Sarkozy : ne pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres»

A une semaine du second tour, Nicolas Sarkozy a théorisé dimanche à Toulouse son discours controversé sur l'immigration et l'identité nationale en célébrant la Nation et les frontières, tout en prenant soin d'affirmer qu'il ne fallait pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres».

Dans un discours écrit par Henri Guaino, et retransmis au même moment dans plusieurs réunions de l'UMP en France, le président-candidat s'est appliqué pendant une heure à donner de la hauteur à sa stratégie de reconquête des quelque 6,5 millions d'électeurs qui se sont prononcés pour Marine Le Pen le 22 avril en exaltant le «sentiment national» et la «fierté» d'être français

«Je ne veux pas laisser la France se diluer dans la mondialisation, voilà le message central du premier tour», a-t-il résumé devant des milliers de partisans (12.000 selon l'UMP), «l'Europe a trop laissé s'affaiblir la Nation (...) les pays qui gagnent aujourd'hui, c'est les pays qui croient dans l'esprit national».

VIDEO. A Toulouse, Sarkozy fait l'éloge de la Nation et des frontières

 

Revivez le meeting de Nicolas Sarkozy :


15h22. Copé aux militants UMP : «Ne lâchez rien.» Alors qu'il anime un meeting à Marcq-en-Baroeul à l'occasion de «la réunion publique multidiffusée» de Nicolas Sarkozy à Toulouse, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé lance aux militants : «Ne lâchez rien. Continuez à vous mobiliser jusqu'à la dernière seconde. Mon intuition est que nous allons gagner.» Après une longue diatribe contre François Hollande et ses alliés, il lance : «Il va nous appartenir toute la semaine de faire la différence.» Le secrétaire général de l'UMP défend par ailleurs «l'honneur» de sa famille politique de n'avoir «jamais accepté aucune alliance avec l'extrême-droite».

15h31. Xavier Bertrand y croit aussi. «Cette élection, elle n'est pas jouée», assure le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui parle depuis Orléans à l'occasion de la «réunion publique multidiffusée» de Nicolas Sarkozy à Toulouse. «Je préfère les drapeaux bleu-blanc-rouge des Jeunes populaires aux drapeaux rouges de M. Mélenchon», avait-il lancé peu avant.

15h41. Sarkozy, «une chance pour la France», selon Bockel. «Je suis un homme de gauche, je le resterai toute ma vie. Mais si je suis devant vous, c'est parce que j'ai choisi, moi, homme de gauche, de voter Sarkozy», lance Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne au meeting de Nicolas Sarkozy à Toulouse. Sarkozy, «un homme qui a déchaîné contre lui des haines viscérales mais un homme qui est pour la relève du pays, une chance pour la France»,déclare-t-il. Et l'ancien socialiste de se lancer dans une critique de François Hollande qui «n'a pas l'art de la décision, le goût de l'audace et du risque».

15h50. Après Bockel, au tour d'Allègre de prendre la parole au meeting de Sarkozy. L'ancien ministre socialiste, rallié à Nicolas Sarkozy, est à Toulouse pour soutenir le candidat de l'UMP. «Qui a permis d'éviter le désastre bancaire? Nicolas Sarkozy, se félicite Claude Allègre. Qui a été en Amérique convaincre le président Bush de créer le G20? Nicolas Sarkozy. Qui a amorcé la construction d'une nouvelle Europe? Nicolas Sarkozy. Et j'ajoute que je crois que le général de Gaulle aurait été fier de ce qu'a fait Nicolas Sarkozy.»

16h03. Sarkozy : «Je salue le peuple de France !» Arrivé sur scène, à Toulouse, pour son meeting multidiffusé, Nicolas Sarkozy lance : «Je salue Toulouse! Je salue Metz. Je salue Lyon. Je salue Marcq-en-Baroeul. Je salue Orléans. Je salue Rennes. Je salue Limoges. Je salue le peuple de France!» Face à un salle acquise à sa cause, le président-candidat dramatise l'instant, évoquant «ces moments de l'histoire où tout se décide en quelques jours». «La France ne peut pas manquer ce rendez-vous avec l'histoire, la France n'a pas le droit à l'erreur», lance-t-il.

16h05. Sarkozy à ses militants : « Vous êtes extraordinaires.» Interrompu par les vivas de la foule - «Nicolas! Nicolas! Nicolas!» - le président-candidat s'exclame à Toulouse : «Vous êtes indécourageables! Vous êtes extraordinaires!» Et Nicolas Sarkozy de fustiger «les experts, ceux qui savent tout et ne connaissent rien» : «Que tous les observateurs regardent le peuple de France», lance-t-il en montrant la foule de ses militants. «Cette élection est sans doute la première véritable élection présidentielle du XXIe siècle», poursuit-il.

16h18. Sarkozy ne veut «pas laisser la France se diluer dans la mondialisation». «Comment ferons-nous si plus personne n'est fier d'être Français? s'interroge le candidat de l'UMP en meeting à Toulouse. Dans les cinq années qui viennent, je ne veux pas laisser la France se diluer dans la mondialisation. Voilà le message central des électeurs au premier tour.» Et de poursuivre en assurant : «Je ne me résignerai jamais à l'aplatissement du monde.» A Toulouse, Nicolas Sarkozy déclare qu'il n'acceptera pas «qu'il n'y ait plus aucune différence entre être Français et ne pas l'être». «Je déteste le racisme, je hais l'homophobie (...), précise-t-il. Mais je demande qu'on ne fasse pas cet amalgame, ce racisme à ceux qui aiment la France.» Provoquant des huées dans la salle, il se met à fustiger «cette gauche insupportable donnant des leçons de morale».

16h25. Sarkozy défend les «frontières». «Aujourd'hui, on voudrait séparer le droit de vote de la nationalité, c'est le contraire de l'ordre républicain», dénonce Nicolas Sarkozy à Toulouse, se référant ainsi à la proposition de son rival socialiste d'accorder le droit de vote aux étrangers aux élections municipales. «La frontière, c'est ce qui distingue le dedans, du dehors, poursuit Nicolas Sarkozy citant alors... Régis Debray. Sans frontière, sans cadastre, il n'y a pas d'intimité. La frontière, c'est l'affirmation que tout ne se vaut pas. Qu'entre le dedans et le dehors, ce n'est pas la même chose. Qu'entre nous et les autres, il y a une différence.» Le président-candidat insiste : «Tracer une frontière, ce n'est rien d'autre que le long travail de la civilisation.»

16h27. Sarkozy sur son discours : «C'est tellement personnel.» Nicolas Sarkozy fait mine d'être soulagé que son public réagisse à son discours «tellement personnel». «Dire ce que l'on a dans l'âme, dire ce que l'on a dans le coeur (…) Voilà ce que je suis venu vous faire partager», lance-t-il, déclenchant des hourras dans la salle.

16h36. Sarkozy veut «remettre les frontières au centre du débat». «Mon projet c'est de remettre les frontières au centre du débat politique», lance le président-candidat qui «imagine déjà le procès en sorcellerie». Mais, tacle-t-il, «ce sont les Staliniens du XXIe siècle. Ils n'ont plus de rêve, ils n'ont plus d'idéal. Ils n'ont que les défauts». «Ma conviction absolue, c'est que la France doit rester un pays ouvert, poursuit-il. Je ne veux pas que la France s'isole.» Mais, affirme Nicolas Sarkozy, «je veux des frontières respectées, des frontières défendues, des frontières qui permettent d'assurer la maîtrise de l'immigration et de lutter contre l'évasion fiscale que nous ne supportons plus».

16h37. Sarkozy : ne pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres». Nicolas Sarkozy accuse «la pensée unique, le système, notamment le système médiatique» d'avoir «confondu le sentiment national, qui est hautement respectable, avec le nationalisme qui est une idéologie profondément dangereuse». Mais il demande de ne pas confondre «l'amour de sa patrie avec la haine des autres», qui est un «sentiment détestable», une façon de se démarquer du Front national.

16h39. Sarkozy parle immigration. Constatant que «le système d'intégration ne fonctionne plus», le président-candidat se «fixe un objectif» : «Que nous accueillons bien ceux que nous accueillons, mais que nous divisions par deux le nombre de ceux que nous accueillons.» «Je veux que celui qui vient s'installer en France connaisse le Français et les valeurs de la République», avait-il expliqué quelques instants plus tôt.

16h46. Sarkozy : «Nos idées sont les seules que veut entendre le peuple de France !» A ses militants qui scandent «On va gagner! On va gagner!», Nicolas Sarkozy répond : «Eh oui, parce que nos idées sont les seules que veut entendre le peuple de France!» Et de dénoncer le programme de son rival socialiste qui «n'est pas un programme de croissance, mais un programme de récession».

16h51. Sarkozy pointe à nouveau les exemples grecs et espagnols. Moquant son rival socialiste, François Hollande, qui s'est rendu à Madrid au lendemain de sa victoire à la primaire PS, Nicolas Sarkozy lance : «J'aimerais savoir si M. Hollande entend poursuivre la même politique qui a fait tant de succès en Espagne?» Et de conclure : «La Grèce ou l'Espagne? Non merci.»

17 heures. Sarkozy : «Il s'agit, le 6 mai, de faire gagner la France.» «Il ne s'agit pas de faire gagner la droite. Il s'agit, le 6 mai, de faire gagner la France», lance Nicolas Sarkozy avant de rendre hommage aux personnalités présentes à Toulouse : les ex-socialistes, Jean-Marie Bockel et Claude Allègre, la radicale, Rama Yade, Christine Boutin ou encore Michèle Alliot-Marie. «C'est ensemble que nous allons construire le rassemblement immense du 6 mai», conclut-il avant de fustiger une dernière fois François Hollande qui défilera le 1er mai «derrière les drapeaux rouges de la CGT» alors que le bleu-blanc-rouge, c'est «vive la France et vive la République». Le dernier mot du président-candidat va à son épouse, Carla, assise au premier rang : «Je voudrais dire à Carla qu'elle a bien fait de venir ici à Toulouse avec nous!»

Retrouvez cet article paru le 29 avril 2012 sur www.leparisien.fr