Jean-Marie Bockel : « Il faut un Grenelle de la justice » (France Soir)

FRANCE-SOIR : Comprenez-vous la « révolte » des magistrats, qui sont aujourd'hui dans la rue ?

JEAN-MARIE BOCKEL : Je la comprends. Il y a un véritable malaise dans le domaine de la justice. Le discours de Nicolas Sarkozy à Orléans a pu créer un sentiment d’amalgame, de généralisation, et les magistrats se sont sentis atteints dans leur dignité. Mettre en cause tel ou tel corps d’Etat n’apporte rien. L’affaire Laëtitia est trop grave pour laisser place à un corporatisme, ou chercher un bouc émissaire. Il faut réduire le fossé d’incompréhension qui sépare aujourd’hui l’exécutif et les magistrats et sortir de ce débat par le haut.

F-S.  : Comment sortir du conflit « par le haut » ?

J.-M. B. : Il nous faut d’abord mettre en œuvre une « conférence de consensus » pour répondre enfin aux questions laissées sans réponse : par exemple, le statut du parquet ou la procédure pénale. Ensuite, je propose d’organiser un Grenelle de la justice et de la sécurité afin que tous les acteurs puissent discuter ensemble et surmonter les incompréhensions mutuelles et les propositions stériles. Il faut sortir de l’opposition caricaturale entre justice et police et favoriser leur coopération sur le terrain. Cela se pratique déjà au quotidien dans certaines collectivités en matière de prévention de la délinquance.

Retrouvez cet article paru le 11 février 2011 sur France Soir.fr