Bockel se veut toujours «utile» au gouvernement

Le secrétaire d'État à la Justice et président de la Gauche moderne pense être maintenu au gouvernement suite au remaniement d'octobre.

Jeudi, dans le centre éducatif fermé de Brignoles (Var). Jean-Marie Bockel s'entretient avec des mineurs délinquants et multirécidivistes accueillis ici. Au cours de la visite de cet établissement, situé à une heure de voiture des Issambres où il passe alors ses vacances, le secrétaire d'État à la Justice tombe aussi sur un punching-ball. Et lâche: «C'est Besson qui fait de la boxe. Moi, je n'en ai pas besoin.» Pas besoin? Le secrétaire d'État à la Justice et président de la Gauche moderne fait pourtant partie des ministres qui pourraient faire les frais du remaniement d'octobre. Lui ne croit pas à son départ. «Je ne suis pas inquiet», confie-t-il.

Bockel évoque tout de même au passage les marques d'attention que lui aurait témoigné Nicolas Sarkozy ces dernières semaines: un entretien d'«une petite demi-heure» le 2 août et la mission sur la prévention de la délinquance des mineurs qu'il lui a confié dans la foulée. «J'ai aussi accompagné le président à Grenoble le 30 juillet, lorsqu'il a fait son discours sur la sécurité. C'est un signal que je ne qualifierais pas de négatif», poursuit Jean-Marie Bockel.

Celui qui a grogné en juin 2009 d'avoir été nommé à la tête d'un secrétariat d'État sans réelle attribution pense donc être maintenu au gouvernement. Mais pas au même poste. «Je n'ai pas vocation à rester secrétaire d'État à la Justice et je ne m'en suis jamais caché», explique-t-il.

La Gauche moderne

En fait, l'ex-ministre de François Mitterrand, l'ancien maire de Mulhouse qui a donné les clés de sa ville à son adjoint UMP début mai, estime être le dernier ministre d'ouverture du gouvernement Fillon. Jean-Marie Bockel pense aussi que le président aura besoin de la Gauche moderne en 2012. Oubliant un peu vite que, sur le flan droit de l'UMP, Christine Boutin, qui croyait elle aussi que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas se priver de sa sensibilité, a été remerciée après les européennes. «On peut considérer qu'il faudra donner des signaux au second tour de la présidentielle», espère-t-il en admettant que le virage sécuritaire du gouvernement a déplu à certains des adhérents de son parti.

En attendant d'être fixé sur son sort, Bockel tente de se rapprocher de celui qui, à ses yeux, incarne «l'aile gauche de l'UMP», Jean-Louis Borloo. Le ministre du Développement durable et président du Parti radical participera aux rencontres annuelles de la Gauche moderne, le 18 septembre, à Mulhouse. Bockel parie-t-il sur Borloo à Matignon? «J'ai de la sympathie pour lui.»

 

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