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Sénateur du Haut-Rhin


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Le cinquième Forum international de la cybersécurité s’est ouvert hier à Lille

Publié le 29 Janvier 2013

Sécurité Le cinquième Forum international de la cybersécurité s’est ouvert hier à Lille

 

La cyberguerre est déclarée

Les attaques informatiques, c’est une réalité et pas de la science-fiction. Au-delà de la cyberdélinquance qui affecte les particuliers, c’est tout un pays et des entreprises qui peuvent être déstabilisés par cette nouvelle menace.

La cyberguerre totale est pour bientôt. Les cyberattaques se multiplient partout dans le monde. Nous n’en sommes pas encore à un conflit entre deux Etats essayant de se neutraliser ou se détruire aux moyens de ces nouvelles armes informatiques, mais cela pourrait vite arriver.

Les Russes ont tiré les premiers. En 2007, l’Estonie en a fait les frais. Le petit pays balte qui avait outrageusement déboulonné une statue soviétique d’une place publique de Tallin a été réprimé par un déluge de cyberattaques. Le système bancaire, les médias, les ministères et le numéro téléphonique des urgences du pays ont été considérablement perturbés par une offensive en ligne.

En 2010 et 2012, deux mystérieux virus informatiques se sont abattus sur le programme nucléaire iranien retardant son évolution. Derrière cette attaque, vraisemblablement les Israéliens. « La neutralisation de plus de 30.000 ordinateurs de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco correspond-elle à la riposte des Iraniens ? », s’interroge le sénateur Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d’état à la Défense, qui a remis un rapport parlementaire en juillet dernier sur « la cyberdéfense, une priorité nationale ».

Les Chinois espionnent les Finances

La France est-elle prête à affronter de telles menaces ? Depuis cinq ans, le pays travaille à se protéger. Deux outils ont été mis en place. Au sein de l’état-major des armées, une structure est spécialement chargée de mettre en place un système de cyberdéfense. L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a également été créée. Quelque 230 personnes, ingénieurs, techniciens, dont des anciens hackers… travaillent dans cette agence pour anticiper et faire de la prévention auprès des réseaux de la défense et des entreprises. L’ANSSI devrait doubler ses effectifs d’ici quatre ans pour atteindre le même niveau que son homologue britannique. Ceux du « Cyber Commandement » à Washington vont passer de 900 à 4.900 militaires et civils en trois ans.

« Il y a tous les jours des cyberattaques. Elles ne sont pas toutes destinées à désorganiser un régiment », s’amuse à dire Jean-Marie Bockel. « Elles touchent surtout les entreprises, le monde économique… » Personne n’est épargné. « On ne compte pas le nombre de très grandes entreprises victimes de pillage ou d’espionnage informatique », indique le directeur de l’ANSII Patrick Pailloux. Le groupe nucléaire français Areva a ainsi été pillé et espionné pendant une longue période sans s’en apercevoir en 2011. « Une attaque vraisemblablement chinoise contre le ministère de l’Économie et des Finances a été repérée fin 2010. Par ricochet, vu l’imbrication des réseaux, des entreprises ont aussi été victimes. Ce fut un pillage extrêmement important et grave », rappelle Jean-Marie Bockel.

Déstabiliser facilement un pays

Peu coûteuses et très simples d’utilisation, les cyberattaques peuvent pourtant déstabiliser un pays et ses habitants. Un virus informatique, bien placé, peut dérégler les systèmes de contrôles aériens ou ferroviaires. Pour dissuader d’éventuels ennemis, la France fait ainsi savoir qu’elle dispose d’une capacité offensive. « Et nous ne sommes pas mauvais dans le domaine. Mais, pas plus de précision. Sécurité défense… », conclut Jean-Marie Bockel.

Retrouvez cet article de Patrice BARRÈRE paru le 29 janvier 2013 sur le site www.vosgesmatin.fr