« Nous n'aurons pas peur de voter PS »

"Nous n'aurons pas peur de voter PS"


Le second tour des élections cantonales place les responsables politiques des partis démocratiques face à une question de principe. Doit on accepter qu'un vote protestataire d'électeurs déçus, en faveur d'un parti extrémiste, se transforme en implantation durable aux responsabilités locales, de dirigeants politiques dont on connait la tradition, la pensée et les perspectives.
Il n'y a pas lieu de parler de Front républicain car il ne s'agit pas d'un accord politique entre partis, il s'agit plus d'un "comportement républicain" auquel nous appelons les électeurs. Non, le Front national n'est pas un parti avec lequel nous aurions des désaccords politiques, le Front national est une formation dont nous ne partageons ni les valeurs ni la conception du monde, et qui se situe dans une tradition condamnable.
Dans ces conditions, il n'y a pour nous aucun doute, il faut faire barrage au Front national, il faut qu'à l'issue du second tour, aucun candidat du Front national n'ait pu obtenir une majorité des suffrages exprimés dans son canton.
Nous nous adressons à tous les responsables des partis démocratiques, comme aux électeurs : il faut comprendre qu'il ne s'agit en rien de confondre les orientations et les programmes des uns et des autres.
Comme nous l'avons dit, nous considérons que c'est, en bonne partie, la responsabilité du Parti socialiste, qui n'a en rien cherché à répondre aux attentes des catégories populaires touchés par la crise - qui sont souvent des électeurs de gauche - que d'avoir crée les conditions de ce succès des bateleurs extrémistes. Mais, dans les cantons où il ne restera qu'un candidat de l'opposition socialiste, par refus de laisser se détériorer la vie publique et de banaliser le Front national, non, nous n'aurons pas peur de voter pour les candidats du PS.

Le Comité permanent de La Gauche Moderne
23 mars 2011