Bockel :«Lagarde est le mieux pour l'avenir de l'UDI»

INTERVIEW – Pour la présidence de l'UDI, le sénateur Jean-Marie Bockel a fait son choix. Le chef de file de la Gauche moderne annonce au JDD.fr son soutien à Jean-Christophe Lagarde, arrivé jeudi en tête du premier tour de l'élection interne, devant Hervé Morin.

 

Yves Jégo, qui s'est présenté pour la présidence de l'UDI et que vous avez soutenu, n'a pas été qualifié pour le second tour de l'élection. A qui apportez-vous votre soutien pour le second tour de l'élection?

J'ai réfléchi avec un certain nombre de mes amis, notamment ceux de la Gauche moderne, la formation politique que j'ai créée (en 2007, Ndlr). Il apparaît que Jean-Christophe Lagarde incarne le mieux l'avenir de cette reconstruction du centre que constitue l'UDI.

Pourquoi ?

C'est quelqu'un de très dynamique, qui a su rassembler assez largement dès le premier tour. Il n'y a dans sa démarche aucune confusion avec l'échéance présidentielle. Hors, Hervé Morin, est – quelles que soient ses grandes qualités – encore marqué par sa tentative ratée de 2012. Ça peut créer un effet de confusion.

Jean-Christophe Lagarde est favorable à une candidature du centre en 2017…

On aurait pu être plus clair sur la question. Je pense que le centre, dans le système institutionnel français, ne peut pas se construire s'il ne se donne pas la perspective d'être présent dans l'élection présidentielle, que ce soit à travers une primaire ouverte ou à travers une candidature. Le problème de la candidature de Morin à la présidentielle de 2012, c'est qu'il n'a jamais passé la barre des 1%. Et sur ce sujet, Lagarde a été doublement clair : il ne mélange pas les échéances entre la présidence du parti et la présidentielle. Mais il considère que le parti qu'il veut présider a vocation à être présent dans la compétition majeure et non pas à être une sorte de subjectif de l'UMP.

 

«Lagarde, plus compatible avec la volonté de Borloo»

 

Pensez-vous donc que Jean-Christophe Lagarde apparaît comme plus indépendant qu'Hervé Morin?

Je ne veux tenir aucun propos désagréable à l'encontre d'Hervé Morin pour qui j'ai de l'estime. Mais une chose est sûre, Jean-Christophe Lagarde a aussi les qualités de ses défauts. Parfois, il peut avoir un caractère très entier mais en même temps, personne ne conteste le fait que c'est une personnalité très indépendante. C'est quelqu'un qui sait dire non. Ça ne veut pas dire que d'autres ne le savent pas. C'est toujours des choix un peu difficiles.

 

Entre Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin, qui incarne le plus l'esprit de Jean-Louis Borloo?

(Rires) Il est certain que mon soutien à Yves Jégo à l'époque s'inscrivait dans une démarche de fédération et de construction forte initiée par Borloo. Le sort des urnes a été différent de mon premier choix. Aujourd'hui, personnellement, je pense que Jean-Christophe Lagarde a plus la capacité de s'inscrire dans cette histoire qu'Hervé Morin. La démarche de Lagarde est plus compatible, plus en phase avec la volonté qu'a eu Borloo de construire un centre nouveau à partir d'éléments très divers.

 

Yves Jégo a parlé de "manœuvres" lors de cette campagne. Faites-vous le même constat que lui?

Il y a eu des manœuvres, des moments de tensions, notamment sur le comptage des personnes à même de voter. Tout ce qu'a tenté Rama Yade, au sein du Parti radical, ou Jean-Christophe Fromantin, a un peu déstabilisé la campagne. Je le désapprouve totalement. Pour le reste, entre les trois candidats principaux, il y a eu des explications parfois rudes. Mais le travail a été bien fait. Les derniers jours de la campagne étaient apaisés. Au fond, quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console. Les tensions n'ont jamais atteint le degré de tensions voire de haines qu'on a pu connaître à l'UMP ou ailleurs.