Bockel s’émancipe - Article Le Parisien du 28 nov 2010

Jean-Marie Bockel veut croire que son mouvement Gauche moderne a encore un avenir. « Nous incarnons toujours l’aile gauche de la majorité et nous sommes décidés à porter nos propositions, et nos critiques si nécessaire, pour la poursuite d’une politique de réforme juste, insiste l’ancien secrétaire d’Etat à la Justice.
La liberté retrouvée n’a pas de prix. » Deux semaines après avoir été écarté du gouvernement, Bockel réunissait ses troupes, hier, pour un conseil national organisé dans une brasserie alsacienne, place de la République, à Paris. Ils étaient environ 70 (sur les 80 membres du conseil national de Gauche moderne qui revendique au total1 500adhérents). L’ex-maire socialiste de Mulhouse, qui fut l’un des symboles de l’ouverture en 2007 et va, à la mi-décembre, retrouver son siège de sénateur, cherche à « positiver » la situation. Son départ du gouvernement? : « Je le vis bien, même si je suis tombé de haut quand je l’ai appris. Mais une heure après l’annonce, j’avais déjà repris le dessus. » Et d’ajouter : «Cela va nous redynamiser. » Dans l’immédiat, cela se traduit par une prise de distance avec l’UMP. Hier, une première liste de dix-sept candidats estampillés Gauche moderne ont été investis pour les cantonales de mars prochain (le chiffre reste néanmoins modeste par rapport aux plus de 1900 sièges à pourvoir aux cantonales…). Bockel souhaite par ailleurs des candidatures communes avec le Nouveau Centre d’Hervé Morin et le Parti radical de Jean-Louis Borloo (parti toujours membre, lui, de l’UMP). Objectif :participer à la mise en œuvre d’une confédération des centres qui, selon Bockel, permettrait de rééquilibrer le gouvernement à forte coloration RPR issu du dernier remaniement et de balayer plus largement au centre dans la perspective de la présidentielle de2012. En attendant, Bockel a décidé de s’émanciper financièrement de l’UMP. «En2011,précise-t-il,nousnesolliciterons pas de contribution financière de l’UMP, contrairement aux années précédentes. Ce sera le moyen de marquer notre volonté d’indépendance. » En 2010, la subvention versée par le parti majoritaire à Gauche moderne avait tout de même atteint les 50 000€.

Retrouvez cet article paru le 28 novembre 2010 sur le site leparisien.fr