Brigitte Mauroy : « Être le moteur social du gouvernement »

Conseillère municipale d'opposition lilloise, Brigitte Mauroy présente les propositions de La Gauche Moderne pour prévenir la délinquance des mineurs, alors que le président du parti, l'actuel secrétaire d'État à la Justice Jean-Marie Bockel (ex-PS), dirigera jeudi les assises sur ce thème.

Pourquoi ce rapport alors que Jean-Marie Bockel a été choisi par Nicolas Sarkozy pour diriger les Assises sur la prévention de la délinquance ?

>> L'intérêt est double : le premier, c'est d'avoir une visibilité, ensuite c'est une formidable opportunité pour faire nos propositions dans l'espoir qu'elles soient retenues. Mais nous intervenons en parallèle et même si nous travaillons tous en commun, le rapport de Jean-Marie Bockel sera celui du secrétaire d'État à la Justice.

Vos propositions s'articulent autour de la prévention alors que Nicolas Sarkozy a axé sa politique sur la répression. Pourquoi vous tournez-vous alors vers sa majorité ?

>> Le raisonnement de La Gauche Moderne est le suivant : les socialistes sont complètement sclérosés par leurs volontés individuelles de parvenir au pouvoir au détriment de propositions constructives. Depuis 5 à 10 ans, et en tout cas depuis que Sarkozy est Président, la seule force de proposition en France c'est quand même bien la sienne, et sûrement pas celle des socialistes. Donc Jean-Marie Bockel est allé vers Sarkozy avec l'idée de constituer l'aile gauche de sa majorité. Notre objectif est d'être le moteur social du gouvernement. On se met au service de ceux qui ont des idées en essayant de les ramener vers le social. Et on ne peut pas dire que le parti majoritaire n'a pas compris que le répressif n'était pas suffisant puisque la mission sur le thème de la prévention a été confiée à Jean-Marie Bockel.

Mais les lois répressives qui ont été promulguées à l'initiative de Nicolas Sarkozy ne vous dérangent-elles pas ?

>> Nous ne sommes pas du tout d'accord par exemple avec sa proposition d'emprisonner les parents de mineurs délinquants mais, pour le moment, seul le volet sanction a été travaillé par le gouvernement, alors que les assises de jeudi sont consacrées à la prévention.

Vous dîtes que la prévention de la délinquance doit commencer dès la petite enfance. Qu'entendez-vous par là ?

>> Un enfant qui, à la maternelle, se roule par terre, mord sa voisine, griffe, c'est qu'il a un mal-être. Donc, il faut le prendre en charge à ce moment-là.

Ça rappelle un peu la proposition de Nicolas Sarkozy qui préconisait une détection des déviances chez les enfants de 3 ans avec fichage de l'enfant et de sa famille...

>> Non, car notre proposition du « garage à musique », par exemple, n'est pas réservée aux enfants qui ont des problèmes. Il y a un problème sémantique en France. On n'ose plus dire qu'il y a un problème de délinquance ethnique, ce qui n'est pas du racisme. Il faut regarder les chiffres en face. Il y a quand même plus de délinquance à Lille-Sud que dans le centre-ville.

 

Retrouvez cet article paru le 11 octobre sur le site nordeclair.fr

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