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Jean-Marie Bockel : « La France va devenir un maillon fort de la cyberdéfense au sein de l’Otan »

Publié le 10 Juin 2013

Sécurité : La force devra fournir une réaction rapide en cas d'attaque sur les réseaux de l'Alliance. Une "étape" franchie, mais qui soulève un certain nombre de questions, selon le sénateur Jean-Marie Bockel.

L'Organisation du Traité Atlantique-Nord (Otan) a fait part du lancement prochain d'une cyberforce pour contrer les éventuelles attaques sur les réseaux informatiques de ses 28 Etats membres. Selon l'AFP, reprise par 01Net, les ministres de la Défense des membres de l'Otan ont approuvé hier cette force d'intervention.

L'enjeu est fort, a expliqué Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'organisation militaire : en 2012, "plus de 2500 cas d'activité cyber anormale ou de tentatives d'intrusion" ont été dénombrées au sein des pays de l'Otan. "Une attaque contre un allié peut nous affecter tous si elle n'est pas combattue rapidement."

Solution "plutôt réussie"

Il veut le système de cyberdéfense "pleinement opérationnel d'ici à l'automne". Pour le sénateur Jean-Marie Bockel, auteur d'un rapport sur la cyberdéfense, c'est une "première étape". "On ne va pas s'en plaindre dans un contexte d'augmentation des menaces, mais il faudra en franchir d'autres et cette étape pose de nouvelles questions.", souligne-t-il à ZDNet.fr.

Quel positionnement de l'Otan lorsque l'un des Etats est attaqué ? "L'Otan est une organisation de solidarité stratégique entre les Etats et de sécurité. Mais si l'Etat en question est attaquée par la voie des réseaux informatiques, que fait-on ?"

Le sénateur concède pour autant que la résolution prise par l'Otan est "plutôt réussie", notamment dans son approche d'une cyberforce centrée sur l'efficacité. Cela devrait pouvoir se débarrasser des lourdeurs de réaction face aux menaces informatiques, mais en échange, cela pose la question de la compatibilité avec les efforts des Etats membres.

Jean-Marie Bockel dit attendre de voir "quelles incitations seront faites aux Etats pour qu'ils se mettent à niveau individuellement par rapport aux autres". La France, de ce point de vue, devrait reprendre la main.

En effet, ce lundi, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé par voie de communiqué un "renforcement des moyens et des compétences du ministère de la Défense" en matière de cybersécurité. Cyber-espionnage, atteintes aux systèmes d'information... Le récent Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale entend soutenir la protection des systèmes informatiques de la France.

Questions de souveraineté

Avec un risque de collusion entre cette stratégie nationale et les plans au niveau de l'Otan ? Pas nécessairement, juge Jean-Marie Bockel. Pour le sénateur, "que des Etats comme la France décident de se mettre au niveau des grands alliés, comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne, ne va pas affaiblir notre position au sein du commandement intégré de l'Otan, bien au contraire".

"Si l'on additionne la capacité offensive de la France, de bon niveau, aux efforts intensifiés en matière de cyberdéfense, cela donne à la France une place dans ce commandement intégré, et elle voit s'éloigner le risque de faire partie des maillons faibles."

Le sénateur ajoute que l'envoi d'un officier français permanent au centre du Centre d'excellence de cyber-défense coopérative de l'Otan (CCD COE), à Tallin (Estonie), va permettre de renforcer encore la position du pays dans ce domaine. Une disposition avancée par son rapport, précise-t-il. "La France va devenir un maillon fort de la cyberdéfense au sein de l'Otan," ajoute-t-il.

Cette nouvelle stratégie de la France et de l'Otan implique une perte de souveraineté. Là encore, ce n'est pas forcément une mauvaise chose, si l'on en croit Jean-Marie Bockel. "Toute la question est de savoir ce qui doit rester à tout prix au niveau de la souveraineté des Etats ou partagée entre certains Etat comme dans le cadre de l'Europe, et ce qui doit être délégué au niveau de l'Otan."

Les phases suivantes, appelées de ses voeux par le sénateur, ne devraient pas tarder. Pour Rasmussen, "nous allons avancer à petits pas" mais le principal frein repose de fait sur les différentes perceptions de la cyberdéfense comme outil de souveraineté nationale par les Etats. Pour l'heure, deux équipes de trois personnes vont être mises sur pied par l'Otan.


Retrouvez cet article publié par Antoine Duvauchelle le 05 Juin 2013 sur le site www.zdnet.fr