Jean-Marie Bockel prône le développement des prisons ouvertes

(AFP) – Vendredi 28 janvier 2011

PARIS — Le sénateur Jean-Marie Bockel, président du mouvement de la Gauche Moderne, a préconisé vendredi le développement des "prisons ouvertes" pour permettre un meilleur taux d'exécution des peines, sujet sur lequel l'Elysée a confié une mission au député UMP Eric Ciotti.

M. Bockel avait déjà proposé cette solution en mars 2010 lorsqu'il était secrétaire d'Etat à la Justice.

S'agissant du chiffre de 30.000 peines non exécutées donné par le chef de l'Etat dans sa lettre à M. Ciotti, le sénateur du Haut-Rhin a expliqué sur Europe 1 qu'en réalité "le souci du gouvernement" ce sont "peut-être 10.000 personnes qui sont dehors (hors de prison) et qui posent un certain nombre de problèmes, gardent une certaine dangerosité" .

"On vient d'une situation où il y avait jusqu'à 70.000 peines qui n'étaient pas exécutées, par manque de suivi, par manque de place", a souligné l'ex-secrétaire d'Etat.

"Le dilemme aujourd'hui du gouvernement c'est que si ces 10.000 personnes retournent en prison" cela aboutira à "une saturation, à trop de personnes par cellule", a-t-il souligné jugeant qu'il faudrait pour couvrir les besoins créer "20.000 cellules supplémentaires dans les années à venir".

"Mais il y a d'autres alternatives, y compris pour des peines longues, qui sont des prisons ouvertes, un système où il n'y pas de barreaux, où il y a une organisation autour d'une ferme, autour d'ateliers d'artisanat de personnes qui acceptent le contrat de ne pas s'évader", a fait valoir M. Bockel. Il a cité en exemple la prison ouverte de Casabianda en Corse "où il n'y a pas d'évasion", notant que ce genre d'établissements s'étaient "multipliées en Europe".

"Pour le moment on n'a pas franchi ce pas. On a des solutions, mais il faut le décider", a dit M. Bockel (ex-PS), président fondateur de La Gauche Moderne (associée à l'UMP).

Retrouver cet article publié le 28 janvier 2011 par l'AFP