Rama Yade soutient Djamel Keriche à Chambéry

A chambéry Rama Yade vient parier sur la carte jeunesse

Les langues se délient. Et Rama Yade s’en nourrit. « Elle s’exprime la souffrance sociale des jeunes au quotidien, quand on veut bien l’écouter ». La plus jeune ancienne ministre (35 ans) fait face aux jeunes du quartier de Chambéry-le-Haut, dans ce canton Nord où elle est venue soutenir un autre « jeune de la politique », Djamel Kerriche, candidat pour L’union Pour la Savoie (UMP, divers droite).
Elle va organiser un “Grenelle de la jeunesse” à la rentrée

Mais avant d’en faire (de la politique) en réunion publique, l’ancienne Secrétaire d’État aux Droits de l’Homme, puis aux Sports, veut parler à bâtons rompus dans l’espace qu’elle s’est créé : un “tour de France de la jeunesse”. Via ces échanges, elle remplit un « carnet de doléances » (c’est « La voix des jeunes ») qu’elle entend bien déballer lors d’un “Grenelle de la Jeunesse” qu’elle organisera sans doute à la rentrée prochaine. « Les problématiques de jeunesse, il y a beaucoup à dire et on n’en fait pas assez. Cela doit être un débat central de la future présidentielle. Assez de passer à côté. » La politique”rebelle” craint ce qu’elle voit : comment fabriquer un avenir au pays avec une jeunesse qui n’y croit plus, s’interroge-t-elle.
« Ils t’ont désorienté, en fait »

Après avoir écrit ”Lettre à la jeunesse”, livre sorti en octobre, la nouvelle membre du parti Radical (de Jean-Louis Borloo), vient entendre cette jeunesse sortir cette colère larvée en province. Comme hier , aux côtés de Djamel Kerriche, au centre socio-culturel des Combes, face à une cinquantaine. de jeunes du canton.


Au début, on entend des “c’est du bla bla”bruisser de la salle. Puis les parcours difficiles, trempés dans un bain d’incompréhension plus que de haine, se déroulent comme un tapis rouge de déceptions. « Mais on ne baisse pas les bras, sinon, on ne serait pas là aujourd’hui ! », lâche un jeune qui a une association d’insertion. « Il ne faut pas les assister, les jeunes, arrêtons avec les éducateurs, ça les catalogue. Mais les patrons doivent aussi changer de mentalité, plus croire en eux. C’est un chantier ! »
« On est des kleenex »

La faute aussi à la discrimination ? Tous ne la portent pas en étendard de leurs difficultés, mais elle est latente dans leur esprit. Il y a Mourad, à qui on a donné une orientation loin de ses aspirations. Et de ses capacités… « Je voulais faire de la compta’, j’aime les chiffres, j’avais des bonnes notes en maths. Il y avait des places en BEP, mais on m’a envoyé faire autre chose au lycée Sainte-Anne à La Motte-Servolex. Ce n’est pas une mauvaise école, mais pour la plomberie ou l’électricité, pas pour la comptabilité. En fait, « ils t’ont “dés-orienté” ! », résume, comme un trait de malaise, Mohammed qui en veut à la politique du gouvernement. « Ils m’ont surtout découragé de l’école », assume Mourad. Il l’a quitté à 17 ans.

Et puis, il y a Sami, bachelier à qui « les professeurs ont conseillé de faire “énergétique” car c’était un domaine recherché, un métier soit disant d’avenir. Sauf que, en bout de chaîne… J’ai des diplômes, mais ils ne me servent à rien. Depuis que je suis sorti de l’école, on ne me propose que des ménages ou de l’intérim » Alors, il galère et s’en désole… « On est des kleenex., c’est dur ».

Retrouvez cet article paru le 12 février sur le dauphine.com