Bockel : «L'ouverture reste d'actualité pour 2012» lefigaro.fr

Lire cet article paru le 17 septembre 2010 sur lefigaro.fr

INTERVIEW - Pour le secrétaire d'État à la Justice, Nicolas Sarkozy aura besoin d'électeurs de gauche.

Le président de Gauche moderne organise aujourd'hui les Rencontres de son parti à Mulhouse, à l'occasion desquelles il recevra son collègue Jean-Louis Borloo.

LE FIGARO. - Comment vivez-vous les tensions entre majorité et opposition ?

Jean-Marie BOCKEL. - Tout cela me conforte encore dans mon choix d'avoir rejoint la majorité et d'en représenter l'aile gauche. Il est très difficile pour moi de voir mes anciens camarades du PS se fourvoyer dans cette fuite en avant virulente. Les mises en cause personnelles et quotidiennes à l'encontre d'Éric Woerth, pour qui j'ai la plus grande estime, sont scandaleuses. J'ai connu bien des débats houleux par le passé où l'invective servait d'argument. Et même venant de la droite. Mais rien qui ne ressemble à ce que nous vivons.

Qu'en est-il des accusations du Monde et de l'opposition dans l'affaire Woerth-Bettencourt ?

Je ne veux pas préjuger des enquêtes en cours. Néanmoins, je considère légitime que l'État prenne les dispositions nécessaires dès lors que des documents couverts par le secret de l'enquête sont régulièrement rendus publics. Et cela n'a rien à voir avec la liberté de la presse : il est normal que la presse essaye d'avoir un maximum d'informations dans le respect de la déontologie. Et en France, elle est très protégée dans cette démarche.

Partagez-vous les doutes de certains ministres d'ouverture sur la question sécuritaire ?

Absolument pas. Après l'avoir accompagné à Grenoble, Nicolas Sarkozy m'a reçu en tant que président de la Gauche moderne et m'a confirmé que dans son esprit une politique de sécurité ne pouvait réussir qu'à la condition d'être étroitement articulée avec une politique de prévention. Du temps de Lionel Jospin, la gauche parlait beaucoup de prévention sans rien mettre en œuvre. Sécuritaire de gauche depuis toujours, j'ai vécu avec une très grande sérénité ces échanges. Et ce d'autant plus que depuis le 3 août, je suis dans l'action avec la mission sur la prévention de la délinquance juvénile que le président m'a confiée.

À l'approche du remaniement, l'ouverture a-t-elle un avenir ?

Je fais partie de la grande famille de la majorité et à ce titre je suis fier d'appartenir au gouvernement de François Fillon qui a toute mon admiration. En 2007, le président avait souhaité faire bouger les lignes, rassembler le plus grand nombre autour de l'impérieuse modernisation du pays. Depuis les régionales, une nouvelle phase conduit le président à rassembler son camp autour de certains fondamentaux dans la perspective du premier tour de 2012. Mais pour gagner le second tour, nous devrons être rejoints par des électeurs venant du centre et de gauche. Pour cet électorat, la Gauche moderne est un signal, un marqueur : on peut être de gauche, ne pas se renier, et se retrouver avec la droite et le centre autour d'un programme auquel on aura contribué. C'est pourquoi notre présence au gouvernement reste d'actualité.

L'arrivée de Jean-Louis Borloo à Matignon aurait-elle aussi valeur de marqueur ?

La participation de Jean-Louis à nos Rencontres n'est pas tout à fait un hasard : l'aile gauche de la majorité que je représente se sent proche de ce qu'il symbolise et incarne. Par son expérience, par sa réussite en tant que maire de Valenciennes, par sa ténacité dans des dossiers aussi délicats que celui du Grenelle de l'environnement, par sa sensibilité radicale, par sa stature d'homme d'État acquise au fil des années, Jean-Louis Borloo a toutes qualités et capacités pour exercer une responsabilité de premier plan. Au delà, c'est le choix du président de la République et de lui seul.

Lire cet article paru le 17 septembre 2010 sur lefigaro.fr