L'actualité de l'Union

des Démocrates et indépendants

Publié le 23 Octobre 2012

Borloo lance l'UDI : c'est quoi ce nouveau parti

Le résumé :

Le paysage politique français compte désormais un nouveau parti : l'Union des démocrates et indépendants (UDI), qui se situe au centre droit, de Jean-Louis Borloo.

Dimanche 21 octobre, l'Assemblée constituante de l'UDI l'a officiellement élu président du parti. Plus de 3000 personnes avaient fait le déplacement pour assister à cet événement.

1. Une ambition : "l'UDF du XXIe siècle"

Après la présidentielle de 2002, l'UMP est née de la volonté de Jacques Chirac de mettre fin aux querelles entre le RPR, héritier du mouvement gaulliste, et l'UDF, créé en soutien au Président Valéry Giscard d'Estaing en 1978, qui rassemblait libéraux, centristes, et radicaux.

L'idée était aussi de créer un grand parti de droite et du centre droit face à la percée de Jean-Marie Le Pen, qualifié au second tour de la présidentielle.

Or, Jean-Louis Borloo veut faire de l'UDI "L'UDF du XXIe siècle".

Pour mieux asseoir son propos, le président de l'UDI avait convié, dimanche, Louis Giscard d'Estaing (le fils), maire de Chamalière (Puy-de-Dôme). Quant au père Valéry, 86 ans, il a exprimé son soutien pour l'UDI en message vidéo.

Autre figure historique de l'UDF, Simone Veil, 86 ans, avec qui Jean-Louis Borloo a fait son entrée avant de lui rendre hommage pour ses réformes en tant que ministre sous l'ère Giscard.

2. Qui compose ce parti ?

Une soixantaine de parlementaires centristes ont rejoint l'UDI.

Ils sont issus de sept mouvements centristes cofondateurs : le Parti radical, le Nouveau Centre, l'Alliance centriste, La Gauche moderne, Force européenne démocrate, Centre national des indépendants et paysans, et Territoires en mouvement.

La formation rassemble donc sous la même bannière Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean Arthuis (Alliance centriste), Jean-Marie Bockel (Gauche moderne), ou encore Jean-Christophe Lagarde (Force européenne démocrate).

L'ancien ministre de la Défense Hervé Morin garde intactes la structure et les finances propres de son parti Nouveau Centre. "Peut-être irons-nous un jour vers une fusion complète dans un parti unitaire", a-t-il cependant précisé.

Parmi les autres personnalités centristes présentes à la création  : le député Yves Jégo (Parti radical), le sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo, l'ancien ministre de l'Économie Thierry Breton et l'ex-présidente du Parlement européen Nicole Fontaine (1999-2002).

L'UDI revendique environ 50 000 adhérents. (À titre de comparaison,  l'UMP en a 264 137 et le PS, 173 486 pour l'année 2012).

3. Quels anciens ministres de Sarkozy ont rejoint l'UDI ?

Plusieurs ministres sarkozystes comme François Sauvadet, Maurice Leroy, Michel Mercier, Rama Yade ont rejoint les rangs de l'UDI.

La sénatrice UMP Chantal Jouanno, ancienne ministre des Sports de Nicolas Sarkozy, a créé la surprise, dimanche, en annonçant son ralliement à l'UDI.

4. Un parti de centre droit qui veut concurrencer l'UMP et le Modem

"L'UDI a vocation à constituer une coalition avec l'UMP. Et nous nous engageons dans un partenariat loyal" a lancé Jean-Louis Borloo lors du lancement officiel du parti, dimanche. "C'est une coalition gagnante mais nous serons les gagnants de cette coalition", a-t-il poursuivi. Le président de l'UDI entend même, à terme, faire de son parti "le premier parti de France".

"Nous sommes à droite, mais une droite modérée, différente de l'UMP... ", a précisé Rama Yade, également membre de l'UDI.

L'idée est aussi de concurrencer le Modem de France Bayrou, en difficulté, et de tenter de prendre le leadership au centre.

5. Les réserves de l'UMP et du Modem

A l'UMP :

Issu du RPR, Brice Hortefeux se méfie de l'UDI. "Par tempérament, dit-il dans Le Journal du dimanche, je préfère les démarches qui construisent l'union plutôt que les initiatives qui aboutissent à la dispersion."

Jean-François Copé a montré de son côté sa vive opposition au nouveau parti : "Je ferai tout ce que je peux pour qu'on épargne aux millions de Français de droite et de centre droit l'horreur qu'a constitué autrefois le RPR et l'UDF, c'est à dire... ces luttes fratricides."

Au Modem :

Le président du Modem François Bayrou voit d'un très mauvais oeil ce parti concurrent : "L'idée que en 2012, on réinvente ou qu'on fasse repartir la guerre des trois droites (Front national, UMP, UDI) (...) c'est à des années lumières de ce qu'est aujourd'hui l'angoisse, l'inquiétude et au fond l'intérêt du pays.".

"La grande différence entre cette démarche de Jean-Louis Borloo et la mienne, c'est que je ne crois pas que le centre puisse se résumer à la droite" a-t-il ajouté.

6. Un tremplin personnel pour Borloo ?

Les prochains rendez-vous électoraux sont en 2014 avec les européennes et les municipales. Elles seront pour la nouvelle UDI un premier test.

L'UDI pourrait être aussi une machine de guerre pour l'une ou l'autre des ambitions que l'on prête à Jean-Louis Borloo : s'emparer de la mairie de Paris en 2014 et /ou être candidat à la présidentielle de 2017.

Retrouvez cet article paru le 22 octobre 2012 sur le site http://www.ladepeche.fr