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Interview J-M Bockel : « Roubaix innove en matière de prévention »

Publié le 29 Septembre 2010

Nord Eclair Le 29 sept. 2010 > Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État à la Justice, sera à Roubaix demain matin. Dans le cadre de sa mission sur la prévention de la délinquance des jeunes, l'ancien maire de Mulhouse se rendra à l'ENPJJ. Il s'entretiendra également avec des acteurs de terrain.

Vous venez à Roubaix demain matin. Dans quel cadre ?

>> Nicolas Sarkozy m'a confié une mission sur la prévention de la délinquance des jeunes. Depuis août, chaque semaine, je me déplace dans différentes villes - de droite ou de gauche - pour constater ce qu'il se passe sur le terrain. La traditionnelle visite de l'ENPJJ, école nationale de la protection judiciaire de la jeunesse, tombe donc à point nommé.

La ville de Roubaix est-elle un laboratoire quant à la prise en charge de la jeunesse ?
>> Déjà quand j'étais maire de Mulhouse, le terme laboratoire m'agaçait au plus haut point. Qui dit laboratoire, dit cobaye... En réalité, je connais Roubaix pour y être venu il y a six ans. J'ai également côtoyé le maire au Conseil national des villes. Je considère que Roubaix a mis en place des pratiques innovantes en matière de prévention de la délinquance. Je participerais d'ailleurs au comité local de sécurité et de prévention de la délinquance, CLSPD, où il sera question du quartier de l'Épeule.

Votre « tour de France » vous a-t-il permis de recueillir des idées intéressantes ?
>> Il y a déjà un travail effectué à ma demande par un de mes collaborateurs. Le rapport Ruetsch répertorie 60 bonnes pratiques qui s'articulent autour de trois axes essentiels : le soutien au parents, la réinsertion des jeunes exclus et la coopération entre les acteurs. Il faut remettre les parents au centre de la problématique et se pencher sur l'échec scolaire. Je vais privilégier les propositions qui peuvent être mises en oeuvre immédiatement.

Faut-il responsabiliser les parents ?
>> Je ne refuse pas le débat. Il convient d'articuler la nécessité de la contrainte et une politique de la main tendue. La société se doit d'aider les familles pour que les parents gardent leur dignité. Il faut leur laisser une chance. Qu'ils réexercent leur métier de parents avec pourquoi pas des stages parentaux comme alternatives aux poursuites ou un suivi à long terme. Il faut éviter le mépris social. Je préfère qu'on réfléchisse aux responsabilités des parents plutôt qu'on se dise qu'il n'y a plus rien à faire.

Faut-il en passer par le pénal ?
>> Dans les cas extrêmes, pourquoi pas ? Il y a des gens qui se comportent de façon inacceptable, qui se servent de leurs enfants. Mais le pénal n'est pas la panacée. La sanction doit être adaptée avec toujours, l'idée d'une main tendue envers les parents.

Le gouvernement envisage de baisser l'âge de la majorité pénale...
>> Je ne pense pas que je me positionnerais sur le sujet.
Les mineurs doivent être suivis le plus tôt possible et même après 18 ans car la problématique des jeunes majeurs est aussi posée.

L'ENPJJ est-elle adaptée aux problématiques de notre époque ?
>> Quelquefois, la PJJ se considère comme le parent pauvre de la justice mais je connais cette institution depuis longtemps et j'ai beaucoup de respect pour elle. C'est une école de qualité qui forme à un métier essentiel à l'un des axes de la politique de la prévention de la délinquance.

La prévention de la délinquance juvénile ne manque-t-elle pas de cohérence ?
>> Entre l'État, la PJJ, les départements ou les mairies, il y a beaucoup d'intervenants. Effectivement, il convient d'apporter un peu plus de cohérence et de coordination. Il faut absolument éviter les doublons d'autant que les moyens financiers sont limités.

Lire l'article paru le 29 sept. 2010 sur nordeclair.fr