La Gauche moderne prête à s’unir au centre

Jean-Marie Bockel et ses amis de la Gauche moderne se retrouveront samedi à Mulhouse pour prendre date. En présence, une nouvelle fois, du président du Parti radical, Jean-Louis Borloo.

Ils ont incarné l’ouverture sous Nicolas Sarkozy, lorsque Jean-Marie Bockel a été ministre. Puis ont pu témoigner de la politique de repli de Nicolas Sarkozy, lorsque l’ancien maire de Mulhouse – et quelques autres – ont été remerciés. Cinq ans après le lancement de la Gauche moderne, ses militants se retrouvent devant un nouveau choix.

« Nous devons trouver notre place. Sans rester dans une espèce d’isolement, tout en conservant notre spécificité », relève Jean-Marie Bockel, président de La Gauche moderne, qui assure que son parti a bien surmonté l’écueil de la présidentielle. Si lui-même a soutenu Nicolas Sarkozy sans se ménager, d’autres, notamment à Mulhouse, ont voté pour François Hollande. « Le rapport était de 70 % à 30 % », estime-t-il. Mais la situation est « aujourd’hui apaisée »… Quelques-uns aussi de ses amis ont quitté le jeune mouvement.

Après l’échec du président sortant, Jean-Marie Bockel s’est interrogé sur le positionnement de sa formation, envisageant même d’en changer de nom. Puis il a observé Jean-Louis Borloo – avec qui il avait participé à la démarche de l’Alliance républicaine, écologiste et sociale qui n’a pas résisté aux ambitions des uns et des autres – créer son groupe, l’Union des indépendants, à l’Assemblée nationale. Plutôt sceptique. Avant de reconnaître qu’ « une dynamique s’est enclenchée ».

Dès lors Jean-Marie Bockel en a déduit, sauf à rester au bord du chemin, que « si un mouvement centriste se crée », lui et ses amis « incarneront le centre-gauche ». Sans changer de nom. « La France doit être gouvernée au centre, pas un centre mou, mais un centre très clairement européen, humaniste et social, qui donne ses chances à l’économie et à l’emploi », assure-t-il. Pour lui, le paysage politique ne doit pas se limiter d’un côté à « une majorité socialiste alliée aux Verts, travaillée en interne et en externe par la gauche radicale », et d’un autre côté à l’UMP.

« Mais nous ne sommes pas la droite décomplexée », observe-t-il – allusion à Jean-François Copé – en se disant persuadé que « l’UMP n’occupe pas tout l’espace politique français de la droite au centre », même s’il y a en son sein « des centristes avec qui le futur centre sera amené à dialoguer »…

Il n’y a cependant pas d’ambiguïté sur le positionnement de ce centre en devenir, ni sur celui de la Gauche moderne. « Nous sommes clairement dans l’opposition, ce qui ne nous empêchera pas de voter certains textes de la majorité. Quand Manuel Valls va dans notre sens, je le salue. Quand Hollande ferme Fessenheim, j’exprime mon désaccord… » Jean-Marie Bockel se réjouit aussi que le nouveau président ait parlé de « flexisécurité » pour réduire le chômage, une de « ses marques de fabrique »…

L’échec de l’Alliance – dont faisait partie aussi le président du Nouveau centre, Hervé Morin – a montré qu’il faut « aller plus loin qu’une confédération, sans que les formations disparaissent ». On n’imagine pas le « vieux » Parti radical se saborder… Mais Morin – avec qui subsistent certaines tensions – devrait être intégré à cette confédération des centres. Quant à François Bayrou – que Bockel a rencontré cet été à sa demande – il est « dans une optique différente ».

« Si on réussit à créer un centre fort en France, ce sera un plus pour l’ensemble de l’opposition », soutient-il, ajoutant que cette démarche se construit par étapes. Et « les Rencontres de la Gauche moderne à Mulhouse constituent une de ces étapes ». Jean-Louis Borloo, plutôt discret ces temps-ci, sera présent dans l’après-midi, tout comme d’autres représentants de l’UDI, et notamment l’ancienne ministre Rama Yade. Mais, prétend Jean-Marie Bockel, « le jour où Borloo parlera, il frappera un grand coup ». Ce sera plus tard, sans doute en octobre.

Retrouvez cet article de Yolande Baldeweck paru le 16 septembre 2012 sur le site  www.lalsace.fr