L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Interview Jean-Marie Bockel France24 le 18 nov.2010

Publié le 18 Novembre 2010

France 24 le 18 nov. 2010 :

Roselyne Febvre reçoit Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d'Etat à la justice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire l'intégralité de l'interview :

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre invité.

Jean-Marie Bockel, bonjour.


Jean-Marie BOCKEL.- Bonjour.


Roselyne FEBVRE.- (Début non enregistré) …de l'ouverture. Ce gouvernement s'est donc resserré sur l’UMP et, on va dire, les chiraquiens. L'ouverture était-elle un attrape-nigaud ?


Jean-Marie BOCKEL.- Je ne l'ai jamais pensé, et je ne le pense toujours pas, même si je reconnais que j'ai été un peu surpris dimanche soir, car je pensais que l'on garderait dans le nouveau gouvernement à la fois une présence centriste plus importante et une aile gauche que la gauche moderne pouvait très bien symboliser. Quand j'ai vu la composition du gouvernement, quelques minutes après avoir appris que je n'en serais pas, j'ai compris que l'on était dans une séquence différente.


Roselyne FEBVRE.- Comment l'avez-vous appris ?


Jean-Marie BOCKEL.- J'ai eu un coup de téléphone tout à fait cordial de…


Roselyne FEBVRE.- Claude Guéant.


Jean-Marie BOCKEL.- Non, de François Fillon. J’ai eu Guéant après. Il a également été tout à fait aimable avec moi.


Roselyne FEBVRE.- Il vous a expliqué pourquoi il ne vous gardait pas ?


Jean-Marie BOCKEL.- Oui, bon, voilà, ce n'était pas possible, etc. Je n'ai pas été mal considéré. En voyant la composition du gouvernement, j'ai compris évidemment qu'on était avec une configuration différente, sur une partie de l'UMP et sans du tout l'ouverture. Je vais continuer à la faire vivre, mais avec une plus grande liberté de ton, naturellement.


Roselyne FEBVRE.- Se débarrasser d'une partie des centristes, d'après vous, était-ce l’œuvre de François Fillon ou de Nicolas Sarkozy ?


Jean-Marie BOCKEL.- Ca, l'histoire le dira. C'est de toute façon le Président qui a le dernier mot. Je pense que le Premier ministre a mis sa patte dans la composition de ce gouvernement. Je pense d’ailleurs qu'une partie de la droite l'applaudit, dans tous les sens du terme, y compris, hier, je crois, au groupe, et en même temps cela n'enlève rien à la qualité de l'équipe qui est très professionnelle, celle d'avant d'ailleurs...


Roselyne FEBVRE.- Cela veut dire que celle d'avant ne l'était pas ?


Jean-Marie BOCKEL.- …ne l'était pas moins de mon point de vue, je ne vous dirais pas le contraire.


Roselyne FEBVRE.- Cette réflexion de Nicolas Sarkozy est-elle désobligeante ?


Jean-Marie BOCKEL.- Non, il est normal que le Président de la République défende l'équipe gouvernementale qu'il vient de nommer. C'est le contraire qui serait étonnant. Il n'allait pas dire : « Hier, j’avais une équipe professionnelle, celle d'aujourd'hui ne l'est pas. » Qu'il dise qu'elle l'est, c'est un peu la moindre des choses.


Roselyne FEBVRE.- Quand il dit « j’avais besoin de professionnels », cela voulait dire que les autres ne l'étaient pas, ou moins.


Jean-Marie BOCKEL.- En tout cas, je vous ferais la même réponse qu’Hervé Morin : nous avons le sentiment les uns et les autres, à notre place, d'avoir été sérieux, d'avoir été professionnels, d’avoir fait le job. On ne m'a pas dit « tu n'a pas fait le job » mais « on regrette de ne pas pouvoir te garder ». Dont acte.


Roselyne FEBVRE.- Avez-vous, pour dire un mot assez parlant, l'impression d'avoir été les « cocus » de l'affaire ?


Jean-Marie BOCKEL.- Je ne m'exprime pas comme ça. Je suis quelqu'un de bien élevé. Et puis, vous savez, franchement, on fait de la politique...


Roselyne FEBVRE.- Vous, on peut se débarrasser de vous, après trois ans, et vous êtes content.


Jean-Marie BOCKEL.- Un, on ne se débarrasse de moi, et deux, je n'ai pas dit que j'étais content mais je ne suis pas non plus dans l'amertume ou l'aigreur. Je suis reconnaissant au Président de la République de m'avoir permis, c’est vrai quand même, d'avoir fait pendant trois ans et demi un travail passionnant. Peut-être que j'ai parfois été un peu sous employé mais, là où j'ai été, fait le job et j'y ai pris du plaisir. J’ai eu également le bonheur de servir mon pays. Je ne vais pas m'en plaindre, quand même.
Pour le reste, dans la vie politique, vous savez, j’ai 30 ans de vie politique, j'ai déjà été au gouvernement par le passé, j'ai déjà quitté le gouvernement, j'y suis revenu, j'ai exercé des fonctions parlementaires. Je vais entrer au Sénat dans quelques semaines. Je vais continuer à présider la Gauche moderne.  Je vais continuer d'ailleurs à m'intéresser aux sujets qui m'ont passionné à la justice comme, par exemple, la prévention de la délinquance, donc, je n'ai pas de souci personnel. Je n'ai pas d'amertume, et j’ai…


Roselyne FEBVRE.- Pourtant, je vous ai entendu dire « Fillon a eu ma peau et ne s’en cache pas ».


Jean-Marie BOCKEL.- C'est une petite phrase dans « Le Figaro », qui a été prononcée au moment même où j’ai quitté le gouvernement. Bon voilà, cela fait partie de l'écume des choses.


Roselyne FEBVRE.- Vous l'avez dit ?


Jean-Marie BOCKEL.- Positivement parlant, je recouvre, comme Hervé Morin l’a dit tout à l’heure, en ce qui me concerne une plus grande liberté d’expression. Au fond, si j'ai un regret, pendant ces trois ans et demi, c'est d'avoir été trop discret, non pas comme Secrétaire d'Etat, là, j'ai fait de mon mieux et j'ai pu m'exprimer, mais comme président de la Gauche Moderne. Et je n’ai peut-être pas suffisamment marqué l'identité, la différenciation de cette aile gauche car je suis quelqu'un de solidaire et j'applique le principe « un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Je suis un homme de l'est un peu carré. Aujourd'hui, je pense que je vais pouvoir faire vivre davantage cette aile gauche.


Roselyne FEBVRE.- Qui vous tient à coeur.


Jean-Marie BOCKEL.- Au fond, vous savez, en politique, il y a aussi le rapport des forces, je ne dis pas le rapport de force. Il faut savoir s'imposer, imposer ses idées.


Roselyne FEBVRE.- Vous avez entendu sur quoi au gouvernement ? Qu’avez-vous apporté, vous, en tant qu'homme d'ouverture à Nicolas Sarkozy et au gouvernement ?


Jean-Marie BOCKEL.- Sur la période Coopération, j'ai fait preuve d'une certaine dignité. J'en ai payé le prix. A la Défense et aux Anciens combattants, je crois savoir que...


Roselyne FEBVRE.- Pardonnez-moi, je me permets sur l'affaire Bongo, avez-vous eu des preuves
qu'effectivement, le président Bongo avait exigé de Nicolas Sarkozy que vous soyez limogé ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Tout cela est un peu de notoriété publique, il n'y a même pas besoin de chercher des preuves. En même temps, j'ai eu l'occasion...


Roselyne FEBVRE.- Il a donc bien demandé votre tête ?


Jean-Marie BOCKEL.-  …d'en parler...


Roselyne FEBVRE.- Pas totalement...


Jean-Marie BOCKEL.-  J’ai eu l’occasion d’en parler avec les intéressés, moi-même, je me suis lié de sympathie - cela va vous étonner et je le dis très librement - avec Robert Bourgi puisque des amis communs nous ont fait nous rencontrer. Nous avons parlé de tout cela très librement. J'ai gardé beaucoup d'intérêt...


Roselyne FEBVRE.- Pourtant, vous parliez, ces réseaux de la France-Afrique…


Jean-Marie BOCKEL.- J'ai également rencontré Ali Bongo, un certain de chefs d'état, on a parlé de tout cela très librement.


Roselyne FEBVRE.- Il a demandé votre tête ou pas, oui ou non ?


Jean-Marie BOCKEL.- C'est probable.


Roselyne FEBVRE.- Et vous l’avez accepté ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Je n'ai pas à l'accepter ou pas.


Roselyne FEBVRE.- Vous auriez pu rendre votre tablier.


Jean-Marie BOCKEL.-  Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.


Roselyne FEBVRE.- Vous auriez pu rendre votre tablier en disant « soit je fais le job » car Nicolas Sarkozy  lors de la campagne présidentielle avait parlé...


Jean-Marie BOCKEL.- Mais quel tablier ?


Roselyne FEBVRE.- …avait dit que l’on devait en finir avec les réseaux de France-Afrique.


Jean-Marie BOCKEL.-  Quel tablier ?


Roselyne FEBVRE.- Le vôtre !


Jean-Marie BOCKEL.-  Mon poste, j'ai été limogée de la Coopération et de la
Francophonie. Ah vous voulez dire que j'aurais dû démissionner du gouvernement à ce moment-là ?


Roselyne FEBVRE.- Oui, c'est ce que je veux dire.


Jean-Marie BOCKEL.- Franchement, je trouvais que c'était dommage, au bout de 9 mois...


Roselyne FEBVRE.- …d'arrêter l'aventure.


Jean-Marie BOCKEL.- D'arrêter l'aventure.
Je ne puis pas quelqu'un qui ressasse. J'ai eu la possibilité de faire un travail intéressant et utile à la
Défense avec Herbé, puis à la Justice. Regardez ma mission sur la prévention de la délinquance. On en a parlé sur votre antenne. Tout cela est utile.


Roselyne FEBVRE.- N'y a-t-il pas eu des reniements, notamment sur les réseaux de la France-Afrique dont Nicolas Sarkozy avait expliqué avant la campagne...


Jean-Marie BOCKEL.- Ce n'est pas à moi qu'il faut poser cette question. Posez-la aux intéressés.
Me concernant, j’ai ma conscience pour moi.


Roselyne FEBVRE.- Est-ce que la France Afrique persiste ? Vous parliez de Robert Bougi.


Jean-Marie BOCKEL.- Il y a certainement des réseaux qui existent toujours. En même temps, ce qui est intéressant, c'est que les choses bougent. Ce qui est intéressant, c’est de voir que le devenir de la présence de la France en Afrique est en train de changer. Tout le monde s’en rend compte. Moi-même, j'y ai contribué. Les chefs d'état africains avec lesquels je suis resté en contact eux-mêmes voient bien que le monde a changé. Robert Bourgi est le premier, car c'est un homme intelligent, à comprendre que ce n’était plus comme hier.
Au fond, c'est une démarche intéressante qui est en train de se passer. J'en parle très librement. Je ne regrette pas d'avoir fait un certain travail à la Coopération. Je ne regrette pas d'avoir dit ce que j'ai dit. Cela m'a permis de faire bouger les lignes. C'est une chance au fond de pouvoir être au gouvernement, de pouvoir être fidèle à ses convictions, de pouvoir faire passer des messages.
J'ai peut-être eu un poste modeste dans mes différentes missions, mais chaque fois, j'ai fait passer des messages. Je me suis senti utile.
Aujourd'hui, je suis dans une autre démarche, je suis un homme libre. Je vais être au Sénat dans quelques jours.


Roselyne FEBVRE.- Qu’allez-vous faire de cette liberté justement ?


Jean-Marie BOCKEL.- Cette liberté, je vais l'inscrire à l'intérieur de la majorité, mais avec ma sensibilité propre, qui n'est pas celle d’Hervé Morin ni de Jean-Louis Borloo qui sont des centristes, qui est celle d'un homme de gauche, resté fidèles à ses convictions, mais qui pense naturellement que pour faire vivre cette aile gauche de la majorité, il faut avoir des passerelles avec des centristes.


Roselyne FEBVRE.- Est on libre quand on soutient une majorité ?


Jean-Marie BOCKEL.- Attendez, on peut être libre tout seul ! Ca, c’est formidable !


Roselyne FEBVRE.- Pour parler.


Jean-Marie BOCKEL.- On peut parler. « Je suis tout seul. Je suis nulle part, j'ai raison », et cela n'intéresse personne.
J'ai une certaine expérience politique qui m'amène à penser qu'on est plus utile, plus efficace, quand on travaille avec d'autres, quand on travaille dans un contexte donné. Je suis fier d'avoir été partie
prenante d'une politique de réforme. Je pense simplement que si, dans 18 mois, la majorité, le Président de la République veut pouvoir l'emporter, continuer le travail de réforme, il faut bien sûr qu'il ait son gouvernement. Je n'ai pas de remarques à faire sur ce gouvernement, il y a des gens de très grande qualité.


Roselyne FEBVRE.- RPR, et tout ça. Vous critiquez, comme Hervé Morin, cet état RPR ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Disons que je pense que l'on ne peut pas gagner en 2012 en étant simplement sur cette configuration. Il y a le gouvernement mais également la majorité. Qu'il y ait dans la majorité des gens…


Roselyne FEBVRE.- C'est un grand classique de se refermer sur son clan un an avant les élections.


Jean-Marie BOCKEL.-  C'est peut-être un grand classique mais pas un gage de succès. Le travail que nous allons faire au sein de la majorité avec Borloo, je l'espère avec Morin, et d'autres, avec la Gauche Moderne que je vais naturellement renforcer, qui va s’exprimer davantage, qui va marquer davantage sa différence, voire ses critiques lorsque ce sera nécessaire, c'est au fond de rééquilibrer cette majorité et de permettre au Président, à la majorité, de l'emporter. Il y a un premier tour. Je comprends très bien les objectifs de se resserrer sur son camp, sur ses fondamentaux. Mais il y a un deuxième tour aussi.


Roselyne FEBVRE.- Pour ce faire, il faut fédérer. Or, il y a des chapelles. D'un côté, il y a François Bayrou qui fait sa petite chanson.


Jean-Marie BOCKEL.- Bayrou est ailleurs.


Roselyne FEBVRE.- Il y a Le Nouveau Centre d’Hervé Morin.


Jean-Marie BOCKEL.- Le Nouveau Centre, on va voir.


Roselyne FEBVRE.- Il y a le Parti radical, les libéraux.
Jean-Marie BOCKEL.- Oui !


Roselyne FEBVRE.- Attendez, chacun chante sa petite chanson dans son coin.


Jean-Marie BOCKEL.-  De deux choses l'une, ou bien les centristes, au sens large, avec l’aile gauche de que je constitue, vont être d'éternels divisés, velléitaires, et là, le risque que vous évoquez s'avérera, ou au contraire, il y a eu lundi soir, à l'Assemblée, autour de Borloo un acte fondateur de constituer enfin une démarche centriste, confédérée, avec des gens qui, pour certains, sont à l'UMP et vont peut-être encore y rester, au moins jusqu'en 2012. D'autres sont au Parti radical et à l'UMP, pour d'autres sont au Nouveau Centre.


Roselyne FEBVRE.- C'est bien gentil, mais il faut créer quelque chose.


Jean-Marie BOCKEL.- Le quelque chose, ce n'est pas d'abord savoir qui va être candidat ou pas aux présidentielles au premier tour. C'est d'abord quelles sont les idées que l'on peut partager.


Roselyne FEBVRE.- Faut-il un candidat centriste en 2012 ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Peut-être, mais pour que cette candidature soit envisageable, crédible, la première question est de savoir si nous pouvons donner une orientation plus sociale à la majorité. Peut-on mieux incarner la réforme juste ?
Je ne dis pas que des réformes comme celle des retraites n'ont pas d'abord été des réformes sociales. Je le pense profondément. Il faut maintenant que les Français également en aient la conviction et le style incarné par Borloo, la liberté qui a été la sienne, l'acte fort qu'il a posé en n'étant plus au gouvernement, en créant lundi soir cette confédération, ce sont des messages qui peuvent parler aux gens. Il y a une image. Nous tous...


Roselyne FEBVRE.- Il faut donc en profiter !


Jean-Marie BOCKEL.-  Au fond, on va aider…


Roselyne FEBVRE.- Pourquoi vous n'iriez pas au Parti radical ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Au fond, on va aider la majorité et le Président, peut-être quelque part malgré eux, pour pouvoir élargir cette majorité.
Pourquoi irai-je au Parti radical alors que je suis le seul aujourd'hui à avoir constitué une formation politique qui s'appelle « La Gauche Moderne », qui existe, qui incarne l’aile gauche de la majorité. Vous savez, une partie de la droite pense que l'on n'a besoin d'ouverture, que l’ouverture ne sert à rien. Même le Président a dit qu’électoralement, cela n’apporte rien, peut-être dans des élections intermédiaires. En revanche, pour la mère des élections, qui est l'élection présidentielle, si on pense qu'une forme d'ouverture structurée politiquement, que j'incarne avec La Gauche Moderne, qu’un centre fort ne sert à rien, si on pense cela, on va perdre. Si on pense, au contraire, qu'il faut élargir faire, bouger les lignes, amener des gens de sensibilité de gauche me concernant qui ne voteront pour le candidat socialiste. Je n'ai pas la nostalgie du parti socialiste.


Roselyne FEBVRE.- Justement, écoutez cette petite phrase.


Jean-Marie BOCKEL.- Oui.
Ségolène Royal : Une bonne façon d’éviter à la France ce qu'elle subit aujourd'hui, c’est de faire une alliance entre les deux tours, entre la gauche, entre les centristes humanistes, comme je l’ai fait d'ailleurs dès le premier tour dans la Région Poitou-Charentes que je préside. J’étais d'ailleurs la seule à faire cette alliance au premier tour, car je crois qu'il faut avoir le courage et la vérité de se retrouver sur des valeurs communes, qui remettent la personne humaine au coeur de toutes les décisions politiques. J'espère que les centristes, en reprenant leur autonomie aujourd'hui, se souviendront et auront le courage entre les deux tours de l'élection présidentielle de rejoindre la gauche et les écologistes pour bâtir ensemble un nouvel avenir à notre pays. »


Roselyne FEBVRE.- Que répondez-vous à cela ? Vous iriez prendre la main de Ségolène Royal ? Jean-Marie BOCKEL.-  Franchement, ce n'est pas très crédible. Les socialistes, mes anciens amis, en trois ans, n'ont pas reconstruit une crédibilité. Ils ne sont pas dans la ligne des gauches européennes, sociales-démocrates, sociales libérales.


Roselyne FEBVRE.- Pas assez réformiste.


Jean-Marie BOCKEL.- Oui, regardez la réforme des retraites, cela va se retourner. Non seulement leur refus, l'attitude qui n'a même pas été de critique constructive, qui a été de dire « on va tout remettre comme avant », etc., va se retourner contre eux comme une boomerang. Malheureusement, mes anciens amis du parti socialiste, où il y a des gens de qualité n’ont pas construit une alternative crédible. Ils ne sont pas en capacité de tendre la main à quiconque. La place des centristes, de l’aile gauche de la majorité, que j'incarne, c'est à l'intérieur de la majorité. Nous allons en quelque sorte forcer cette majorité, et même ceux qui, à la droite de la majorité, n’ont pas encore compris à rééquilibrer la démarche pour pouvoir l'emporter, pour pouvoir reconquérir la confiance des Français. Et nous sommes pour cela aux côtés du Président Sarkozy. Hier soir, il a eu…


Roselyne FEBVRE.- Comment l’avez-vous trouvé ?


Jean-Marie BOCKEL.- Je l'ai trouvé bon, convaincant.


Roselyne FEBVRE.- Une vision ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Je n'ai pas forcément été d'accord avec tous ce qu'il a dit sur la majorité telle qu'il la voit aujourd'hui mais, sur le fond, je l'ai trouvé bon, convaincants, déterminé. Nous allons donc l’aider, bon grès mal gré, à l'emporter en 2012 en incarnant ce rééquilibrage, cette dimension sociale de la majorité, que nous sommes avec les centristes, avec Borloo, avec la Gauche Moderne.


Roselyne FEBVRE.- Cela veut dire que vous pouvez lui apporter les voix des centristes, par exemple, pour le deuxième tour ?


Jean-Marie BOCKEL.- Bien sûr. Au deuxième tour de 2007, il a déjà eu bien sûr des voix centristes mais aussi des voix de gauche. Il n'en avait pas forcément besoin. Là, il en aura besoin. Nous allons faire vivre cette majorité. Nous allons équilibrer cette majorité. Nous allons incarner la dimension sociale de cette majorité, même à l'extérieur du gouvernement.


Roselyne FEBVRE.- Qui va manquer d'après vous, avec Fillon ?


Jean-Marie BOCKEL.-  Fillon est un homme de grande qualité, et je ne dis pas qu'il n'a pas une tripe sociale, mais il a besoin, lui aussi, comme le Président, d'une majorité plus équilibrée, que l'on ne retrouve pas totalement, loin s'en faut dans le gouvernement. Nous avons donc, nous, sans aucune amertume avec beaucoup de détermination faire vivre cette dimension sociale de la majorité.


Roselyne FEBVRE.- Merci beaucoup Jean-Marie Bockel d’être passé sur le plateau de France 24. A plus tard.