Sécurité sociale et économies : « Il faut sauver le soldat sécu »

Communiqué de Brigitte MAUROY, Secrétaire Nationale à l’autonomie, au Handicap et aux personnes âgées

 

Il y a urgence à proposer des réformes de fond pour contenir les dépenses de santé et sauver la Sécurité Sociale, dispositif républicain garantissant la démocratie. Il est nécessaire de mettre à jour les gisements d’économies considérables qui existent, sans compromettre la qualité des soins ni l’égalité d’accès au système de santé. Rembourser les dettes de la Sécurité Sociale ne modifiera pas le déficit structurel, qui impose des réformes.

Les 4 branches de la Sécurité Sociale n’ont pas la même problématique :

l'assurance vieillesse a connu un déséquilibre provoqué par l’allongement de la durée de vie en retraite ; il a été pratiquement résolu ; mais le financement de la dépendance nécessitera des fonds supplémentaires.

la branche famille était équilibrée, mais elle s’est vue couper les vivres il y a 5 ans ; cette branche est victime depuis quelques années de la manipulation de ses recettes.

la branche AT-MP (accident du travail-maladie professionnelle) est une spécificité française, en ce qu’elle prend en charge le petit risque, ce qui n'existe pas dans les autres pays européens.

l’assurance maladie est la branche sur laquelle doivent porter les réformes structurelles.

L'assurance-maladie a été plaquée sur un système de santé qui, justement, ne mérite pas de s'appeler système. La Sécurité Sociale est une idée généreuse magnifiquement appliquée pendant plus de 30 ans d'expansion économique. Le système de répartition devient difficilement applicable dès lors que notre société compte 25 % d'actifs. Il faut donc proposer aujourd'hui, pour la préserver, des aménagements permettant de garder au moins le principe d'égalité aux soins.

Le Parti Radical propose :

  • de scinder la Sécurité Sociale pour rattacher ses branches à trois ministères, permettant ainsi de créer :
  • un pôle famille,
  • un pôle personnes âgées-handicap-dépendance
  • et un pôle santé (maladie et accident du travail) ;
  • de transférer les soins dentaires et optiques aux mutuelles en leur permettant d'identifier le soin ; c'est le seul secteur dans lequel le rôle des acteurs privés dans le financement des dépenses doit s'accroître ;
  • de réorganiser les structures d'urgence, en y adossant des maisons de soins chargées de régler les problèmes médico-sociaux qui ne relèvent pas de l'urgence
  • de poursuivre l'organisation du parcours de soins et de compléter le dossier médical informatisé ;
  • d'organiser la santé des jeunes ;
  • de réorganiser l'accès aux équipements lourds ;
  • de réduire l'inégalité entre les zones urbaines et les zones rurales.

Il faut enfin faire un choix politique courageux et définir :

  • qui a droit à l'accès aux soins en France,
  • et ce qui justifie ou non un remboursement par la sécurité sociale