François Hollande en reste à la social démocratie à l’ancienne

Jean-Marie Bockel sur le site www.newsring.fr dans le cadre du débat "Hollande ferait-il mieux que Sarkozy ?"

Tout n’est pas à jeter aux orties, dans le projet qu’a présenté François Hollande ce jeudi 26 janvier. Pour avoir été longtemps engagé au PS, je peux me permettre de livrer un regard objectif sur un projet qui me semble se référer à une « social-démocratie à l’ancienne ».

Je ne pense pas les conditions réunies pour que ce projet soit mis en œuvre dans le contexte que nous connaissons, sauf à faire courir à la France un grand danger. Les dépenses prévues, les promesses catégorielles contenues dans ce projet, ne manqueront pas de fragiliser un retour à l'équilibre de nos comptes publics. La France a engagé des efforts importants de compétitivité, et pris des engagements forts en ce sens avec ses partenaires européens – ils ne peuvent être remis en cause.

Le PS au pouvoir risque de créer énormément de déception, et cela risque de freiner sa capacité à gouverner et à réformer. J’ai écouté le discours de François Hollande au Bourget, le dimanche 22 janvier, et regardé son passage à l’émission Des Paroles et des actes, sur France 2, ce jeudi 26 janvier. J’ai trouvé François Hollande bon sur la forme, mais il ne m’a pas convaincu. Il ne m’a pas convaincu sur le chiffrage de son projet sur les retraites, qui constitue un retour en arrière, au moment où d’autres pays européens vont plus loin que nous. Il ne m’a pas convaincu sur ses propositions pour les classes moyennes : certaines mesures vont, quoi qu’il en dise, impacter leur conditions de vie, qui se détériorent. Il s’est évertué, avec une certaine habileté, à déminer un certain nombre de questions sur lesquelles il était mal engagé, comme sur le quotient familial.

Il ne m’a pas convaincu, enfin, sur le dossier fondamental de la relation franco-allemande. Je ne remets pas en cause ses convictions européennes, je les connais : nous nous retrouvions souvent ensemble au PS sur cette question. Sa posture est aujourd’hui soit naïve, soit arrogante, car il ne prend pas en compte la réalité du rapport de force actuel avec notre partenaire allemand. J’aurais aimé entendre, pour le bien du pays, un discours de continuité avec l’action engagée par le chef de l’État, plutôt qu’une rupture.

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