Bockel : «Il faut rééquilibrer la majorité d'ici à 2012» lefigaro.fr

L'ancien ministre réunit samedi le conseil politique national de Gauche moderne.

LE FIGARO - Quel enseignement tirez-vous du remaniement ?


Jean-Marie Bockel - Passé le moment de surprise, j'ai très vite positivé cette situation. Je ne regrette en rien mon engagement au service des réformes auxquelles je continue à croire et que je soutiens pour l'essentiel. Mais nous allons pouvoir rétablir, au meilleur sens du terme, un rapport de forces qui manquait.

Que répondez-vous à ceux qui se réjouissent de la fin de l'ouverture ?

Nous avons souffert d'un discours venant de l'UMP qui veut que l'ouverture n'apporte rien à la majorité en terme électoral. Le président de la République a parfois repris à son compte cette thèse, estimant que l'ouverture se résumait à un signal envoyé à l'opinion. Sauf que nous, à Gauche moderne, nous sommes depuis 2007 dans une démarche électorale: nous avons été partenaires aux municipales - et on était bien content de faire appel à nous -, partenaires aux européennes. Les régionales, elles, ont été très pénibles: non seulement nous n'avons obtenu quasiment aucun élu, mais en plus nous avons été fustigés au lendemain du second tour. Ceci n'est pas supportable.

Secrétaire d'État à la Justice, vous vouliez garantir une politique de sécurité juste après le discours de Grenoble, cet été…

Mon souhait était de participer au rééquilibrage d'un sujet pour lequel l'expression avait été déséquilibrée. Les valeurs républicaines sont très partagées au sein du gouvernement, mais la sensibilité de gauche est maintenant totalement absente. Et la sensibilité centriste, très limitée. Il manque vraiment quelque chose à la majorité. Et cela rend nécessaire le rééquilibrage d'ici à 2012.

Comment y parvenir ?

Notre premier objectif, c'est d'affirmer Gauche moderne comme l'aile gauche de la majorité. Je crois à la réforme juste. Beaucoup de réformes initiées par le président de la République l'ont été, d'autres moins. Tenu par la solidarité gouvernementale, le président de Gauche moderne que je suis n'a pas toujours eu la liberté de défendre pied à pied nos positions. Dorénavant, j'entends exercer cette liberté pleinement, par exemple, au moment du débat fiscal, en plaidant activement pour une fiscalité juste.

Faut-il vous détacher de l'UMP ?

Nous ne sommes pas un parti associé, même si nous avons modestement bénéficié d'une aide financière. Nous ne solliciterons plus cette aide. Aux cantonales de mars, nous serons présents en portant nos propres couleurs dans une trentaine de cantons. Et je travaille avec Hervé Morin et Jean-Louis Borloo sur l'idée d'investitures communes.

Est-ce un pas vers une confédération des centres ?

Seuls, nous restons faibles. L'essentiel de notre démarche est d'être, quelles que soient notre histoire et nos sensibilités, suffisamment forts et nombreux pour rééquilibrer la majorité. J'ai l'intime conviction que l'on ne peut pas gagner en 2012 sans ce rééquilibrage. La victoire sera impossible sur la seule base de l'UMP.

Vous êtes donc favorable à une candidature centriste…

Elle n'est pas à exclure. Le cas échéant, je soutiendrai cette démarche si elle fédère au-delà de la sphère centriste, notamment sur son aile gauche, pour contribuer à la victoire au second tour.

À la victoire de qui ?

Du candidat de la majorité.

 

Retrouvez cet article paru le 26 novembre 2010 sur lefigaro.fr