Communiqué de La Gauche Moderne : Programme du PS

Communiqué de La Gauche Moderne

Programme du PS

La nouvelle version – tant attendue par ses militants – que livre le PS de son programme décevra ceux qui s’attendaient à une nouvelle réflexion en phase avec notre temps.
Le Parti socialiste a fait le tour des demandes des Français telles que les sondages les expriment, c’est à dire selon les questions que des médias ont bien voulu leur poser au fil du temps et de l’actualité, et tente de répondre favorablement au plus grand nombre d’entre elles.
Louable intention, pourrait on penser… Mais sans méthode clairement affirmée, sans claire conception du monde dans lequel nous sommes entrés, sans vision d’ensemble sur l’avenir de la France et de l’Europe, sans méthode d’action réaliste, il n’y a qu’une liste de vœux.
Certaines vieilles lunes ont disparu, usées par le temps, ou parce qu’elles ont coûté trop cher, comme l’angélisme en matière de sécurité, donnant ainsi un aspect beaucoup plus présentable au texte. Mais l’élément principal qui a fait la faiblesse des programmes de 2002 et 2007 est toujours là : arrivés demain aux affaires de notre pays, ce parti et ses dirigeants seraient parfaitement démunis pour mettre en œuvre les promesses de ce programme parce qu’il n’est pas articulé autour d’une vision réaliste du monde. Parce qu’il ne dit pas où sont les leviers qu’il utilisera pour passer du problème à sa solution. Ils achèveraient ainsi de discréditer la politique, poussant les plus vulnérables de nos concitoyens, aux extrêmes.
La France a d’abord besoin de compétitivité, d’innovation, d’investissements, de ré-industrialisation, ce qu’avait entrepris de lui donner Nicolas Sarkozy.  Le projet socialiste, lui, ne n’évoque pas cela, ou si peu, et, en tous cas,  ne s’en donne pas les moyens, ceux  qu’il choisit sont même  contre productifs.
Quelle valeur accorder  à ces 2,5% de croissance annuelle prévue par ce projet, alors que la moyenne des 10 dernières années est de 1,5%  et qu’aucune mesure ne paraît en mesure de  relancer cette croissance.
Pense-t-on que ce sont les embauches de fonctionnaires ou assimilés,  l’augmentation des moyens et des dépenses dans la plupart des services publics,  qui vont  donner plus de compétitivité à notre pays ?
Pense-t-on  que c’est l’augmentation des prélèvements -  on parle de plus de 50 milliards d’Euros !, qui va redonner du dynamisme. Si la philosophie de la réforme fiscale n’est pas forcément  mauvaise en soi,  tout dépendra des modalités et des  taux retenus. D’ores et déjà le risque existe de voir la classe moyenne, ou la partie de cette classe la plus active et la plus  dynamique, fortement pénalisée.
Rien ou presque sur ce qui doit être la priorité des priorités : l’éducation. Avec cependant une assez bonne initiative (mais on en ignore l’utilité et le coût réels), le service public de la « petite enfance », une  quasi impasse sur la lutte contre l’échec scolaire et  le  collège, où se concentrent une multitude de difficultés,  et deux vagues inquiétudes, relatives à l’autonomie des universités, et à l’avenir des grandes écoles.
Sur l’immigration, la régularisation élargie des sans-papiers, n’est pas forcément une chose souhaitable et comment sera assurée leur assimilation ?

Au total, il s’agit d’un programme qui sera, sans doute  vite oublié, et d’abord par le candidat à l’élection présidentielle, qui n’en gardera que des bribes…Et il aura raison.