À Toulouse, Sarkozy exalte la nation et les frontières - La Dépêche

Frontières, civilisation, nation : Nicolas Sarkozy s'est adressé hier depuis Toulouse au « peuple de France » - plus de dix mille personnes qui s'étaient rassemblées au Parc des expositions et autant dans les six villes de France où le meeting était retransmis - en droitisant franchement son discours. Pendant une heure, devant son épouse Carla Bruni et un premier rang constitué de ministres, actuels ou anciens, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rama Yade, Michèle Alliot-Marie, Claude Allègre ou Jean-Marie Bockel, le président-candidat a opposé aux périls extérieurs qui menaceraient la France les concepts de civilisation, de frontières et d'appartenance à la Nation. « Les pays qui gagnent aujourd'hui sont ceux qui croient en l'esprit national » martèle-t-il devant une salle tricolore en transe, scandant « Nicolas, Nicolas » et « On va gagner ! »

Se réclamant de « l'héritage de la chrétienté et des Lumières », il n'a pas parlé d'emploi, d'économie ou de pouvoir d'achat. Dans un long texte qu'il a voulu fondateur, il a situé les enjeux ailleurs : « En 2012, le sujet majeur, ce sont les frontières. Mon projet, c'est de remettre les frontières au centre de la politique ». Il ne cesse de répéter le mot, encore et encore : « La laïcité, c'est une frontière ; la nationalité, c'est une frontière ». « Sans frontières il n'y a pas de Nation

[…] , il n'y a pas de civilisation » considère Nicolas Sarkozy qui place cette frontière « au cœur du problème de l'immigration, au cœur du problème économique et au cœur du problème fiscal ». Un bref instant, il esquisse un mea culpa : « Bien des critiques sont légitimes à mon endroit mais pas un d'entre vous n'a perdu un centime d'épargne ». Il cite à peine François Hollande, son adversaire, mais désigne ses ennemis : « Les staliniens du XXIe siècle », une Europe « où on ne parlerait que l'anglais », la zone Schengen où l'on entrerait comme dans un moulin, les exilés fiscaux ou les syndicalistes qu'il fait copieusement huer. « Nos idées sont les seules que veut entendre le peuple de France déçu » croit savoir Nicolas Sarkozy, s'adressant sans détours à l'électorat du Front national. Il promet ainsi de « diviser par deux l'immigration légale » avant de réaffirmer « le droit de défendre nos coutumes, nos pratiques, nos traditions, notre identité. Ce n'est pas une maladie ». Le président sortant conclut son discours en invitant ce « peuple de France » à la rejoindre mardi au Trocadéro pour un 1er-Mai « qui n'appartient à personne ». Il cite finalement son adversaire socialiste : « François Hollande défilera derrière les drapeaux rouges de la CGT (huées du public) et moi je parlerai à vous, dans une marée de drapeaux tricolores ». Et c'est emporté par cette même vague bleue, blanche et rouge que Nicolas Sarkozy a quitté Toulouse, sous les acclamations d'un public galvanisé.

Allègre et Bockel au premier rang

Claude Allègre, dont c'était le premier discours dans un meeting de Nicolas Sarkozy, a assuré garder ses convictions et délivré un brevet de démocratie au président sortant : « Ma simple présence garantit que cet homme est un démocrate total. »

De son côté, l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d'État dans le gouvernement Fillon, a lancé : « Parce que nous sommes authentiquement de gauche, le 6 mai nous voterons Nicolas Sarkozy ! »

Retrouvez cet article de Pierre Challier paru le 30 avril 2012 sur le site www.ladepeche.fr