Publié le 04 Octobre 2010

Adresse à mes camarades de la dissidence

Chers camarades, chers amis,


Je souhaite vous réunir pour vous présenter un projet de mouvement de jeunes à La Gauche Moderne et vous proposer de constituer cette équipe, vaguement esquissée à plusieurs reprises sous forme de rassemblements informels.

Pourquoi ?

Je pense -pour le dire dans le registre du marketing personnalisé-, qu’une véritable opportunité s’offre à nous de nous engager d’abord intellectuellement, puis pour ceux qui le souhaitent, politiquement.
Nous faisons partie d’une génération qui a été privée de grands clivages structurants. Faut-il s’en plaindre ? Au moins les écueils de l’embrigadement de masse et du messianisme révolutionnaire nous auront-ils été épargnés. Mais c’est malheureusement souvent pour nous voir contaminés par l’idéologie diffuse du progressivisme ambiant, pour être livrés pieds et mains liés aux forces de l’air du temps crassement boboïsé. Parfois dans le cynisme individualiste du « après moi le déluge » et plus souvent dans l’arrivisme individuel maquillé de revendications vertuistes et de surenchères bien-pensantes.
Je ne vous promets bien évidemment pas la création d’un courant idéologique digne du communisme ou du fascisme, ni n’appelle au retour à quelque paradis perdu que ce soit. Mais je soutiens qu’il est possible de constituer un espace de réflexion politique singulier dans l’univers contemporain où la profusion masque la dilution. Réunissons-nous d’abord pour instituer un espace de concentration. Le chacun dans son coin n’est plus tenable, du moins si l’on ne veut ni subir, ni se résigner au chacun pour soi.

Pourquoi dans le giron de LGM ?

Parce que, simplement, nous pouvons ici nous mouvoir dans un environnement intellectuellement soutenable, dans un entre-deux non pas mou et par défaut, mais ferme et puissant. Je vous l’assure avec conviction : tout aussi improbable que cela puisse paraître à première vue - et peut-être justement pour cette raison –,  La Gauche Moderne occupe une place à part sur l’échiquier politique. Parce que le parti à besoin pour exister de faire entendre un son de cloche détonnant, parce qu’il rassemble des individus qui, par définition, ne se retrouvent pas dans les offres politiques habituelles, il est possible de lui faire adopter une posture originale. Tout reste encore à faire et cela a quelque chose de stimulant. LGM peut nous servir de véhicule pour occuper un créneau plus que valable et transporter quelques-unes de nos idées propres en contrebande…

Pourquoi la forme d’un mouvement politique de jeunes ?

Un mouvement de jeune constitue un formidable porte-voix et nous autorise toutefois certaines libertés  – denrée rare et précieuse en ces temps confinés –, si nous savons jouer serré. Si nous voulons porter un discours peu ou prou illicite, tout en nous baladant à l’air libre et peu vicié ; si nous voulons réfléchir sans être menacés par toutes les épées de Damoclès du politiquement correct, sans suivre à la lettre les Tables de la Loi Modernante, nous bénéficierons avec ce comité de jeunes d’une base arrière, d’un refuge.

De plus, si nous voulons exprimer nos positions, si nous avons des « revendications » à porter – c’est-à-dire des protestations constructives à faire tonner –, notre parole peut bénéficier d’une caisse de résonnance considérable du fait de la place stratégique que LGM occupe dans la Majorité. Non que nous soyons une force politique massive. Au contraire comparés à l’UMP nous sommes assez insignifiants en termes de militants. Mais LGM est un partenaire privilégié, au titre de seul représentant substantiel de l’ouverture et parti allié, membre de la Majorité et du ce fait du Comité de Liaison.

Pourquoi maintenant ?

A l’entame de la présidentielle 2012, il est stimulant de se mobiliser avec la certitude de pouvoir, si nous savons nous élever au niveau des enjeux, jouer un rôle insigne. Rôle qui sera moins proportionné à notre poids politique réel qu’à notre capacité à faire entendre une voix au « timbre inactuel », encore inaudible mais que nous rendrons sonore. La période qui s’ouvre dès à présent sera l’occasion d’une intense émulation, le prétexte pour élaborer une réflexion commune, profonde et insolite.

Ceux qui me connaissent ne sont pas sans savoir la place que j’assigne à la quête intellectuelle. Pour reprendre la formule d’un de nos coreligionnaires, la mort à commencé de vivre joyeusement une vie humaine. Il ne s’agit de rien de moins que de faire mourir la mort. Mener ce combat exige de prendre conscience des menaces environnantes. Pour cela il nous faut fourbir nos armes. Préparons la fronde de l’esprit contre l’inanité envahissante du monde actuel !

Pour ce qui est de la politique politicienne, du trotskisme de positions, de nos positionnements précis, et bien nous en parlerons de vive-voix. Je ne peux encore rien augurer de ce qui sortira de nos ferraillements à venir, mais je m’en réjouis d’avance.

Lundi 11 octobre 2010
-20h-
Comité de Liaison de la Majorité
216 Bd Saint Germain
Paris 6ème


Samuël Berthet
Responsable des Jeunes Gauche Moderne