Brigitte Mauroy : la candidate de gauche qui a voté Sarkozy

L'ancien magasin de motos de la rue des Postes ne vend plus de deux roues mais de l'espoir. Depuis deux jours, on peut lire sur la devanture du local de Brigitte Mauroy, que la candidate investie par la Gauche Moderne, le Nouveau Centre, le Parti Radical et la Convention Démocrate invite les habitants de la 1ere circonscription à « un avenir moderne et juste ».

Ce médecin dans le secteur public depuis 30 ans, nièce de Pierre Mauroy, est entrée en politique en 2003, d'abord au PRG puis à la Gauche Moderne, avant d'être élue conseillère municipale à Lille en 2008 sur la liste de la Majorité Présidentielle. « En porte à porte, je dis "vous connaissez Pierre Mauroy ? Je vous le fais en plus jeune", explique-t-elle. Ce n'est pas la naissance qui fait le mérite et ce n'est pas le nom qui fait le talent ». Elle, elle s'est « fait un prénom en quatre ans », souligne-t-elle pour se démarquer de son oncle socialiste. Car, comme le souligne son suppléant Pascal Level (prof des universités, au Parti Radical de Borloo depuis 2006) : « on a des approches sociales mais pas socialistes ». Et de citer en exemple l'éducation : « On est pour plus d'indépendance des chefs d'établissements », mais pas pour augmenter le nombre de fonctionnaires.
Après avoir distribué 26.000 tracts depuis samedi, Brigitte Mauroy ajoute : « Je suis de gauche pour aider les gens dans le besoin et je suis de droite quand il le faut : à savoir être moderne sur le plan économique et remettre la France au coeur du travail ». Au final, elle estime « bien illustrer le centre gauche ». Et n'allez pas lui parler du Modem : « C'est non, non, non ! Le Modem, c'est le Vendée Globe ».
Pourquoi avoir choisi la 1ere circonscription, où les socialistes ont toujours fait de bons scores ? « Parce que Lille-Sud, répond simplement l'élue régionale. Disons que certaines personnes ont plus besoin de nous que d'autres. Nous, on a des idées novatrices ». Et pas les autres candidats ? « Bernard Roman est quelqu'un d'estimable, ce n'est pas un ennemi. Je veux juste prendre sa place ». Aidé par une vingtaine de militants, le binôme « de gauche » (mais qui a voté Sarkozy le 6 mai dernier), s'est donné comme objectifs de « voir tous les habitants de la 1ere circonscription en une semaine » avec la ferme assurance d'« être au second tour ». Brigitte Mauroy ose même nous répondre : « un bon score, c'est un score qui gagne, sinon, il n'est pas bon par définition. C'est mon syndrome de première de classe ». Les autres élèves déclarés (Bernard Roman PS, Hervé-Marie Morelle UMP, Éric Dillies FN, Nicole Baudrin LO) attendent aussi de décrocher la meilleure note les 10 et 17 juin.

Retrouvez cet article de LAURIE MONIEZ paru le 16 mai 2012 sur le site www.nordeclair.fr