L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Prévenir la délinquance des jeunes : patate chaude ou priorité nationale ?

Publié le 18 Octobre 2010

Élus, magistrats, éducateurs, enseignants ont fait part hier à Paris de leurs expériences, de leurs espoirs et de leur désarroi, lors d'« assises » sur la prévention de la délinquance juvénile, censées trouver de « nouvelles réponses » à ce problème.

« On joue la patate chaude dans ce pays », a tonné le juge Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny (Seine-Saint-Denis), regrettant que les services censés s'occuper des enfants à risques et des familles désemparées aient parfois tendance à renvoyer le problème au voisin. « Il faut des accords entre les services de l' État, les collectivités locales... pas des "transferts de compétences" », a-t-il estimé lors de l'une des trois « tables rondes » de ce colloque, consacrée à l'autorité parentale.
« Nous ne sommes pas la poubelle de l'État », a fustigé Guy Gilbert, le « curé des loubards », racontant comment il récupérait des jeunes en bout de course, qui « ont foutu la merde » partout et dont on ne veut plus nulle part.

« Pour vous, la "citoyenneté républicaine" (thème d'une autre table ronde), ça veut dire quoi ? » , a demandé le modérateur au prêtre éducateur « Pas grand-chose, parce que nous avons loupé l'intégration, depuis longtemps », a répondu le curé, 75 ans, cheveux gris et blouson noir.
Ces « assises » d'une journée étaient organisées par le secrétaire d'État à la Justice Jean-Marie Bockel, investi par Nicolas Sarkozy d'une mission sur la prévention de la délinquance juvénile début août, en plein débat sur la politique sécuritaire. Il faut « marcher sur deux jambes », répression et prévention, a insisté Jean-Marie Bockel, « sans angélisme ni généralités ».
Dans un message lu au début de la rencontre, le président Sarkozy a jugé « inquiétante » l'évolution de la délinquance juvénile, qui, selon lui, intervient « de plus en plus tôt » et donne lieu à « des actes de plus en plus violents ».

Pas de « solution unique »
Les débats ont été entrecoupés d'interventions du ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel, de la secrétaire d'État à la Famille Nadine Morano ou de celle chargée de la Ville Fadela Amara, « pas d'accord » avec le père Guy Gilbert lorsqu'il dit que les politiques d'intégration ont échoué. Seulement, a-t-elle jugé, « l'ascenseur social ne fonctionne plus ». « Il n'y a pas une solution unique », a quant à lui souligné Jean-François Copé, comparant le travail à mener à un « dos bloqué ». « Il faut débloquer vertèbre par vertèbre ». Lassé que ses services soient mis en cause, le directeur de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), Philippe-Pierre Cabourdin, a craint qu'à trop dire que la prévention de la délinquance juvénile était « l'affaire de tous », elle ne soit plus « l'affaire de personne », évoquant la « patate chaude » du juge Rosenczveig, qui a précisé que « 17% des actes de délinquance sont le fait des mineurs », et donc « 83 % sont le fait des majeurs ».

Retouvez cet article paru le 15 octobre 2010 sur nordeclair.fr