Une intervention en Libye ? Avec qui, avec quels objectifs et quels moyens ?

Communiqué

 

Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin, ancien ministre, a interpellé ce jour le ministre des Affaires étrangères sur la situation en Libye : « Alors que cette crise est aux confins de la politique, de la défense et de la diplomatie, comment la France peut-elle initier ou participer à une intervention en Libye ? Avec qui, avec quels objectifs et avec quels moyens ? »

Pour le sénateur, la question libyenne est plus que jamais préoccupante : « Cela fait près d’un an que les djihadistes ont pris Syrte. Sur place la situation de la population locale est dramatique. La menace, réelle et imminente, se diffuse à l’ensemble de la Libye ».

« Nous ne pouvons laisser prospérer un sanctuaire terroriste à quelques centaines de kilomètres des côtes européennes sans laisser courir à nos populations un risque majeur » s’alarme le sénateur citant « les flots immenses de réfugiés qui peuvent charrier des djihadistes infiltrés. C’est une menace pour la France et pour tous les pays méditerranéens, je pense notamment à l’Italie. C’est également une menace pour l’ensemble de l’Afrique qui a déjà fort à faire avec l’AQMI et Boko Haram ».

Jean-Marie Bockel souligne dans ce contexte l’importance de l’opération Sophia en mer méditerranée. Mais pour lui, cette opération a des limites sans une intervention directe sur place en Libye : « la question d’une intervention militaire, aérienne et au sol est donc clairement posée, sous l’égide de l’ONU, voire d’alliés européens dont la France et l’Italie dans le cadre de l’OTAN, bien que depuis Rome, Laurent Fabius laisse entendre que « cette perspective n’est pas d’actualité ».

Pour Jean-Marie Bockel, engager la France sur un nouveau front pose la question de nos moyens opérationnels actuels, dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire et du budget 2016.

« Devant une menace aussi imminente Monsieur le Ministre, il est fondamental que la représentation nationale puisse avoir le regard le plus clair possible. Le ministre de la Défense parle d’urgence politique mais sait que cette intervention est inéluctable. Serons-nous prêts le moment venu ? Je n’en suis pas sûr. » conclut Jean-Marie Bockel.