La mise en place de l'Alliance Républicaine Ecologiste et Sociale

Les dirigeants des mouvements Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, Parti radical de Jean-Louis Borloo, Nouveau Centre de Hervé Morin et Convention démocrate d'Hervé de Charette réunis dans une nouvelle alliance centriste ont installé mardi la direction collégiale de l'Alliance républicaine, écologique et sociale (Ares), avec pour perspective la présentation d'un candidat à la présidentielle 2012 contre l'avis de l'Elysée.

"Cette alliance a vocation à élargir considérablement la majorité sur son aile sociale, républicaine, européenne et écologique", a déclaré à la presse l'ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, qui fait figure de favori pour incarner cette candidature.

Réunissant le Nouveau Centre (NC) d'Hervé Morin, le Parti radical de Jean-Louis Borloo, la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel et la Convention démocrate d'Hervé de Charette, l'Alliance républicaine, écologique et sociale (Ares) fera ses premiers pas avec la présentation de candidats communs aux sénatoriales de l'automne.

Elle aura tenu auparavant le 10 septembre son université d'été.

"Notre pays a besoin de diversité : les enjeux qui sont devant nous dans la décennie qui vient ne peuvent être monolithiques dans le cadre d'une seule formation politique, l'UMP, qui prétendrait pouvoir représenter toute la diversité" de la majorité, a indiqué Jean-Louis Borloo.

Interrogé mardi matin sur Europe 1, l'ancien ministre avait reconnu subir "des pressions" pour le dissuader d'être candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy et l'UMP estimant qu'une multiplication des candidatures de droite au premier tour compromettrait les chances du président sortant d'accéder au second.

"Les menaces et les pressions n'ont jamais empêché les idées d'avancer", a-t-il dit à l'issue de la réunion de la direction de l'Ares.

"On se bat pour des valeurs, on ne se bat pas pour des postes", a-t-il ajouté en évoquant les rumeurs de débauchage de personnalités centristes dont les noms circulent pour une entrée au gouvernement à la faveur d'un prochain remaniement.

"Je respecte l'UMP, je respecte le président de la République, je demande simplement un respect équivalent", a-t-il encore déclaré sur Europe 1.

L'Alliance choisira cet automne son candidat pour 2012, Jean-Louis Borloo, s'il confirme ses intentions, partant grand favori face à l'ancien ministre de la Défense Hervé Morin.

Ce dernier a fait entendre sa différence par rapport au président du Parti radical, qui se disait prêt la semaine passée à "réfléchir à l'avenir" avec l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, lui aussi candidat potentiel à la présidentielle.

"Je pense qu'on a plus de choses en commun avec (le candidat à la primaire écologiste) Nicolas Hulot qu'avec Dominique de Villepin", a-t-il dit à des journalistes, en présentant l'ancien chef du dernier gouvernement de Jacques Chirac comme "un jacobin maurassien".

Le président du NC a estimé que les centristes n'avaient "rien à gagner" d'un rapprochement avec l'intéressé qui troublerait leur "message", ajoutant : "Maintenant, ça ne nous empêche pas de discuter avec lui."
Par Reuters

Retrouvez cet article paru le 14 juin 2011 sur www.lexpress.fr