L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


Suivez l'actualité de Jean-Marie Bockel sur Twitter

Prévention de la délinquance juvénile: Bockel fait 15 propositions (AFP)

Publié le 03 Novembre 2010

PARIS,  3 novembre 2010 (AFP) - Dans un rapport sur la prévention de la
délinquance juvénile remis mercredi à Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel met
l'accent sur la responsabilisation des parents et revient sur l'idée
controversée d'un repérage des troubles du comportement dès 2-3 ans.
A l'issue d'une mission de trois mois, le secrétaire d'Etat à la Justice
fait au total une quinzaine de propositions dans ce rapport qui devait être
remis au chef de l'Etat dans l'après-midi.
Il souligne que le nombre de mineurs mis en cause dans des faits de
délinquance a plus que doublé en une vingtaine d'années (+118% entre 1990 et
2009).
Le phénomène des bandes s'est "modifié et amplifié", avec notamment le
développement des bandes de filles qui semblent "mimer des conduites jusqu'à
présent masculines".
La mise en cause de jeunes filles dans les infractions de violences
volontaires a augmenté de 97,5% entre 2004 et 2009, selon des chiffres de
l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).
Les seules violences des adolescentes contre les policiers ont augmenté de
75,5% sur la même période.
Face à cette situation, le rapport préconise "une politique de prévention et
d'action spécifiquement ciblée sur les bandes de filles".
M. Bockel a notamment évoqué dans la presse l'exemple allemand, où les
jeunes filles mises en cause doivent suivre des "stages anti-violence" de
quelques heures, après l'école. Selon lui, "dans les deux tiers des cas, il
n'y a pas de récidive".
Plus d'un tiers de ses propositions portent sur "la responsabilité
parentale". "Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile,
plus d'un foyer sur deux est une famille monoparentale", constate le
rapport, préconisant pour les foyers recomposés de "confier un statut aux
beaux-parents" afin d'aider à restaurer l'autorité.
Il propose aussi de "généraliser le contrat de responsabilité parentale",
qui permet aux conseils généraux de suspendre les allocations familiales des
parents qui ne respectent pas leurs obligations, et de "faciliter le recours
aux poursuites pénales pour les parents défaillants".
Il estime toutefois que l'Etat, "face à une parentalité en berne, en échec
ou en difficulté", doit "généraliser les écoles de parents" et développer le
"coaching parental".
Pour les parents d'origine étrangère qui ne maîtrisent pas bien la langue
française, il préconise "une mise à niveau linguistique et républicaine".
M. Bockel revient sur l'idée d'un "repérage précoce" des troubles du
comportement chez l'enfant, qui avait suscité un tollé quand elle avait été
proposée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale
(Inserm) en 2005, puis reprise par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre
de l'Intérieur.
La "vulnérabilité pourrait être repérée chez les petits entre deux et trois
ans", estime-t-il, citant un projet d'avis du conseil économique et social
favorable à "un dépistage plus précoce des troubles mentaux des enfants et
adolescents", datant de février 2010.
D'autres propositions portent sur une accentuation de la lutte contre les
violences scolaires. Citant les phénomènes d'intimidation et le phénomène
nouveau de "cyber harcèlement" par internet, il souligne que des programmes
innovants ont été développés au Canada, aux Etats-Unis et dans certains pays
d'Europe du Nord pour aider les élèves à maîtriser leur violence, et déplore
le "retard" pris par la France dans ce domaine.