L'actualité de l'Union

des Démocrates et indépendants

Publié le 19 Octobre 2012

Avec l'UDI, Borloo fait le pari d'un parti de centre droit incontournable

Jean-Louis Borloo tiendra dimanche l'assemblée constituante de son nouveau parti, l'UDI. Une UDF nouvelle formule qu'il ambitionne de hisser au premier plan de l'opposition.

Le contraste est saisissant. Le 2 octobre 2011, Jean-Louis Borloo renonçait à briguer l'Elysée. Au grand dam de ses troupes. Un an plus tard, l'ancien ministre de l'Ecologie est en passe de réussir ce qui a déjà maintes fois échoué : créer un nouveau parti qui parvienne à fédérer les diverses chapelles de la famille du centre droit. Ce dimanche, Jean-Louis Borloo va porter sur les fonts baptismaux à Paris l'Union des démocrates et des indépendants (UDI).

« C'est un nouveau cycle », « la refondation d'une famille », avait lancé l'ancien maire de Valenciennes en annonçant en septembre la naissance de l'UDI. Outre le Parti radical, que Jean-Louis Borloo préside, l'UDI réunit le Nouveau Centre d‘Hervé Morin, l'Alliance centriste de Jean Arthuis, la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel et Force européenne démocrate de Jean-Christophe Lagarde. Chacun a, pour l'instant, mis de côté les querelles d'ego, la prochaine présidentielle étant encore loin.
Eviter les erreurs de l'UDF

L'ambition affichée par Jean-Louis Borloo n'est rien moins que de « devenir la première formation politique du pays, indépendante, mais dans une coalition claire avec la droite républicaine ». Exit, donc, la stratégie du Modem de François Bayrou : l'UDI s'amarre clairement à droite. Exit, aussi, assure-t-on chez les fondateurs, les « erreurs du système UDF, avec un parti, une voix. Là, ce sera un homme, une voix et l'UDI aura un programme commun et donnera les investitures ». Cette ambition passe par la mise en place « d'une opposition constructive », avec un Jean-Louis Borloo qui a constitué dès juin à l'Assemblée un groupe UDI de 29 députés (son pendant au Sénat est l'UDI-UC) et fait des interventions remarquées. Signe d'une opposition différente de l'UMP, l'UDI a fini par voter les emplois d'avenir, non sans avoir poussé à plus de formation.

Sur le fond, l'UDI affiche pour priorités dans son pacte fondateur - signé par 300 parlementaires et élus -la refondation d'une « Europe plus intégrée et fédérée », un choc de compétitivité par des allégements de charges, une « économie libérée des carcans », un « Etat plus économe, une décentralisation maîtrisée et une réelle maîtrise des comptes », mais aussi « une écologie responsable » et « une nouvelle ambition de cohésion sociale ». « Nous devons reprendre le flambeau européen. On ne sortira de la crise qu'avec une Europe politique et en repensant notre modèle économique », insiste Jean-Christophe Lagarde. Le projet de l'UDI sera présenté au congrès du parti au printemps 2013. Et un « shadow cabinet » doit aussi voir le jour.

Bien que l'on se défende à l'UDI de regarder de près la bataille interne à l'UMP, on mise tout de même sur le fait que la droitisation de ses ténors apportera du monde au centre droit. Et si ce n'est du côté des élus - « il sera difficile à des parlementaires de franchir le Rubicon », estime un ancien ministre UMP -, du moins du côté des électeurs. Car, à l'UDI, on mise pour asseoir la formation sur les européennes mais aussi sur les municipales, en espérant, dans les pas de l'UDF, « redevenir la principale force territoriale » dans les régions - l'Ouest, le Nord, etc. -où l'UMP est à la peine.


Retrouvez cet article d'isabelle FICEK paru le 19 octobre 2012 sur le site www.lesechos.fr