L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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La gauche alsacienne divisée sur l'avenir de Fessenheim

Publié le 18 Novembre 2011

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim a déjà été suggérée en 2007 par Ségolène Royal.

« À l'époque, Jean-Marie Bockel, encore sénateur maire PS de Mulhouse, avait défendu la centrale. Passé dans la majorité présidentielle, Bockel -un des six parlementaires en mission sur la sûreté nucléaire après Fukushima- juge sévèrement le discours de ses anciens camarades. «C'est une attitude obscurantiste et une folie du point de vue économique », s'indigne le sénateur de la Gauche moderne.»

«Mon cœur est à gauche, je suis un homme de gauche. Devrais-je compter sur la droite pour sauvegarder notre outil de travail?» Délégué syndical CFDT à la centrale nucléaire de Fessenheim, au sud de Colmar (Haut-Rhin), condamnée à l'«arrêt immédiat» si François Hollande l'emporte, Bernard Dodin veut croire encore que la position du PS et celle d'Hollande divergent.

«Ce serait une bêtise sans nom de fermer Fessenheim, qui a eu l'agrément de l'Autorité -indépendante- de sûreté nucléaire», lâche-t-il, en balayant tous les arguments avancés par les antinucléaires alsaciens. «On ne démantèle pas une centrale parce qu'on en a envie, mais parce qu'elle est obsolète», renchérit son collègue CGT Jean-Luc Cardoso. Pour lui, cela n'est pas le cas de la centrale alsacienne, même si elle fonctionne depuis trente ans. Plus de 200 millions d'euros ont été investis sur les deux réacteurs.
«La centrale est propre»

Pour les deux responsables syndicaux, «les socialistes ont eu tort de céder aux écologistes». «On sacrifie les salariés d'une industrie au profit de quelques places pour des hommes et des femmes politiques», dénonce le cégétiste. Bernard Dodin se souvient d'avoir accueilli Manuel Valls, lors de la campagne de la primaire. « Il avait l'air surpris. La centrale est propre, bien entretenue, on avait espoir de le ramener à la raison… Là, on risque surtout de perdre des voix dans une région qui vote à droite.»

La question s'était déjà posée en 2007. Ségolène Royal, après avoir parlé de l'arrêt de la centrale, n'avait pas insisté. À l'époque, Jean-Marie Bockel, encore sénateur maire PS de Mulhouse, avait défendu la centrale. Passé dans la majorité présidentielle, Bockel -un des six parlementaires en mission sur la sûreté nucléaire après Fukushima- juge sévèrement le discours de ses anciens camarades. «C'est une attitude obscurantiste et une folie du point de vue économique », s'indigne le sénateur de la Gauche moderne.

Jo Spiegel, vice-président délégué de l'agglomération mulhousienne, à l'origine d'un «plan climat », plaide pour «un vrai Grenelle qui intègre la question du nucléaire». Salariée de Fessenheim et militante PS, Carole Perrin sera présente au meeting de François Hollande, invité des jeunes socialistes, demain à Strasbourg. Pour lui demander de « réfléchir aux conséquences de son choix», y compris sur «la vie des gens».

Retrouvez cet article paru le 18 novembre sur le site lefigaro.fr