprit de la Charte des Nations Unies, pour laquelle la liberté de protéger est un droit inaliénable, confirme que la vraie rupture depuis 2007 se situe sans doute dans un changement de nature et d’actions de la politique étrangère française. Gageons qu’elle le soit également pour les échéances de 2012…

Emmanuel DUPUY