Jean-Marie Bockel défend sa Gauche moderne

Législatives 2012 - Le kremlin-bicêtre
Jean-Marie Bockel défend sa Gauche moderne

Sénateur-maire de Mulhouse et président de la Gauche moderne (LGM), Jean-Marie Bockel est venu soutenir hier au Kremlin Bicêtre sa candidate val de marnaise à la députation, Claudine Cros, et son suppléant, Christophe Thuillier, qui se présentent dans la dixième circonscription (Ivry, le Kremlin, Vitry Nord) actuellement détenue par le Pierre Gosnat, maire PCF d’Ivry.

Il s’agit de la seule candidature Gauche moderne du Val de Marne, le parti de l’ancien socialiste a présenté au total une dizaine de candidats en France, mais s’est allié avec le Parti radical valoisien (PRV) de Jean-Louis Borloo et le Nouveau Centre (NC) d’Hervé Morin afin de présenter suffisamment de candidats pour bénéficier ensuite des financements de l’Etat.

Quelle est la lisibilité de ce énième parti de centre-droit ? Comment permettre au citoyen de s’y retrouver entre le Nouveau Centre, le Parti radical, l’Alliance centriste (de Jean Arthuis) (voir article présentant les partis de droite et de centre droit qui se présentent dans le Val de Marne) ? Sans compter que plusieurs d’entre eux se sont regroupés dans un nouveau sigle, l’ARES (Alliance républicaine écologiste et sociale) qui regroupe PRV, NC, LGM et Convention démocrate d’Hervé de Charette.

A cette question, Jean-Marie Bockel répond par l’histoire du mouvement, rappelant que la Gauche moderne existait déjà comme courant interne du PS avant de s’émanciper et qu’elle incarne les gens du centre issus de la gauche. « Nous avons un positionnement social démocrate. Nous sommes hostiles à la droitisation mais pas la réforme« , indique l’élu alsacien en rappelant les slogans du parti comme la « réforme juste » ou la « gauche à visage humain ». Décidé à défendre son propre courant qui compte deux députés européens, un sénateur (lui-même), quelques élus locaux et moins de 2000 adhérents (dont une cinquantaine dans la section Val de Marne animée par Eric Malmaison), le patron de la Gauche moderne insiste néanmoins sur la nécessité de faire alliance avec les mouvements proches, au sein justement de l’ARES.

Bien que se réclamant de la gauche, Jean-Marie Bockel défend aussi la clarté de son positionnement sur l’échiquier politique. Pas question de faire partie de la nouvelle majorité présidentielle après avoir intégré la précédente et appelé à voter pour Nicolas Sarkozy dès le premier tour. « Nous préférons constituer une opposition constructive. »

Pour les candidats locaux, Claudine Cros et son suppléant Christophe Thuillier, l’attrait de la Gauche moderne consiste à la fois en son positionnement centre-droit et sa petite taille, permettant aux militants de prendre une part réelle aux échanges et de ne pas avoir l’impression de jouer les figurants dans un appareil où tout se décide ailleurs. Les deux militants ne sont pas arrivés au sein du parti par la même porte.

Claudine Cros, architecte à Charenton le Pont, est entrée en politique par la défense de l’environnement dans son quartier, à travers l’association Respire Charenton qui milite pour le recouvrement de l’autoroute A4 et des voies ferrées. Christophe Thuillier, enfant de la DDASS qui a travaillé dans la sécurité avant d’ouvrir une franchise Speedy à Maisons Alfort, a d’abord milité à l’UMP. « Ce que j’apprécie au sein de la Gauche moderne, c’est Jean-Marie Bockel, car il ne retourne pas sa veste. »

Au sein de cette circonscription qu’ils ont peu de probabilité de remporter, les candidats ont axé leur argumentaire sur l’emploi, insistant sur un taux de chômage double de la moyenne nationale. « Beaucoup d’employeurs cherchent pourtant de la main d’oeuvre qualifiée mais ne la trouvent pas. L’une de mes propositions serait de travailler avec les entreprises locales pour former les jeunes », suggère Claudine Cros.

Retrouvez cet article de C.Dubois publié le 30 mai 2012 sur le site 94.citoyens.com