Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

Analyse du discours de Nicolas Sarkozy au sommet de l'ONU

Publié le 04 Octobre 2010

Le Président de la République, en participant fin octobre dernier, au Sommet de l’ONU célébrant le 10ème anniversaire des Objectifs du Millénaire pour le Développement a démontré avec une vive détermination l’urgente mobilisation à laquelle doit s’atteler la communauté internationale pour que les 8 objectifs fixés soient réalisés à l’horizon 2015.

Rappelons que ces derniers sont ambitieux quoique réalisables :
1. Eliminer l'extrême pauvreté et la faim ;
2. Assurer l'éducation primaire pour tous ;
3. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes ;
4. Réduire la mortalité infantile ;
5. Améliorer la santé maternelle ;
6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies ;
7. Assurer un environnement durable ;
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

En prononçant ce discours devant les 150 chefs d’Etats et de Gouvernement, la France entendait aussi mettre en exergue les facteurs positifs des politiques menées en faveur du développement à quelques mois de sa Présidence semestrielle du G-8 / G-20.

Il importait surtout de démontrer que le passage d’une logique du G8 (réunissant les 8 économies « occidentales » les plus dynamiques) à une logique de G20 (prenant en considération les puissances émergentes, notamment celles venues du Sud), confirme la pratique d’une co-gestion avec ces nouveaux acteurs sur la scène internationale, et ce, pour envisager les grandes questions géopolitiques et géo-économiques du moment et de demain.

Le Président de la République aura ainsi clairement rappelé que la France était pleinement mobilisée pour la réalisation de ces ambitieux Objectifs du Millénaire. Rappelons que notre pays demeure le 2ème donneur d'aide avec 10 milliards d'euros d'aide publique au développement (APD). A lui seul, notre pays représente 10% de l'APD et malgré la crise, Paris a augmenté - depuis 2007 - son APD de 20%.
Le Président a, en outre, annoncé lui-même, l'augmentation de 20% de la contribution française au Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour les trois prochaines années (2011 -- 2013).
Sur la question des financements des Objectifs du Millénaire, le Président a rappelé que la France avait joué un rôle pionnier pour trouver des modes de financements innovants. Il a, en outre, appelé les Nations Unies à franchir une étape importante en créant une taxe universelle sur les transactions financières, ouvrant par là-même, le vaste chantier attendu d’une nouvelle gouvernance internationale plus solidaire.
Comment peut-il en être autrement, alors que le Conseil de Sécurité de l’ONU actuel ne représentera qu’un sixième de la population mondiale en 2050 ?

Comment, en effet, peut-on priver de droit de parole des milliards d’habitants ?

Le cas du continent africain, est en lui un exemple hélas caricatural de cette « asymétrie » géopolitique. 80% des décisions qui sont traités au sein du Conseil de sécurité le concerne directement !
Le moment y est, du reste, propice :

Au moment où nous fêtons le 50ème anniversaire des indépendances africaines ;

Au moment où se structurent un certain nombre de projets diplomatiques d’envergure d’essence sub-régionale - autour notamment de l’espace méditerranéen ;

Au moment où le Président de la République à manifesté sa constante détermination et ferme volonté de faire entendre la voix européenne dans une même et unique direction ;

Au moment où l’Europe a vocation à s’inscrire dans de nouveaux partenariats stratégiques qui la rendrait nettement plus audible et crédible auprès des citoyens des Etats membres, en oeuvrant, autant à la cohésion de ses engagements transatlantiques que de son patrimoine historique et géographique eurasiatique.

Il convenait ainsi de rappeler que la France n’est jamais aussi attendue et entendue que quand elle sait trouver les mots justes, et parler avec un langage clair et audible, emprunt de Raison et d’Universalisme.

Reste désormais à démontrer l’urgente nécessité de sa mise en pratique concrète



Emmanuel DUPUY