L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Jean-Marie Bockel , ancien secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie

Publié le 16 Octobre 2012

« Le président de la République a fait le bon choix de se rendre en RDC. C'est le pays francophone le plus important au monde devant la France, c'est la complexité de la réalité africaine, lui tourner le dos aurait été un mauvais début. Le fait qu'il y ait des difficultés, des problèmes, des aspects critiquables dans la politique de ce pays comme dans d'autres ne veut pas dire qu'on ne doit pas avoir une présence de la Francophonie ».

Le discours de Dakar au Sénégal de François Hollande ce vendredi 12 octobre et le XIVe sommet de la Francophonie qui va se tenir à Kinshasa en République démocratique du Congo du 12 au 14 octobre, constituent les faits marquants de l'actualité française et africaine. En prélude à ces deux événements, Frédéric Rivière reçoit Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie en duplex de Mulhouse.

Ecouter l'interview diffusée sur RFi

INVITE MATIN 12/10 Jean-Marie Bockel
(07:59)

 

Retrouvez cet article paru le 12 octobre 2012 sur le site www.rfi.fr

 

 

« Nous n’avons pas de leçons à donner »

JEAN-MARIE BOCKEL, ancien secrétaire d’Etat à la Coopération


Chargé de la Coopération sous Sarkozy, Jean-Marie Bockel avait été éjecté de son fauteuil au bout d’un an pour avoir critiqué les dérives de la Françafrique.

A Kinshasa, François Hollande va rencontrer nombre d’autocrates. La Françafrique est toujours vivace?
JEAN-MARIE BOCKEL. Bien sûr que la vie continue! Tourner le dos à la Françafrique ne signifie pas se fâcher avec les amis traditionnels de la France, qui dirigent des pays où nous avons des intérêts.


Mais, en 2007, Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, avait refusé de rencontrer Sassou Nguesso…
Rama Yade c’est Rama Yade et moi c’est moi! Moi, j’ai été viré du gouvernement pour m’être élevé contre la Françafrique, je sais de quoi je parle. Mais je ne considère pas pour autant qu’on doive faire une diplomatie du coup de gueule.

Alors que faut-il faire?
Expliquer aux dirigeants africains que chez nous la justice est indépendante, qu’elle suit simplement son cours en enquêtant sur des affaires comme celle des biens mal acquis (NDLR : où sont impliqués plusieurs chefs d’Etat africains). Il faut aussi leur dire d’encourager chez eux la démocratie, de miser sur la jeunesse. Mais nous n’avons pas à leur donner de leçons. Nous devons dire les choses… et aussi défendre nos intérêts, dans le respect de nos valeurs.

Bref, continuer comme avant?
Il ne faut pas avoir l’obsession de la rupture avec le passé. Il y a eu de bonnes et de mauvaises choses.

Certains ont conseillé à Hollande de s’inspirer d’Obama pour son grand discours à Dakar aujourd’hui…
Pourquoi pas, mais il peut aussi s’inspirer des discours de Sarkozy en Afrique, mis à part celui de Dakar. Car entre le discours d’Obama à Accra (Ghana) et la réalité de la présence américaine en Afrique, il y a un immense décalage…

Et vous, que lui conseillez-vous?
L’Afrique est devenue une opportunité. Ce que j’attends du président, c’est que la France ne rate pas le train. Ce continent est en pleine expansion, la pauvreté, l’illettrisme et la corruption reculent, la démocratie progresse, même s’il y a des cas dramatiques comme le Mali. Il faut renforcer notre partenariat économique, en jouant de nos atouts. Nous avons une histoire, une culture commune, tirons-en profit.

Rater le train, c’est un risque?
Oui, car, pendant que notre présence se réduisait, d’autres pays ont pris pied en Afrique, comme le Brésil qui y a ouvert 17 ambassades cette année, ou la Chine qui y investit beaucoup.

Retrouvez cet article paru le 12.10.2012 sur le site leparisien.fr