Centre : Jean-Louis Borloo trace la feuille de route de l’Udi

Jean-Louis Borloo a profité des Rencontres de la Gauche moderne, hier à Mulhouse, pour jeter les bases de l’Union des démocrates et des indépendants.

« C’est une semaine incroyable pour nous tous ! » Le président de l’Union des démocrates et des indépendants (Udi) et du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a pris à témoin, hier à Mulhouse, les militants de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, mais aussi ses amis radicaux, sans oublier les représentants des courants centristes. L’ancien ministre faisait référence au lancement, mardi à Paris, de l’Udi, suivie, hier, de « cette première réunion familiale » en Alsace. L’occasion de saluer l’ancien maire de Mulhouse, « toi l’homme de gauche, l’homme social, libéral, européen », promu au rang d’ « éclaireur et de sentinelle » au sein de l’Udi, dont il est le vice-président.
« L’Udi est un parti politique de plein exercice regroupant toutes ses familles », a expliqué Jean-Louis Borloo, en rappelant que la règle – « un homme, une voix » – sera appliquée. « On ne va pas refaire l’UDF », prévient-il. À charge pour la Gauche moderne, le Nouveau Centre – représenté par le député Francis Hillmeyer – l’Alliance centriste, le Parti radical, d’inciter ses adhérents à rejoindre l’Udi. Sans oublier une partie du MoDem, venue avec le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe, qui espère que François Bayrou et ses proches les rejoindront.
Les socialistes « se trompent de cap »
« Dès maintenant, rassemblez l’ensemble des membres de l’Udi dans chaque fédération, pour que nous devenions un mouvement populaire, avec très vite 50 000, voire 100 000 militants », a-t-il enjoint à ses amis. D’évidence, il a décidé de prendre l’organisation en main. « Si nous avons échoué il y a deux ans, ce n’est pas par manque de talents, mais à cause de l’absence d’organisation », assure Borloo. Son objectif est de rebâtir la première force politique…
Pour la première fois, il a confessé, en public, les raisons de son retrait, au moment de la présidentielle. Rien ne servait, à l’entendre, de se présenter à l’élection présidentielle, « si c’était pour arriver, au mieux, en troisième position ». En se retirant, il s’était « promis de relancer un parti qui aura vocation à remporter des élections » et à « regagner Toulouse, Strasbourg, Amiens, Metz aux municipales… »
D’autant que l’ancien ministre s’est montré très dur avec les socialistes. « Ils se trompent de cap », assure-t-il, en fustigeant l’abandon de la TVA sociale, « seul outil anti-délocalisation ». « Quant au traité européen, pas un mot n’a été changé », martèle-t-il, en se situant clairement dans le camp de l’opposition.
En l’accueillant, avec Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical, et avec Rama Yade, Jean-Marie Bockel a défini sa vision de l’Udi. « Ce n’est pas un parti au sens classique, c’est un mouvement, c’est une force qui va et qui entraîne », veut-il croire, en se référant, à plusieurs reprises, au socialiste Jaurès. « Il se posait une seule question : comment faire vivre les grands principes de la République dans le monde tel qu’il est et non pas tel qu’on voudrait qu’il soit… »

Retrouvez cet article paru le 23 septembre 2012 sur le site www.lalsace.fr