Les Chroniques des membres de La Gauche Moderne

11 septembre, je me souviens - Chronique de Simon-Pierre Trezeguet

Publié le 11 Septembre 2012

Voilà 11 ans, un accident secouait new York. Quand le deuxième avion est apparu, tout le monde a su que l’horrible accident était en réalité un effroyable attentat. Les mots manquent pour décrire cette journée noire.

Je me souviens que ce jour-là, j’étais en voiture pour me rendre à un rendez-vous professionnel… à la Défense ! J’écoutais la radio, et les informations arrivaient en temps réel de façon troublante. La monstruosité de ce qui se passait se diffusait progressivement. L’effroi nous gagnait le cœur.

Arrivé sous la Grande Arche, je me demandais s’il était raisonnable de maintenir le rendez-vous. Je regardais le ciel à travers le bâtiment, scrutant le bleu et craignant d’y voir un point blanc qui grossirait. Les premiers mots avec mon interlocuteur furent pour évoquer l’événement. Il en avait entendu parler aussi. A l’époque, nous n’avions pas de portables qui nous relient au réseau à tout instant. Ce n’est que le soir, de retour à la maison, que je découvris enfin les images à la télévision. Je savais ce que j’allais voir, par la radio que j’avais écoutée en boucle au retour. Pourtant, le choc fut glaçant. Je ne comprenais pas ce que je voyais. Comment était-ce possible ? Le nombre de victimes, l’effondrement des tours, la violence et la soudaineté de l’attaque : comment, pourquoi, qui ?

Cet événement a marqué la fin de la guerre froide. Nous n’avons plus face à nous un camp ennemi, dont nous contenions les velléités militaires par un arsenal nucléaire dissuasif. Face à ces nouveaux ennemis, éclatés, dispersés, mais possédant un pouvoir de destruction et de mort sans commune mesure avec leur taille, nos ogives nucléaires sont bien inutiles. Le terrain de notre affrontement éventuel avec notre ennemi s’est déplacé. En réalité, il a disparu. Nous devons donc d’un côté protéger notre territoire et notre population comme nous ne le faisions pas (l’affaire Merah montre la difficulté de l’exercice) ; de l’autre, nous devons inventer un nouveau champ de bataille, où notre puissance économique et technologique nous permettra de reprendre l’avantage. Ce champ de bataille, ce sont les réseaux de télécommunication.

Nous n’avons pas fini de mesurer l’impact du 11 septembre sur notre stratégie de défense. Mais on peut déjà dire que nos futurs combats seront autour de l’information, et des moyens de transmission. Ce qui est valable contre les terroristes le sera aussi contre des rivaux plus conventionnels. Cyber défense, cyber guerre. Nos ennemis auraient beaucoup à perdre si leurs données, leurs transactions, leurs équipements passaient sous notre contrôle ou étaient détruits. Internet et les portables ont changé la façon dont nous percevons le monde et les informations. Cela changera aussi la façon dont nous ferons la guerre.


SP Trezeguet

11 septembre 2012