Bockel s'engage « à fond derrière Sarkozy » - lefigaro.fr

L'ex-ministre critique « les allers-retours » d'Amara et d'Hirsch.

S'il ne devait en rester qu'un seul dans l'écurie de Nicolas Sarkozy, ce serait lui, Jean-Marie Bockel, ministre dans le gouvernement Fabius sous Mitterrand, secrétaire d'État dans l'équipe Fillon sous Sarkozy.

De toutes les personnalités de gauche nommées au gouvernement en 2007 au nom de la sacro-sainte ouverture, il est aujourd'hui celui qui ne fait pas défaut au président sortant. Celui qui, après les quelques mois passés à soutenir l'hypothétique candidature du président du Parti radical Jean-Louis Borloo, se mobilise pour le président sortant, se dit «à fond derrière Sarkozy».
«Un soutien de conviction»

«Je ne me contenterai pas de voter pour lui dimanche. Je fais campagne pour lui. Je suis impliqué et pas seulement du bout des doigts», confie le président de la Gauche moderne et ex-maire de Mulhouse. «Mon soutien à Nicolas Sarkozy, je l'ai fait connaître début janvier, au moment où les sondages n'étaient pas bons pour lui. Ce n'est pas un soutien de fidélité. C'est un soutien de conviction», ajoute-t-il.

Dans le petit cercle des ministres d'ouverture, il est le seul à avoir fait ce choix. Bernard Kouchner, l'ex-ministre des Affaires étrangères, «a complètement disparu», selon un de ses anciens collègues. Jean-Pierre Jouyet, qui fut naguère en charge des Affaires européennes avant d'être nommé à la tête de l'Autorité des marchés financiers, a retrouvé son «ami» François Hollande. Il ne soutiendra pas officiellement le candidat PS mais, à n'en pas douter, ce sera à lui qu'il apportera sa voix dimanche.

Quant au ministre de l'Industrie Éric Besson, officiellement rallié à Nicolas Sarkozy entre les deux tours de 2007, il fait bien sûr campagne pour le président sortant. Mais est-il encore un homme d'ouverture, lui qui a pris sa carte à l'UMP et en a été le secrétaire général adjoint du temps de Xavier Bertrand?
Des gens «sensibles à l'air du temps»

Deux autres sont retournés dans l'autre camp, en choisissant de le faire savoir quelques jours avant le premier tour. Coup sur coup, Martin Hirsch et Fadela Amara viennent d'annoncer publiquement qu'ils voteront Hollande. Ils font, selon Jean-Marie Bockel, partie de ces «gens qui n'ont pas de colonne vertébrale et sont, par conséquent, sensibles à l'air du temps». «Cela ne rend pas la démarche plus digne. Mais cela l'explique sans l'excuser», ajoute Bockel qui rappelle avoir passé trente-quatre ans au PS et qu'il s'est écoulé«dix ans»entre le moment où il a choisi de devenir «le blairiste du PS» et celui où Sarkozy l'a nommé ministre.

Certes, Bockel juge «indécents» les«allers-retours» d'Hirsch et d'Amara. Mais, il se défend de vouloir les accabler. Lui-même se souvient du «moment très dur» qu'il a vécu quand il a quitté le PS. Il n'a pas oublié que certains de ses amis d'alors l'avaient traité de «traître». Il a compris et accepté qu'il n'y a pas de retour possible.

Par Anne Rovan Publié le 18/04/2012

Retrouvez cet article paru le 18 avril 2012 sur le site du Figaro.fr