La refondation du centre fait étape à Mulhouse

Rencontres nationales de la Gauche Moderne samedi à la Fonderie
La refondation du Centre fait étape à Mulhouse

La Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel accueille samedi J.-L. Borloo (Parti Radical), Jean-Marie Vanlerenberghe (Modem), et peut être Hervé Morin (Nouveau Centre) dans le cadre de la reconstruction nationale d’une force centriste pouvant peser sur les débats.

MULHOUSE VILLE ÉTAPE... DE LA RECONSTRUCTION du Centre. Samedi La Gauche Moderne (L.G.M.) organisera ses Rencontres annuelles à la Fonderie et tiendra un conseil politique national qui devrait, après la redistribution des cartes issue de la victoire de François Hollande à la Présidentielle, acter son engagement dans le projet de refondation du centre. Pour la formation politique de centre gauche, « ou sociale libérale » créée par Jean-Marie Bockel lors de son entrée dans la Sarkozie, les enjeux sont multiples.
National d’abord. Le rapprochement en cours des centres est en quelque sorte la partie remise de l’échec en 2010 de l’Alliance Républicaine Écologiste et Sociale (Ares) lancée par Borloo et Morin et à laquelle L.G.M. s’était associée. « Le contexte a complètement changé, la compétition présidentielle est passée et on peut aujourd’hui sereinement s’engager dans une démarche de recomposition politique du centre, du centre gauche au centre droit », analyse  Jean-Marie Bockel. « Le débat politique ne se résume pas à un tête à tête entre le P.S. — travaillé par la gauche radicale, et l’U.M.P. — travaillée par ses courants, avec les extrêmes en embuscades qui peuvent en profiter. Nous voulons redonner sa chance à une formation centriste importante qui fera valoir ses valeurs humanistes et sociales. »Le premier pas en a été la création après les législatives de l’Union Démocratique Humaniste et Indépendante (U.D.I.), le groupe centriste de l’assemblée nationale regroupant 28 députés du Parti Radical, du Nouveau Centre, et de l’Alliance Centriste. L’aboutissement devrait en être fin octobre la création d’une nouvelle force politique française issue de l’U.D.I. « On regroupe les différentes formations centristes existantes sans les faire disparaître, avec une intégration plus forte que la confédération très souple qu’était l’ARES », se réjouit Jean-Marie Bockel. « Nous pourrons à l’intérieur, donc en gardant notre identité, faire avancer nos propositions, dont la “fléxisécurité“ ».

« Si nous créons une nouvelle dynamique »
Mais tout n’est pas encore décanté dans la marmite centriste, à commencer par la position du Modem de François Bayrou qui reste pour l’heure a l’écart de la démarche. « La porte est ouverte, souligne Jean-Marie Bockel. D’ailleurs Jean-Marie Vanlerenberghe le porte-parole de Bayrou (avec lequel j’ai déjeuné fin août à sa demande) sera à Mulhouse samedi ». Mais l’invité de marque de ces Rencontres sera Jean-Louis Borloo, avec lequel Jean-Marie Bockel entretient de longue date une relation de proximité. Le président du P.R. prononcera un discours qui, affirme J.M. Bockel, marquera une étape supplémentaire vers la construction de l’U.D.I. Le député Francis Hillmeyer (en l’absence d’Hervé Morin) représentera le Nouveau Centre.

Survie politique
Pour L.G.M., l’enjeu est aussi celui de sa survie politique, et de celle de son leader mulhousien qui croit toujours en son étoile nationale. La formation, portée en 2007-2008 par l’ouverture a ensuite traversé une période de désenchantement militant puis une crise interne lorsqu’il s’est agi de choisir quel candidat soutenir à la Présidentielle.
« 70 % se sont prononcés pour Sarkozy, 30 % ont fait un autre choix.Etilyaeu,enmême temps, une démarche dissidente de gens qui ont quitté LGM. Mais ils sont très peu nombreux », affirme-t-il.
La page de l’ouverture tournée, la petite formation, bien qu’« estimée et respectée » ne peut se permettre de vivre seule. “Fléxisécurité“ bien ordonnée commence par soi-même. « Après les Présidentielles, il y aurait eu un risque mortel à rester dans l’isolement », concède  Jean-Marie Bockel. « Je fais le pari, que si nous créons une nouvelle dynamique avec l’U.D.I. on peut retrouver nos 2000 adhérents. Et le nom La Gauche Moderne, dont on a un moment pensé changer, reprendra tout son sens. »
Dernier enjeu enfin, le local, avec en filigrane les élections municipales de 2014, même si, se défend Jean-Marie Bockel, « cette question est hors sujet par rapport aux Rencontres de samedi »